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Poésie

Articles Tagués ‘élever’

Au coeur de la nuit (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013



Au coeur de la nuit je veux m’entretenir avec l’ange,
lui demander s’il reconnaît mes yeux.
S’il demandait soudain : vois-tu l’Éden ?
il me faudrait dire alors : l’Éden est en feu

Je veux élever ma bouche jusqu’à lui,
insensible comme celui qui ne désire rien.
Et si l’ange parlait ainsi : que pressens-tu de la vie ?
il me faudrait dire alors : la vie consume

S’il trouvait en moi cette joie
qui devient éternelle en son esprit, —
et qu’il la prît, l’élevât dans ses mains,
il me faudrait dire alors : la joie est folie

***

Nächtens will ich mit dem Engel reden,
ob er meine Augen anerkennt.
Wenn er plötzlich fragte: Schaust du Eden?
Und ich müßte sagen: Eden brennt

Meinen Mund will ich zu ihm erheben,
hart wie einer, welcher nicht begehrt.
Und der Engel spräche: Ahnst du Leben?
Und ich müßte sagen: Leben zehrt

Wenn er jene Freude in mir fände,
die in seinem Geiste ewig wird, —
und er hübe sie in seine Hände,
und ich müßte sagen: Freude irrt

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Georges de la Tour

 

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Éveille ta mémoire (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 29 avril 2013



 

Elena Kalis  8_4ak

Éveille ta mémoire,
fouille dans ses trésors ;
que dans tes eaux profondes
le haut soleil se brise !

Élève ta pensée ;
donne ta chair à la statue :
que la mélodie coule,
et se heurte aux rochers,
et qu’elle bondisse et s’ouvre en orients !

Plonge, dans ton front, la houe
jusqu’à l’épaule ; et quand tu fermeras
les yeux de douleur, vois
en criant, le fond du tout !

***

iDespiértate la memoria,
revuelve su joyerío;
haz en tu agua profunda
pedazos el alto sol!

iLevántate el pensamiento;
dale a la estatua tu carne;
que corra la melodía,
y tropiece en los peñascos,
y salte, y se abra en orientes!

iHunde en tu frente la azada,
hasta el hombro; y que al cerrar
tus ojos de dolor, veas,
gritando, el fondo del todo!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Elena Kalis

 

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Le Papillon (Emily Dickinson)

Publié par arbrealettres le 26 avril 2013


papillon

Le Papillon qui sous le Ciel
Ne connaît pas son Nom
N’a aucune taxe à payer
Et pas de Maison
Est aussi haut que toi et moi
Et, je crois même, plus haut -
Aussi, sur l’air élève-toi et ne soupire jamais,
Que cela seul soit ta façon de te plaindre -

***
The Buttrefly upon the Sky,
That doesn’t know its Name
And hasn’t any tax to pay
And hasn’t any Home
Is just as high as you and I,
And higher, I believe,
So oar away and never sigh
And that’s the way to grieve -

(Emily Dickinson)

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Ô ma parole (Charles Van Lerberghe)

Publié par arbrealettres le 23 avril 2013



 Alexander Nedzvetskaya   8d7da0

Ô ma parole,
Qui troubles à peine un peu,
De tes ailes,
L’air de silence bleu !

Ô parole humaine,
Parole où, pensive, j’entends
Enfin mon âme même,
Et son murmure vivant !

Ô parole née
D’un souffle et d’un rêve,
Et qui t’élèves
De mes lèvres étonnées !

Moi, je t’écoute, un autre te voit,
D’autres te comprennent à peine;
Mais tu embaumes mon haleine,
Tu es une rose dans ma voix.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya

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Il n’est pas de geste plus pur que de jeter quelque chose au vide (Roberto Juarroz)

Publié par arbrealettres le 1 avril 2013



Il ne reste plus rien où aller.
Sommes-nous jamais allés quelque part?

Il ne reste qu’à sortir chacun de soi.
Ou à entrer comme si on sortait.

Ou à élever une parole neuve,
à se hisser sur elle
en attendant que le courant l’emporte.

Et si le courant lui aussi
nulle part n’emporte,
à jeter la parole au vide,
comme un emblème
de tout ce qui n’existe pas.

Il n’est pas de geste plus pur
que de jeter quelque chose au vide.

Au surplus, divers degrés d’inexistence
en se rencontrant peuvent éclairer peut-être
un peu d’existence où aller.

(Roberto Juarroz)


Illustration

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Le creux (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 16 mars 2013


Le creux au fond
des créatures humaines
se ressent certains jours bas
au silence des maisons
il semble que rien ne vaille
des animaux élèvent pourtant
leurs cris stridents
se poursuit ce ruissellement
de l’histoire
par routes et places à tout venant.

(Jean Follain)

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Tu as trahi ta faim (Charles Juliet)

Publié par arbrealettres le 9 octobre 2012



ceux qui sont sourds
élèvent autour d’eux
des remparts
dans le seul but
d’échapper
à cette voix
qui sans fin
leur murmure

tu as trahi
ta faim

(Charles Juliet)


Illustration: Edvard Munch

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Le nuage (René Char)

Publié par arbrealettres le 8 octobre 2012


nuage

O ma petite fumée
s’élevant sur toute vrai feu,
nous sommes
les contemporains
et le nuage
de ceux
qui nous aiment!

(René Char)

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Il ne reste plus rien où aller (Roberto Juarroz)

Publié par arbrealettres le 5 octobre 2012



Il ne reste plus rien où aller.
Sommes-nous jamais allés quelque part?

Il ne reste qu’à sortir chacun de soi.
Ou à entrer comme si on sortait.

Ou à élever une parole neuve,
à se hisser sur elle
en attendant que le courant l’emporte.

Et si le courant lui aussi
nulle part n’emporte,
à jeter la parole au vide,
comme un emblème
de tout ce qui n’existe pas.

Il n’est pas de geste plus pur
que de jeter quelque chose au vide.

Au surplus, divers degrés d’inexistence
en se rencontrant peuvent éclairer peut-être
un peu d’existence où aller.

(Roberto Juarroz)

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Tu as élevé le sommet (René Char)

Publié par arbrealettres le 26 juillet 2012



Tu as élevé le sommet
Que devra franchir mon attente
Quand demain disparaîtra

(René Char)

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