Métaphore, image, son,
l’âme et la chair se concertent,
au loin on entend le Verbe
et l’écho redit son nom.
Cimetière des saisons
le printemps fait de beaux morts,
en l’honneur de ces garçons
battons les cymbales d’or.
(Georges Libbrecht)
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013
Franchissons la Grande Horizontale et brisons la carapace.
Ô grâce, guide le voyage démesuré dans le labial des roses.
Eclair de ne pas être, incendie le phosphore des fosses nasales et
fonds peines et joies en de fins alliages.
Grand salut, mes aïeux, pour ces dahlias blancs, vos zones de silence
et le sommeil léger de votre éternité.
Grand salut, Terre-matrice avec tes seins, les clochers, jusqu’au
langage élargissant toutes les âmes en un Seul Dieu.
Epoque délirante, entends les accords volcaniques
(Georges Libbrecht)
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Publié par arbrealettres le 16 mai 2013
Entre la chose d’écrire
Et le Verbe, entends le rire
d’un invisible témoin
qui te retient par la main.
(Georges Libbrecht)
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Publié par arbrealettres le 13 mai 2013
Au mot présent il faut préférer le mot plus sûr de passant,
Le présent est le passant du temps.
[...]
Et il est possible que dans le passant du temps le passé soit l’énergie
(le noyau, le trou noir qui gît au sein de l’affluence, qui déclenche le flux).
Comme le mot courant dit quelque chose de plus profond que toute l’eau du fleuve.
Nous ne connaissons jamais ce qui commence à son début.
[...]
Nous avons connu la vie avant que le soleil éblouisse nos yeux
et nous y avons entendu quelque chose qui ne se pouvait voir ni lire.
Han Yu naquit en l’an 768,
Un jour il déploya les cinq doigts de sa main.
Il dit énigmatiquement qu’il avait encore entre chacun de ses doigts l’ombre de la première aube.
Retrouver l’aube partout, partout, partout, c’est une façon de vivre.
Reconstituer la naissance dans tout automne;
héler la perdue dans l’introuvable;
faire resurgir l’autre incessant et imprévisible
dans l’irruption de la première fois
car il n’en est pas d’autres.
Naître.
(Pascal Quignard)
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Publié par arbrealettres le 13 mai 2013
Entendre une mélodie, c’est, à chaque instant, à la fois entendre,
avoir entendu, et être prêt à entendre.
Et ainsi le passé et le futur nous sont donnés avec le présent,
et á l’intérieur même du présent.
Et nous faisons l’expérience du passé et du futur
avec celle du présent, à l’intérieur même du présent.
Lorsque nous écoutons la musique, nous ne sommes pas dans une séquence sonore,
puis dans la suivante, et ainsi de suite
Nous sommes toujours entre les séquences sonores, en chemin de l’une vers l’autre.
(Victor Zuckerkandl)
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Publié par arbrealettres le 11 mai 2013
Qui,
si je criais,
m’entendrait donc,
parmi les cohortes des anges…
(Rilke)
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Tu ouvres une porte
sachant qu’il n’y aura pas de mystères
seulement entendre craquer l’ombre
et voir s’allumer entre les doigts
une lampe ou un rouge-gorge.
(Christian Viguié)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013
Un oiseau lissait son plumage
on entendait sur le feu cuire
des viandes qui se brunissaient
et les légumes rouges et verts.
Dans une douceur usuelle
la haine montait sous le soleil
et parfois une femme criait
qui par mégarde se brûlait
aux charbons du foyer.
Familles dans la lumière
se lit votre humaine misère.
(Jean Follain)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013

En entendant grincer au fond de la mémoire
les portes des salles froides
lorsque bruissaient les peupliers des rives
on sent s’émerveiller son sang.
(Jean Follain)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013
Secousse
La terre a soulevé mon coeur
d’un mouvement sec et violent
elle l’a déchiré
éparpillant mille morceaux
comme larmes d’oiseaux errants
aux quatre vents de mon île
et depuis
chaque nuit
j’entends les battements
hésiter à mi-chemin
entre décombres
et étoiles
(Évelyne Trouillot)
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