Articles Tagués ‘épaule’
Publié par arbrealettres le 11 mai 2013
Ô de quelle façon, avec quel gémissement
nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
Et la nuit se terrait dans les chambres,
comme un animal blessé que nous aurions transpercé de douleur.
Étais-tu élue entre toutes pour moi,
n’était-ce pas assez d’être la soeur ?
Ton être était pour moi comme une vallée délicieuse,
et maintenant, à la proue du ciel il
s’incline en une apparition inépuisable
et il étend son empire. Où aller ?
Hélas dans l’attitude de la déploration
tu te penches vers moi, toi qui ne consoles pas.
Lorsque ton visage me fait ainsi me consumer,
comme une larme celui qui pleure,
que je multiplie mon front, ma bouche
autour des traits que je connais pour tiens,
il me semble, par-dessus ces ressemblances
qui nous séparent parce qu’elles sont doubles,
déployer une pure identité.
***
O wie haben wir, mit welchem Wimmern,
Augenlid und Schulter uns geherzt.
Und die Nacht verkroch sich in den Zimmern
wie ein wundes Tier, von uns durchschmerzt.
Wardst du mir aus alien auserlesen,
war es an der Schwester nicht genug?
Lieblich wie ein Tal war mir dein Wesen,
und nun beugt es auch vom Himmelsbug
sich in unerschöpflicher Erscheinung
und bemächtigt sich. Wo soll ich hin?
Ach mit der Gebärde der Beweinung
neigst du dich zu mir, Untrösterin.
Wenn ich so an deinem Antlitz zehre
wie die Träne an dem Weinenden,
meine Stirne, meinen Mund vermehre
um die Züge, die ich an dir kenn,
mein ich über jene Ähnlichkeiten
die uns trennen, weil sie doppelt sind
eine reine Gleichung auszubreiten.
(Rainer Maria Rilke)
Illustration retirée sur demande de l’artiste
Publié dans poésie | Tagué: nuit, séparer, visage, bouche, ciel, douleur, pleurer, front, caresser, ressemblance, paupière, chambre, connaître, larme, déployer, gémissement, pure, vallée, apparition, multiplier, soeur, double, identité, épaule, consoler, empire, blessé, proue, inépuisable, s'incliner, élue, transpercé, se consumer, délicieuse, attitude, (Rainer Maria Rilke), se terrer, déploration | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Entre le masque de brume
et celui de verdure,
voici le moment sublime où la nature
se montre davantage que de coutume.
Ah, la belle! Regardez son épaule
et cette claire franchise qui ose…
Bientôt de nouveau elle jouera un rôle
dans la pièce touffue que l’été compose.
(Rilke)
Illustration: Jean-Baptiste Valadié
Publié dans poésie | Tagué: (Rilke), épaule, été, belle, brume, claire, jouer, masque, oser, pièce, sublime, verdure | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 4 mai 2013
Mensonge
Ils m’ont menti, ceux qui m’ont dit un jour je serais plus tranquille.
Ils m’ont trompée.
Rien ne meurt avec l’âge.
Ni l’envie d’amour, ni celle des baisers.
Et mon coeur fou me fait parfois oublier ce corps encombrant alourdi par les ans.
Si facilement séduit pourtant, si passe de trop près, un homme aux yeux trop doux.
Et je tressaille du même désir, cent fois retrouvé, quand un danseur me chavire, ses doigts agrafés à mon cou.
Quelle chaleur soudain m’envahit à un éclat de rire?
Me donne envie de mordre à pleines dents ces lèvres heureuses?
Ils m’ont menti.
Je ne fais deuil de rien.
J’ai dans mes jambes des envies de courses à perdre haleine
dans les broussailles inondées de soleil, vert et ciel mélangés, cheveux défaits, épaules nues au vent.
Des envies de culbutes aux membres emmêlés.
De baisers dont la saveur serait celle de la pulpe des mangues, et m’empliraient la bouche de leur sirop de miel.
D’une langue qui aurait la fraîcheur de l’eau d’une fontaine.
J’ai des envies de sexes durs comme du verre.
Des envies de peau chaude et d’aisselles dont je lècherais le sel, et plus bas encore dans l’odeur de fougère.
Je rêve à la brûlure si douce du sable à la plante des pieds.
Du cri arraché au plaisir comme celui de l’oiseau soudain désencagé.
J’ai dans mes mains des envies de caresses, dans mes oreilles le doux gémir qui suit une nuque frôlée.
Et vous passez sans me voir, laissant flotter autour de moi votre parfum de bête libre.
Sans savoir que mes yeux vous ont déjà appuyé contre ce mur, et mes bras cadenassé votre corps.
Que je vous ai de la tête aux pieds, comme une menthe, sucé.
N’avez-vous pas senti mes doigts dans vos cheveux?
Et du plus loin que je me garde, très loin de vous, lorsque je vous regarde, ne sentez-vous pas cette jouissance qui roule en moi?
Vous ne savez donc pas qu’ils m’ont menti,
ceux qui m’ont dit un jour, je serais plus tranquille?
(Michèle Voltaire Marcelin)
Illustration: Bill Viola
Publié dans poésie | Tagué: (Michèle Voltaire Marcelin), aisselle, épaule, brûlure, caresse, chaude, cheveux, culbute, désir, deuil, doux, emmêlé, envie, flotter, fontaine, fougère, fraîcheur, frôlée, gémir, heureuse, jouissance, lécher, manque, mensonge, mourir, nue, nuque, odeur, oiseau, parfum, peau, pulpe, rouler, sable, séduit, sexe, tranquille, tromper, vent | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 29 avril 2013

Éveille ta mémoire,
fouille dans ses trésors ;
que dans tes eaux profondes
le haut soleil se brise !
Élève ta pensée ;
donne ta chair à la statue :
que la mélodie coule,
et se heurte aux rochers,
et qu’elle bondisse et s’ouvre en orients !
Plonge, dans ton front, la houe
jusqu’à l’épaule ; et quand tu fermeras
les yeux de douleur, vois
en criant, le fond du tout !
***
iDespiértate la memoria,
revuelve su joyerío;
haz en tu agua profunda
pedazos el alto sol!
iLevántate el pensamiento;
dale a la estatua tu carne;
que corra la melodía,
y tropiece en los peñascos,
y salte, y se abra en orientes!
iHunde en tu frente la azada,
hasta el hombro; y que al cerrar
tus ojos de dolor, veas,
gritando, el fondo del todo!
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Elena Kalis
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Juan Ramon Jimenez), élever, épaule, éveiller, brandir, chair, crier, douleur, fermer, fond, fouiller, front, houe, mélodie, mémoire, pensée, rocher, se briser, soleil, statue, trésor, yeux | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 24 avril 2013

Si tu veux les voir, m’a dit une Fée,
Glisse un soir, comme moi,
Sous les saules,
Et regarde, entre tes doigts,
Par-dessus ton épaule.
Elles appuient sur les eaux bleues
Leurs frêles corolles,
Et leurs larges feuilles,
Et elles jouent, entre les joncs,
A des jeux d’ombre et de rayons.
Retiens ton souffle, approche en silence,
Regarde : mais sache,
Sous chaque fleur blanche,
Voir une fille qui se cache.
(Charles Van Lerberghe)
Illustration: Vladimir Ryabchikov
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Van Lerberghe), approcher, épaule, corolle, fée, fille, fleur, frêle, jonc, jouer, ombre, rayon, regarder, se cacher, silence, soir, souffle | 1 commentaire »
Publié par arbrealettres le 23 avril 2013

Oh ! de grâce, fleur que je cueille,
Ce soir, que le long de mes mains
Mon âme en toi ne passe,
Que tout ce que je touche, hélas !
Ne veuille devenir humain,
Déjà je sens, obscurément, tes feuilles
Qui s’allongent, et ta corolle,
Lourde de songe, qui se pose
Comme un beau front sur mon épaule ;
Déjà je sens ton corps frémissant,
Qui m’aspire et devient vivant…
Ah ! reste hésitante ainsi, incertaine,
Nymphe à mon âme, fleur à mes yeux
Aux confins de la vie humaine.
(Charles Van Lerberghe)
Illustration: Bryce Cameron Liston
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Van Lerberghe), aspirer, âme, épaule, confins, corolle, corps, cueillir, fleur, frémissant, front, grâce, humain, main, nymphe, obscurément, sentir, songe, toucher | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 avril 2013

Nous sommes des nains assis sur des épaules de géants.
Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux,
ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur,
c’est parce que nous sommes élevés par eux.
(Bernard de Chartres)
Illustration
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Bernard de Chartres), assis, élève, épaule, chose, géant, grandeur, lointaine, nain, perspicacité, vue | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 10 avril 2013

La mer au seuil de la chambre
abandonne algues et conques.
Il n’est barque qui n’accoste
aux marches d’une alcôve,
ni bateau qui ne livre ses gréement
au havre d’une épaule.
La mer dans la chambre,
son soleil dans une main,
mouille aux sables de quatre murs
À l’heure où se meurt l’écume
commence l’odyssée d’un lit,
toutes voiles déployées
sur nos marées intérieures.
(Kettly Mars)
Illustration: Jean-Paul Avisse
Publié dans poésie | Tagué: (Kettly Mars), abandonner, accoster, alcôve, algue, épaule, barque, bateau, chambre, conque, havre, intérieure, main, marée, mer, mouiller, mur, odysséenlit, sable, seuil, voile | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 7 avril 2013

SIGNES
Quand un client parfois dans un restaurant sombre
décortique une amande
une main vient se poser sur son étroite épaule
il hésite à finir son verre
la forêt au loin repose sous les neiges
la servante robuste a pâli
il lui faut bien laisser tomber la nuit d’hiver
n’a-t-elle pas souvent vu
à la page dernière
d’un livre à modeste savoir
le mot fin imprimé
en capitales dorées ?
(Jean Follain)
Publié dans poésie | Tagué: (Jean Follain), amande, épaule, capitale, client, dorée, fin, forêt, hiver, livre, modeste, neige, restaurant, robuste, savoir, servante, signe | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 5 avril 2013

La vraie tendresse, on ne peut la confondre
Avec rien d’autre. Et elle est calme.
Tu prends soin d’entourer de fourrures
Mes épaules, ma poitrine. Tu as tort.
Tu as tort de prononcer des mots dociles,
De parler d’un premier amour.
Je connais bien ces regards,
Insistants, jamais repus, tes regards.
(Anna Akhmatova)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Anna Akhmatova), amour, épaule, calme, confondre, docile, entourer, fourrure, insistant, poitrine, regard, repus, tendresse, tort | Poster un commentaire »