Articles Tagués ‘espoir’
Publié par arbrealettres le 23 mai 2013
Litanies de mon triste cœur
Mon coeur repu de tout est un vieux corbillard
Que traînent au néant des chevaux de brouillard.
Prométhée et vautour, châtiment et blasphème,
Mon coeur est un cancer qui se ronge lui-même.
Mon coeur est un bourdon qui tinte chaque jour
Le glas d’un dernier rêve en allé sans retour.
Mon coeur est un gourmet blasé par l’espérance
Qui trouve tout hélas! plus fade qu’un lait rance.
Mon coeur est un noyé vidé d’âme et d’espoirs
Qu’étreint la pieuvre Spleen en ses mille suçoirs.
Mon coeur est une horloge oubliée à demeure
Qui bien que je sois mort s’obstine à sonner l’heure.
Mon cœur est un ivrogne altéré bien que saoûl
De ce vin noir qu’on nomme universel dégoût.
Mon coeur est un terreau tiède, gras, et fétide
Où poussent des fleurs d’or malsaines et splendides!
Mon coeur est un cercueil où j’ai couché mes morts…
Taisez-vous, airs jadis chantés, lointains accords!
Mon cœur est un tyran morne et puissant d’Asie,
Qui de rêves sanglants en vain se rassasie.
Mon coeur est un infâme et louche lupanar
Que hantent nuit et jour d’obscènes cauchemars.
C’est un feu d’artifice enfin qu’avant la fête
Ont à jamais trempé l’averse et la tempête.
Mon coeur…. Ah! pourquoi donc ai-je un coeur? Ah!
Ma vie et l’Univers ? la Nature et la Loi ? pourquoi
(Jules Laforgue)
Illustration retirée sur demande de l’artiste
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Jules Laforgue), blasphème, bourdon, brouillard, coeur, corbillard, dégoût, espoir, infâme, lupanar, mort, nature, pieuvre, pourquoi, rance, repus, saoûl, Spleen, tempête, tyran, vautour | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 22 mai 2013

L’Olive
Si notre vie est moins qu’une journée
En l’éternel, si l’an qui fait le tour
Chasse nos jours sans espoir de retour,
Si périssable est toute chose née,
Que songes-tu, mon âme emprisonnée ?
Pourquoi te plaît l’obscur de notre jour,
Si pour voler en un plus clair séjour,
Tu as au dos l’aile bien empanée ?
Là, est le bien que tout esprit désire,
Là, le repos où tout le monde aspire,
Là, est l’amour, là, le plaisir encore.
Là, ô mon âme au plus haut ciel guidée !
Tu y pourras reconnaître l’Idée
De la beauté, qu’en ce monde j’adore.
(Joachim du Bellay)
Publié dans poésie | Tagué: (Joachim du Bellay), adorer, aile, amour, âme, éternel, beauté, chasser, désirer, emprisonnée, espoir, esprit, idée, jour, journée, obscur, olive, périssable, plaisir, reconnaître, retour, songer, vie, voler | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Le sein d’Amaranthe
Mon esprit qui toujours d’un vain espoir s’apaise,
Compare votre sein, dont je suis envieux,
A des jeunes boutons, puis il dit à mes yeux :
Si vous les pouviez voir, ne mourriez-vous point d’aise ?
Ainsi dans mon esprit s’allume une fournaise,
Et son feu se nourrit d’un objet gracieux,
Qui me fait concevoir en tout et en tous lieux,
L’enflure de ce marbre où fleurit une fraise.
Enfin si votre amour demeure le vainqueur,
Et si jusqu’à la mort vous poursuivez mon coeur,
Mon Amaranthe, au moins donnez-lui sépulture.
Que si vous voulez suivre en cela mon dessein,
Son tombeau n’aura pas une autre couverture
Que du marbre qu’on voit qui blanchit votre sein.
(Pierre de Marbeuf)
Illustration: Luis De Leõn
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Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
J’aimerais terminer par une note d’espoir.
Je n’en ai pas.
Est-ce que deux notes de désespoir vous iraient?
(Woody Allen)
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Publié par arbrealettres le 7 mai 2013
Résonance
Tu prends forme
Dans l’arborescence de ma vie
Tout mon être se dilue
Dans le parfum du soir
Et mes jours de brume tissés
S’allongent sur le parvis
De l’éternité en marche
Les heures qui passent
Entraînent les saisons
Dans la cadence de l’émoi
Et au clair de l’espoir
Je me dirige à pas perdus
Dans les frondaisons des souvenir
J’insère une note de paix
Dans la partition du présent
Pour la salvation des esprits en sursis
(Maggy De Coster)
Illustration: Alexander Daniloff
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Publié par arbrealettres le 7 mai 2013

Ton coeur est le plus beau que mon coeur ait pu voir:
la nuit m’envahissait de son terrible espoir
quand ton coeur m’a montré sa pourpre inégalable.
La beauté répondait à toutes mes questions
quand la nuit était la seule à me servir de guide.
La pensée me montrait son misérable coeur:
La pensée réfléchit pendant que le coeur meurt.
Je cherchais la beauté dont je ne savais rien
quand je ne pouvais pas m’empêcher d’être jeune,
et je croyais que rien n’égalait la beauté
lorsque j’ai entendu la réponse des anges.
La beauté maintenant ne me quitte jamais,
et la nuit vers mon coeur marche inutilement:
ton amour a changé le nombre des étoiles.
(Lydie Dattas)
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Publié par arbrealettres le 7 mai 2013

Le malheur m’a appris la chose la plus belle,
ce que le coeur apprend auprès des roses rouges:
qui attend quelque chose ne peut rien recevoir,
puique la beauté vient quand on ne l’attend pas.
Le ciel exige tout de ceux qui sont parfaits,
les anges sont plus beaux que tout ce qu’on peut voir,
la beauté de la nuit est notre seul espoir,
la pourpre de l’aurore n’est pas celle du soir
et la beauté n’est pas ce qu’il y a de plus beau.
Le malheur m’a aimée si intelligemment:
la beauté permettait aux roses de s’ouvrir,
la violette avouait son faible pour le ciel,
comme si le malheur n’avait pas existé.
(Lydie Dattas)
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Publié par arbrealettres le 5 mai 2013
Rien de plus
Rien de plus
Rien de moins
Rien du tout
Trois fois rien
J’existe encore
Et pour longtemps
Longtemps à attendre
À rêver
À rêver du rêve
Rêve sans trêve
Rêve d’espérance
Histoire de vivre
Vivre sans trêve
Chaque jour
Renaît l’espoir
Puis il disparaît
Et vient l’après
L’après-qui-dure
L’après-qui-s’installe
Dans le jeu de l’après
Règne la permanence
La permanence du doute
Et du doute naît la raison
De la raison naît le choix
Choix du possible
Ou de l’impossible
Et se dédouble le je
Pour ne pas se prendre au jeu
Le jeu du hasard
Le hasard qui nous surpasse
Et qui se confond avec le sort
Le sort, incarnat du bon et/ou du mauvais
(Maggy De Coster)
Illustration: Branko Bahunek
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Publié par arbrealettres le 5 mai 2013
Artibonite
Qu’attends-tu pour chanter des psaumes d’abeilles,
Qu’attends-tu pour étoiler tes yeux d’accents nouveaux
La récolte est sevrée de rires si tes mains
ne s’y prêtent point,
La rizière pleure sans ton coeur d’argile
qui bat au ralenti,
gémit, se ronge, jusqu’au sang
parce que tes pas ont déserté ses allées
tes eaux ne jouent plus entre ses vallonnements
Qu’attends-tu pour reprendre l’alléluia
des maïs d’or
Regarde le soleil écrire l’espoir
du joyeux labeur
mouillé de sueur, nourri du lait
de la terre
Chante les cloches
danse ta ronde
jusqu’à ce que ton coeur tourne,
ta tête tourne
et que tu tombes saoulé de cris
de plaisir et d’amour.
(Jacqueline Beaugé-Rosier)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 5 mai 2013

Le sommeil dans mon verre me guette
je suis entre ses doigts une proie bien facile
ô mes songes azurés qui refoulent ma colère
quand au-delà des nuits le soleil vit encore
Allez ailleurs songes futiles éther à ma misère
laissez à mon coeur le temps des regrets
pour qu’il se souvienne du temps de l’espoir
(Janine Tavernier)
Illustration: Francine Van Hove
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