La découverte d’un nouveau plat
a plus d’influence sur le bonheur
que la découverte d’une nouvelle étoile.
(Brillat-Savarin)
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013
La découverte d’un nouveau plat
a plus d’influence sur le bonheur
que la découverte d’une nouvelle étoile.
(Brillat-Savarin)
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
L’impossible
Je puis mourir ce soir! Averses, vents, soleil
Distribueront partout mon cœur, mes nerfs, mes moelles.
Tout sera dit pour moi! Ni rêve, ni réveil.
Je n’aurai pas été ici-bas, dans les étoiles!
En tous sens, je le sais, sur ces mondes lointains,
Pèlerins comme nous des pâles solitudes,
Dans la douceur des nuits tendant vers nous les mains,
Des Humanités soeurs rêvent par multitudes!
Oui! des frères partout! (Je le sais, je le sais!)
Ils sont seuls comme nous. — Palpitants de tristesse,
La nuit, ils nous font signe! Ah! n’irons-nous jamais?
On se consolerait dans la grande détresse!
Les astres, c’est certain, un jour s’aborderont!
Peut-être alors luira l’Aurore universelle
Que nous chantent ces gueux qui vont, l’Idée au front!
Ce sera contre Dieu la clameur fraternelle!
Hélas! avant ces temps, averses, vents, soleil
Auront au loin perdu mon coeur, mes nerfs, mes moelles,
Tout se fera sans moi ! Ni rêve, ni réveil!
Je n’aurai pas été dans les douces étoiles!
(Jules Laforgue)
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Publié par arbrealettres le 15 mai 2013
LE MARTYRE DE SAINTE EULALIE
PANORAMA DE MERIDA
Dans la rue court et bondit
Un cheval à la queue longue
Tandis que jouent où sommeillent
Quelques vieux soldats de Rome.
Une futaie de Minerves
Ouvre mille bras sans feuilles.
De l’eau suspendue redore
Les arêtes de rochers.
Une nuit faite de torses,
D’étoiles au nez cassé,
Attend les fentes de l’aube
Pour s’écrouler toute entière.
De temps à autre résonnent
Des jurons à crête rouge.
Les soupirs de l’enfant sainte
brisent le cristal des coupes.
La roue aiguise ses lames
et ses crochets suraigus.
Le taureau des forges brame
Et Mérida se couronne
De nards presque réveillés
et de mûres sur leurs tiges.
LE MARTYRE
Voici Flore nue qui monte
De petits escaliers d’eau. .
Le Consul veut un plateau
Pour les deux seins d’Eulalie.
De la gorge de la sainte
Sort un jet de veines vertes.
Son sexe tremble, embrouillé
Comme un oiseau dans les ronces
Sur le sol, déjà sans norme,
Sautent ses deux mains coupées
Pouvant encore se .croiser
Dans une prière ténue,
Ténue mais décapitée.
Et par les trous purpurins
Où naguère étaient ses seins
On voit des ciels tout petits
Ét des ruisseaux de lait blanc.
Mille petits arbres de sang
Opposent leurs troncs humides
Aux mille bistouris du feu.
De jaunes centurions,
Chair grise ayant mal dormi,
Vont au ciel entrechoquant
Leurs armures en argent.
Pendant que vibre confuse
Une passion de crinières
Et d’épées longues et courtes
Le Consul sur son plateau
Tient les seins fumés d’Eulalie.
ENFER ET GLOIRE
La neige ondulée repose.
Éulalie pend à son arbre.
Sa nudité de charbon
Charbonne les airs glacés.
La nuit tendre brille haut.
Eulalie morte dans l’arbre.
Tous les encriers des villes
Versent l’encre doucement.
Noirs mannequins de tailleurs
Vous couvrez la neige au loin.
Vos longues files gémissent
Un silence mutilé.
La neige vient à tomber.
Eulalie blanche dans l’arbre.
Des escadrons de nickel
Joignent à son flanc leurs lances.
On voit luire un ostensoir
Sur un fond de ciels brûlés
Entre des gorges d’eau douce,
Des bouquets de rossignols.
Sautez, vitres de couleurs !
Eulalie blanche sur neiges.
Des anges, des séraphins
Disent : Sainte, sainte, sainte.
(Federico Garcia Lorca)
Publié dans poésie | Tagué: (Federico Garcia Lorca), arbre, argent, armure, épée, étoile, bistouri, bondir, bouquet, bramer, briser, cassé, centurion, cheval, cristal, crochet, encre, enfer, escadron, feu, flanc, flore, gloire, gorge, lait, lance, mannequin, martyre, morte, nard, neige, nue, prière, résonner, réveillé, redorer, reposer, rossignol, ruisseau, s'écrouler, séraphin, silence, soldat, taureau, trou, vitre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 13 mai 2013
Notre vie est semblable à l’étoile qui file,
Au nuage d’albâtre où l’azur se faufile,
Au chant du passereau sur les buissons verdis,
Au vol de l’aigle errant autour du paradis ;
Aux grains d’argent tombés du voile de l’aurore,
Au flambeau vacillant dans les ombres qu’il dore,
Au papillon rôdeur qui le prend pour le jour,
Aux brises d’orient, dont le volage amour
Soulève des ruisseaux l’humide rêverie,
Aux sillons dont il brode en courant la prairie
A cet arc sept fois teint d’une splendeur d’emprunt
A l’insecte de feu qui luit sous un ciel brun
Au son de l’Angelus que la cloche soupire,
A l’encens d’une fleur que le printemps respire
Aux récits des amants, le soir, sous les bouleaux
Tout cela, c’est la vie ; et ces riants tableaux
N’en sont tous cependant qu’une affligeante image.
L’étoile qui s’envole a le sort du nuage ;
Le passereau s’enfuit, l’aigle ne revient pas ;
Les larmes du matin se sèchent sous nos pas ;
Le papillon se brûle à des flambeaux qui meurent
Jamais les plis du vent sur les prés ne demeurent
L’arc-en-ciel se déflore au soleil qui le peint,
La cloche en pleurs se tait, le ver luisant s’éteint,
L’encens s’évanouit ; l’histoire commencée
S’arrête : rien n’écoute… et la vie est passée !
(Jules-Lefèvre Deumier)
Publié dans poésie | Tagué: (Jules Lefèvre-Deumier), aigle, amour, angélus, aurore, azur, écouter, étoile, brûler, chant, déflorer, encens, filer, fleur, image, nuage, papillon, paradis, prairie, s'évanouir, soleil, splendeur, ver luisant, vie, volage | 1 commentaire »
Publié par arbrealettres le 12 mai 2013
J’avais une terre au bout de ma peine
La mort l’a habitée
J’avais une coupe de mes chants pleine
L’étoile l’a renversée
J’avais une source au sein de la fontaine
La mer l’a ignorée
J’avais un soleil qui caressait la plaine
La nuit l’a dérobé
J’avais un fleuve pour lit pour ma reine
Le désert l’a ensorcelé
J’avais une oasis que je partageais avec la lune
L’ombre l’a brûlée
***
I had a land at the end of my sorrow
Death has inhabited it
I had a cup full of my songs
The star has overturned it
I had a spring at the heart of the fountain
The sea has ignored it
I had a sun which caressed the plain
The night has stolen it
I had a river as a bed for my queen
The desert has bewitched it
I had an oasis that I shared with the moon
The shade has burned it
(Tahar Bekri)
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Tahar Bekri), étoile, chant, coupe, dérober, désert, ensorceler, fontaine, ignorer, mer, mort, oasis, partager, peine, reine, soleil, terre | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 12 mai 2013
Parfois
je demande
à la voie lactée sa nuit claire
ses étoiles épurent mes soucis
sur la voûte céleste
les traces guident mes pensées
Entre deux pôles, l’échappée nacrée
***
Sometimes
I ask of
the Milky Way its clear night
its stars purify my cares
on the vault of heaven
their trails guide my thoughts
Between two poles, the pearly vista
(Tahar Bekri)
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Tahar Bekri), échappée, étoile, céleste, demander, nacrée, parfois, pôle, pensée, souci, trace, Voie Lactée | 4 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 12 mai 2013
Chagrin de la nuit somnolente aux rides assoupies
Lentes sont les fissures de l’aube certaine
L’étoile m’a attelé à son aile ô sourde beauté
Fol oiseau je suis dans la demeure hantée
Eclair je te pardonne mon coeur est de foudre
Fendre la montagne hâlée le silence n’est que tempête
***
The sorrow of a languid night with drowsy wrinkles
Slow in coming are the cracks of the certain dawn
The star has harnessed me to its wing o deaf beauty
Mad bird I am in the haunted abode
Lightning I forgive you my heart is made of a thunderbolt
Splitting the sunburnt mountain the silence is only storm
(Tahar Bekri)
Publié dans poésie | Tagué: (Tahar Bekri), assoupie, éclair, étoile, beauté, chagrin, coeur, demeure, fendre, fissure, foudre, montagne, oiseau, pardonner, ride, silence, somnolente, sourde, tempête | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 10 mai 2013

Ce qui s’offre à nous avec la lumière des étoiles,
ce qui s’offre à nous,
capte-le tel un monde sur ton visage,
ne le prends pas à la légère.
Montre à la nuit que tu reçus silencieusement
ce qu’elle a apporté.
Ce n’est que lorsque tu te seras confondu avec elle
que la nuit te connaîtra.
***
Was sich uns reicht mit dem Sternenlicht,
was sich uns reicht,
faß es wie Welt in dein Angesicht,
nimm es nicht leicht.
Zeige der Nacht, daß du still empfingst,
was sie gebracht.
Erst wenn du ganz zu ihr übergingst,
kennt dich die Nacht.
(Rainer Maria Rilke)
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013

CIEL NOCTURNE ET CHUTE D’ÉTOILE
Le ciel, grand, plein de retenue splendide,
une provision d’espace, un excès de monde.
Et nous, trop loin pour nous laisser façonner,
trop près pour nous en détourner.
Là-bas une étoile tombe ! Et notre désir à la voir,
d’un regard bouleversé, rivé à elle et pressant :
Quelles choses ont commencé et lesquelles disparu ?
Quelles choses sont coupables ? Et lesquelles pardonnées ?
***
NACHTHIMMEL UND STERNENFALL
Der Himmel, groß, voll herrlicher Verhaltung,
ein Vorrat Raum, ein Übermaß von Welt.
Und wir, zu ferne für die Angestaltung,
zu nahe für die Abkehr hingestellt.
Da fällt ein Stern! Und unser Wunsch an ihn,
bestürzten Aufblicks, dringend angeschlossen:
Was ist begonnen, und was ist verflossen?
Was ist verschuldet? Und was ist verziehn?
(Rainer Maria Rilke)
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