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Poésie

Articles Tagués ‘éveillé’

Heureuse rose (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013




Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce coeur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche.

Je te vois, rose, livre entrebâillé,
qui contient tant de pages
de bonheur détaillé
qu’on ne lira jamais. Livre-mage,

qui s’ouvre au vent et qui peut être lu
les yeux fermés…,
dont les papillons sortent confus
d’avoir eu les mêmes idées.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Heureuse rose (Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce coeur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche.

(Rilke)

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Veille, car tu vas mourir ! (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 1 mai 2013



 

Kelly Vivanco 900

Veille, car tu vas mourir !
Ne donne pas la mort à ta mort
par ton sommeil !
… Les roses sont
épanouies, comme l’aurore
de l’amour qui n’en finit pas !

— Ces heures étoilées,
qu’elles seront universelles,
si tu endors ton rêve,
et restes éveillé ! —

Cette force est ta vie,
et tu es son gardien.
Quelle éternité emporte la rivière,
avec la lune, tandis que meurent, tandis que dorment,
amas d’ombre et de fumée,
ceux qui dorment, ceux qui meurent !

Veille, car tu vas vivre !

***

¡Vela, que vas a morir!
¡No le des muerte a tu muerte,
con tu sueño!

¡Están las rosas
abiertas, como la aurora
del amor que no se acaba!

—Estas horas estrelladas,
¡qué universales serán,
si tú duermes a tu sueño,
si tú te quedas en vela!—

La fortaleza es tu vida,
y tú eres su guardián.
¡Qué eternidad lleva el río,
con la luna, mientras mueren, mientras duermen,
en montones de humo y sombra,
los que duermen, los que mueren!

¡Vela, que vas a vivir!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Kelly Vivanco

 

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A celui qui porte la Lumière (Giovani Papini)

Publié par arbrealettres le 23 février 2013



 

Adam Tan  fj54o1_500

A celui qui porte la Lumière

J’existe parce qu’il y a un homme qui me rêve ;
un homme qui dort et me voit agir et vivre et me mouvoir
— et qui rêve en ce moment que je vous parle comme je fais.
Quand il commencera à me rêver, mon existence commencera ;
quand il se réveillera, je cesserai d’être.

Je suis un jeu de son imagination, une création de son esprit,
un hôte de ses longues fantaisies nocturnes.
Le songe de ce quelqu’un a tant de consistance et de durée
que je suis devenu visible même à ceux qui sont éveillés.

(Giovani Papini)

Illustration: Adam Tan

 

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JE NE SAURAI JAMAIS (Andrée Chedid)

Publié par arbrealettres le 14 février 2013



 

Erik Johansson cutandfold

JE NE SAURAI JAMAIS

Je ne saurai jamais qui m’habite
Je ne saurai jamais qui me tient éveillé
Je ne saurai nommer l’appât
Ni dire comment s’évase la route
Mais la route s’évase
Et demain court vers mai

Je ne sais pourquoi
Les lunes mordent sur l’ombre
Ni de quelle mort renaissent les heures
Et je ne sais pour qui
Poussés par quelle émeute
Plus vifs de quelle blessure
Nous assiégeons demain.

(Andrée Chedid)

Illustration: Erik Johansson

 

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ESPECE DE CHANSON (William Carlos Williams)

Publié par arbrealettres le 16 janvier 2013



 

ESPECE DE CHANSON

QUE le serpent attende sous
sa mauvaise herbe
et l’écriture
ait des mots lents et rapides, prompts
à frapper, patients,
éveillés.

— que la métaphore réconcilie
les hommes et les pierres.
Compose. (Aucune idée
sinon dans les choses) Invente !
Saxifrage est ma fleur qui fend
le roc.

***

A SORT OF A SONG

LET the snake wait under
his weed
and the writing
be of words, slow asid quick, sharp
to strike, quiet to wait,
sleepless.

— through metaphor to reconcile
the people and the stones.
Compose. (No ideas
but in things) Invent !
Saxifrage is my flower that splits
the rocks.

(William Carlos Williams)

Illustration

 

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Le Singe, est éveillé (Kabîr)

Publié par arbrealettres le 9 novembre 2012



Tous sont égarés, nul n’est éveillé,
Ainsi le Voleur en profite pour piller la maison!

Les Pandit se sont égarés en lisant les Purâna,
Les Yogî se sont égarés dans leurs méditations;

Les ascètes se sont égarés dans leur orgueil,
Les pénitents se sont égarés dans leurs pratiques de pénitence;

Seuls sont éveillés Cukadeva, Udhâva, Akrûra,
Hanumat, le Singe, est éveillé

(Kabîr)

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Je rêvais que je dormais (Henri Michaux)

Publié par arbrealettres le 7 octobre 2012



Je rêvais que je dormais

Je rêvais que je dormais.
Naturellement, je ne me laissais pas prendre,
sachant que j’étais éveillé
jusqu’au moment où, me réveillant
je me rappelai que je dormais.

Naturellement, je ne me laissais pas prendre,
jusqu’au moment où m’endormant,
je me rappelai que je venais de me réveiller
d’un sommeil où je rêvais que je dormais.

Naturellement, je ne me laissais pas prendre,
jusqu’au moment où, perdant toute foi,
je me mis à me mordre les doigts de rage
me demandant malgré la souffrance grandissante
si je me mordais réellement les doigts
ou si seulement je rêvais que je me mordais les doigts
de ne pas savoir si j’étais éveillé ou endormi
et rêvant que j’étais désespéré de ne pas savoir
si je dormais, ou si seulement je…
et me demandant si…

(Henri Michaux)

Illustration: Alberto Galvez

 

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Absence (Ismaïl Kadaré)

Publié par arbrealettres le 10 septembre 2012



Absence

Quelques gouttes de pluie ont frappé à la vitre
et j’ai soudain senti combien tu me manquais;
Nous habitons pourtant la même ville
Sans pour ainsi dire nous voir jamais.
Ce matin j’ai l’impression que l’automne
débute avec de drôles d’idées:
pas de cigognes dans le ciel morne,
pas d’arcs-en-ciel après l’ondée.
Une phrase d’Héraclite, il me semble,
m’est revenue je ne sais trop comment:
«Les gens éveillés vivent ensemble;
ceux qui dorment, séparément.»
En quel mauvais rêve avons-nous été engloutis
pour ne plus pouvoir nous réveiller?
A la vitre ont frappé quelques gouttes de pluie
et j’ai soudain senti combien tu me manquais.

(Ismaïl Kadaré)


Illustration

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Nous n’appartenons à personne (René Char)

Publié par arbrealettres le 9 septembre 2012



Nous n’appartenons à personne
sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous,
inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence

(René Char)

Illustration: Fan Ho

 

 

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