Articles Tagués ‘exquise’
Publié par arbrealettres le 22 mai 2013

Phantasma
J’ai rêvé l’archipel parfumé, montagneux,
Perdu dans une mer inconnue et profonde
Où le naufrage nous a jetés tous les deux
Oubliés loin des lois qui régissent le monde.
Sur le sable étendue en l’or de tes cheveux,
Des cheveux qui te font comme une tombe blonde,
Je te ranime au son nouveau de mes aveux
Que ne répéteront ni la plage ni l’onde.
C’est un rêve. Ton âme est un oiseau qui fuit
Vers les horizons clairs de rubis, d’émeraudes,
Et mon âme abattue est un oiseau de nuit.
Pour te soumettre, proie exquise, à mon ennui
Et pour te dompter, blanche, en mes étreintes chaudes,
Tous les pays sont trop habités aujourd’hui.
(Charles Cros)
Illustration: Dorina Costras
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Cros), archipel, âme, étreinte, blanche, chaude, cheveux, dompter, ennui, exquise, habité, lois, mer, naufragé, oiseau, or, oublié, parfumé, pays, perdu, proie, ranimer, régir, rêver, sable, soumettre, tombe | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 mai 2013

Dans la nature
Beauté exquise
Dans une lumière intense
Près d’un feu ardent
Tu mesures le jour
Au nombre de tes joies
Et à la transparence du matin.
Alors que l’horizon arbore
Les plus riches couleurs
Tu vas sous un ciel habité
Par un soleil sphériquement parfait
Enchâssé dans un nuage
Et la rêverie du jardin
T’empreint de mélancolie.
Les fleurs se prosternent devant toi
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Et dans la candeur d’un vierge univers.
Ton regard prend la couleur de l’eau.
Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Fécond et intarissable de fruits
Quand la prairie recèle
Les germes de tes rêves.
Dans le soir noir et froid
La bise froisse le miroir
Des eaux polies
Et déforme l’image
Des branches du saule pleureur.
La lune y grimace
Alors que ton visage
Garde sa pureté.
(Jean-Baptiste Besnard)
Illustration: Katarina Smuraga
Publié dans poésie | Tagué: (Jean-Baptiste Besnard), arborer, ardent, attentif, beauté, candeur, couleur, exquise, feu, grimacer, habité, horizon, image, intense, joie, miroir, nature, nuage, parfait, prairie, pureté, regard, riche, saule pleureur, se prosterner, soleil, transparence, vierge, visage | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 10 avril 2013

Matin d’Octobre
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. Ou peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n’est pas l’hiver encor.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.
(François Coppée)
Illustration: François Malespine
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Publié par arbrealettres le 31 mars 2013

L’heure exacte
A Valentine Hugo.
L’heure exacte marque la rage
Aux dents de singe
Vingt-quatre couchera de soleil
Sur un horizon ridicule
Vingt-quatre couchers de province
Aux joues exquises
Ont fini de délibérer
Et mille lieues de fuite à débrider
Rayon maigre innocent
Et la spirale de lanières qui s’écroule
Au seuil des plaies au seuil du baume
Mal funèbre mal d’encre
Caché par des doigts purs
La glaise de l’automne alourdit le feuillage
Le cheval arrivé ne dépassera pas
La corde pour se pendre
L’horloge enfarinée dit l’heure du départ
Mais elle est arrêtée.
(Paul Eluard)
Illustration: Valentine Hugo
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Publié par arbrealettres le 23 mars 2013

PROMENADE
À Emmanuel des Essarts.
Ce n’est pas d’hier que d’exquises poses
Me l’ont révélée, un jour qu’en rêvant
J’allais écouter les chansons du vent.
Ce n’est pas d’hier que les teintes roses
Qui passent parfois sur sa joue en fleur
M’ont parlé matin, aurore, fraîcheur,
Que ses clairs yeux bleus et sa chevelure
Noire, sur la nuque et sur le front blancs,
Ont fait naître en moi les désirs troublants
Que, dans ses repos et dans son allure,
Un charme absolu, chaste, impérieux,
Pour toute autre qu’Elle a voilé mes yeux.
Ce n’est pas d’hier. Puis le cours des choses
S’assombrit. Je crus à jamais les roses
Mortes au brutal labour du canon.
Alors j’aurais pu tomber sous les balles
Sans que son nom vînt sur mes lèvres pâles
— Car je ne sais pas encore son nom.
Puis l’étude austère aux heures inertes,
L’ennui de l’été dans les ombres vertes,
M’ont fait oublier d’y penser souvent.
Voici refleurir, comme avant ces drames,
Les bleuets, les lys, les roses, les femmes,
Et puis Elle avec sa beauté d’avant.
*
Dans le grand jardin, quand je vous retrouve,
Si je ralentis, pour vous voir, mes pas,
Peureuse ou moqueuse, oh ! ne fuyez pas !
Me craindre ?… Depuis que cet amour couve
En mon coeur, je n’ai même pas osé
Rêver votre bras sur le mien posé.
Qu’est-ce que je viens faire en votre vie,
Intrus désoeuvré ? Voilà votre enfant
Qui joue à vos pieds et qui vous défend.
Aussi, j’ai compris, vous ayant suivie,
Ce qu’ont demandé vos yeux bleus et doux :
« Mon destin est fait, que me voulez-vous ? »
Mais, c’est bien assez, pour qu’en moi frissonne
L’ancien idéal et sa floraison
De vous voir passer sur mon horizon !
Car l’âme, à l’étroit dans votre personne,
Dépasse la chair et rayonne autour,
— Aurore où s’abreuve et croît mon amour.
Diamants tremblant aux bords des corolles,
Fleur des pêches, nacre, or des papillons
S’effacent pour peu que nous les froissions.
Ne craignez donc pas d’entreprises folles,
Car je resterai, si cela vous plaît,
Esclave lointain, inconnu, muet.
(Charles Cros)
Illustration: Alexander Ye Pavlovets
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Publié par arbrealettres le 16 mars 2013

Peu importe
où elle est sise
cette île imprécise,
elle me berce au creux douillet
de mon rêve parfait,
ses musiques exotiques
"steel band" ou romantiques
sont transmises
par une brise invisible,
l’âme en est toute imprégnée,
caressée par les vents alizés.
Peu importe
où elle est sise
cette île exquise,
nul ne peut la voir
mon île imaginaire ;
elle m’habite toute entière
et je m’y réfugie
à coeur perdu ;
elle est ma tour d’ivoire,
mon espoir ;
le voyage en effet
n’est qu’un joli mirage,
je me repais de si belles images,
d’un paysage
que je dessine à ma guise
sur une palette exquise.
Je choisis mes couleurs
au gré de mon humeur,
alors peu importe
où elle sise
cette terre promise
sise où je veux,
quand je veux,
l’on y est si heureux…
(Hélène Laugier)
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Publié par arbrealettres le 10 mars 2013
Araignée grise
Araignée d’argent
Ton échelle exquise
Tremble dans le vent.
(Madeleine Ley)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 22 novembre 2012
La sauterelle et le grillon
La poésie de la terre ne meurt jamais :
Quand tous les oiseaux défaillent par le brûlant soleil
Et se blottissent dans la fraîcheur des arbres, une voix
s’élève et court
D’une haie à l’autre, tout autour des prairies nouvellement
fauchées;
C’est la voix de la sauterelle — elle dirige le choeur
Des riches plaisirs de l’été — elle n’est jamais au bout
De ses réjouissances : quand elle est épuisée d’avoir joué
comme une folle,
Elle se délasse à l’aise au pied d’une herbe exquise.
La poésie de la terre ne cesse jamais :
En un soir d’hiver solitaire, quand la gelée
A bâti son édifice de silence, voici que du poêle s’élève
un cri aigu,
La chanson du grillon, qui, toujours plus chaleureuse,
Semble à l’ouïe à demi perdue dans la somnolence
Le chant de la sauterelle parmi l’herbe des collines.
***
On the grasshopper and cricket
The poetry of earth is never dead :
When all the birds are faint with the hot sun,
And hide in cooling trees, a voice will run
From hedge to hedge about the new-mown mead;
That is the Grasshopper’s — he takes the lead
In summer luxury, — he has never done
With his delights; for when tired out with fun
He rests at ease beneath some pleasant weed.
The poetry of earth is ceasing never :
On a lone winter evening, when the frost
Has wrought a silence, from the stove there shrills
The Cricket’s song, in warmth increasing ever,
And seems to one in drowsiness half lost,
The Grasshopper’s among some grassy hills.
(John Keats)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 19 novembre 2012
La lune blanche
Luit dans les bois;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée…
O bien-aimée.
L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…
Rêvons: c’est l’heure.
Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…
C’est l’heure exquise.
(Paul Verlaine)
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Publié par arbrealettres le 28 octobre 2012

L’AGE DU CAPITAINE
il avait cent ans évidemment, le capitaine,
et avec une longue barbe blanche.
J’en avais dix-huit et j’étais orpheline.
Le capitaine trop fougueux brisa le bateau sur des récifs.
Nous touchâmes une île exquise.
Sa barbe tombée, le capitaine retrouva ses vingt ans ;
nous eûmes beaucoup d’enfants.
Et voilà les histoires que j’aime.
(Norge)
Publié dans poésie | Tagué: (Norge), aimer, âge, île, barbe, bateau, briser, capitaine, enfant, exquise, fougueux, histoire, orpheline, récif | Poster un commentaire »