Articles Tagués ‘feu’
Publié par arbrealettres le 22 mai 2013

Moi, je vis la vie à côté
Sonnet
Moi, je vis la vie à côté,
Pleurant alors que c’est la fête.
Les gens disent : "Comme il est bête !"
En somme, je suis mal coté.
J’allume du feu dans l’été,
Dans l’usine je suis poète ;
Pour les pitres je fais la quête,
Qu’importe ! J’aime la beauté.
Beauté des pays et des femmes,
Beauté des vers, beauté des flammes,
Beauté du bien, beauté du mal.
J’ai trop étudié les choses ;
Le temps marche d’un pas normal :
Des roses, des roses, des roses !
(Charles Cros)
Illustration: Berit Kruger Johnsen
Publié dans poésie, méditations | Tagué: (Charles Cros), aimer, allumer, à côté, été, étudier, bête, beauté, bien, fête, femme, feu, mal, marcher, normal, pas, pays, pitre, pleurer, poète, rose, temps, usine, vie, vivre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Rendez-moi le cerisier porte-feu riant de toutes ses braises,
ma grenouille verte et le cricri du logis.
Rendez-moi l’arc-en-ciel, le jet d’eau, l’hortensia et ses flammes corymbes.
Les yeux des pensées, les brugnons lumineux et la rose rouge
réchauffant son parfum dans le jour.
Rendez-moi le sens de ma floraison devant l’héliotrope.
Rendez-moi l’Enfant et la Vierge de lumière.
Rendez-moi le mimosa, la paix et l’arbre du Bien.
Rendez-moi le bengali dont les notes m’éclairent.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Fuyuko Matsui
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), arbre, arc-en-ciel, éclairer, bengali, bien, braise, cerisier, cricri, enfant, feu, flamme, floraison, grenouille, héliotrope, hortensia, logis, lumière, mimosa, note, paix, parfum, pensée, porter, rendre, sens, vierge, yeux | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Chanson de l’attente
Chaque arbre attend un oiseau
Chaque fontaine une soif
Chaque bouche espère une eau
L’angoisse appelle une angoisse.
Chaque cave attend son vin
Chaque aurore son soleil
Chaque main cherche une main
Chaque parole une oreille.
Moi qui attendais si peu
Moi qui n’espérais plus rien
Tu m’as donné mes seuls biens:
Ta faim ta soif et ton feu.
(Bernard Lorraine)
Illustration: Tamara Lunginovic
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013

Dans la nature
Beauté exquise
Dans une lumière intense
Près d’un feu ardent
Tu mesures le jour
Au nombre de tes joies
Et à la transparence du matin.
Alors que l’horizon arbore
Les plus riches couleurs
Tu vas sous un ciel habité
Par un soleil sphériquement parfait
Enchâssé dans un nuage
Et la rêverie du jardin
T’empreint de mélancolie.
Les fleurs se prosternent devant toi
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Et dans la candeur d’un vierge univers.
Ton regard prend la couleur de l’eau.
Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Fécond et intarissable de fruits
Quand la prairie recèle
Les germes de tes rêves.
Dans le soir noir et froid
La bise froisse le miroir
Des eaux polies
Et déforme l’image
Des branches du saule pleureur.
La lune y grimace
Alors que ton visage
Garde sa pureté.
(Jean-Baptiste Besnard)
Illustration: Katarina Smuraga
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Mouvements
Je passe
Une nuit légère et vaporeuse
Après un jour pesant
Sous un soleil de feu
Je me promène
Dans une aube timide
Comme une fille nubile
Et respire des odeurs vivantes
Je vibre
Dans un exil de luxe
Quand le soleil
Chauffe le ciel à petit feu
Et me réchauffe à peine
Dans le sentier griffé
De buissons épineux
Et piqué d’orties
Je gravis les hauteurs
Jusqu’à l’épanouissement
Voluptueux des eaux
Et j’y rencontre le silence
Quand le couchant colore
De rose l’horizon
Que toutes les vitres rutilent
Et que le village flamboie
J’éprouve le frisson
Du soir sur mon épaule
Une lune maussade brille
Sur une mer anxieuse
Et sous les nuages fissurés
La terre s’allonge sous le ciel
(Jean-Baptiste Besnard)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 17 mai 2013
ODE A DES FLEURS JAUNES
Sur l’azur mouvant ses azurs,
la mer, et sur le ciel,
des fleurs jaunes.
Octobre vient.
Et malgré
l’importance de la mer développant
son mythe, sa mission, son levain,
il éclate
sur le sable d’or
d’une seule
plante jaune
et ses yeux
s’amarrent
la terre,
fuyant la vaste mer et ses palpitations.
Poussière nous sommes et serons.
Ni air, ni feu, ni eau
mais
terre,
seulement terre
nous serons
et peut-être
des fleurs jaunes.
(Pablo Neruda)
Illustration: John Gormsen
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Publié par arbrealettres le 17 mai 2013

Poussière nous sommes et serons.
Ni air, ni feu, ni eau
mais
terre,
seulement terre
nous serons
et peut-être
des fleurs jaunes.
(Pablo Neruda)
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Publié par arbrealettres le 17 mai 2013
ODE A LA PANTHERE NOIRE
[...]
Elle allait
comme le feu et, comme la fumée,
quand elle ferma ses yeux
elle fut invisible et insondable nuit.
(Pablo Neruda)
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Publié par arbrealettres le 16 mai 2013

Nous sortirons du monde et des mots par l’étrange
polyphonie abstraite où se taisent les anges.
Nous sortirons de la littérature, adieu
toute graphie, adieu, rien que l’orgasme. Feu !
(Georges Libbrecht)
Illustration: Ettore Aldo Del Vigo
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Publié par arbrealettres le 15 mai 2013

LE MARTYRE DE SAINTE EULALIE
PANORAMA DE MERIDA
Dans la rue court et bondit
Un cheval à la queue longue
Tandis que jouent où sommeillent
Quelques vieux soldats de Rome.
Une futaie de Minerves
Ouvre mille bras sans feuilles.
De l’eau suspendue redore
Les arêtes de rochers.
Une nuit faite de torses,
D’étoiles au nez cassé,
Attend les fentes de l’aube
Pour s’écrouler toute entière.
De temps à autre résonnent
Des jurons à crête rouge.
Les soupirs de l’enfant sainte
brisent le cristal des coupes.
La roue aiguise ses lames
et ses crochets suraigus.
Le taureau des forges brame
Et Mérida se couronne
De nards presque réveillés
et de mûres sur leurs tiges.
LE MARTYRE
Voici Flore nue qui monte
De petits escaliers d’eau. .
Le Consul veut un plateau
Pour les deux seins d’Eulalie.
De la gorge de la sainte
Sort un jet de veines vertes.
Son sexe tremble, embrouillé
Comme un oiseau dans les ronces
Sur le sol, déjà sans norme,
Sautent ses deux mains coupées
Pouvant encore se .croiser
Dans une prière ténue,
Ténue mais décapitée.
Et par les trous purpurins
Où naguère étaient ses seins
On voit des ciels tout petits
Ét des ruisseaux de lait blanc.
Mille petits arbres de sang
Opposent leurs troncs humides
Aux mille bistouris du feu.
De jaunes centurions,
Chair grise ayant mal dormi,
Vont au ciel entrechoquant
Leurs armures en argent.
Pendant que vibre confuse
Une passion de crinières
Et d’épées longues et courtes
Le Consul sur son plateau
Tient les seins fumés d’Eulalie.
ENFER ET GLOIRE
La neige ondulée repose.
Éulalie pend à son arbre.
Sa nudité de charbon
Charbonne les airs glacés.
La nuit tendre brille haut.
Eulalie morte dans l’arbre.
Tous les encriers des villes
Versent l’encre doucement.
Noirs mannequins de tailleurs
Vous couvrez la neige au loin.
Vos longues files gémissent
Un silence mutilé.
La neige vient à tomber.
Eulalie blanche dans l’arbre.
Des escadrons de nickel
Joignent à son flanc leurs lances.
On voit luire un ostensoir
Sur un fond de ciels brûlés
Entre des gorges d’eau douce,
Des bouquets de rossignols.
Sautez, vitres de couleurs !
Eulalie blanche sur neiges.
Des anges, des séraphins
Disent : Sainte, sainte, sainte.
(Federico Garcia Lorca)
Illustration: Bernardo Martorell
Publié dans poésie | Tagué: étoile, résonner, feu, ruisseau, arbre, bouquet, argent, lait, nue, vitre, neige, mannequin, cristal, silence, briser, prière, épée, gorge, cheval, cassé, trou, morte, gloire, enfer, flanc, encre, bondir, rossignol, lance, reposer, (Federico Garcia Lorca), nard, s'écrouler, taureau, soldat, martyre, bramer, armure, réveillé, séraphin, crochet, flore, centurion, escadron, bistouri, redorer | Poster un commentaire »