Du panier de ma bicyclette Hé là!
dépassent pour je ne sais quelle joie
des feuilles de céléri
(Tawara Machi)
Publié par arbrealettres le 18 juin 2013
Du panier de ma bicyclette Hé là!
dépassent pour je ne sais quelle joie
des feuilles de céléri
(Tawara Machi)
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Publié par arbrealettres le 14 juin 2013
Qu’en avez-vous fait ?
Vous aviez mon coeur,
Moi, j’avais le vôtre :
Un coeur pour un coeur ;
Bonheur pour bonheur !
Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre,
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !
La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L’encens, la couleur :
Qu’en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu’en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?
Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,
Vous me laissez là,
Dans ma vie amère ;
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !
Savez-vous qu’un jour
L’homme est seul au monde ?
Savez-vous qu’un jour
Il revoit l’amour ?
Vous appellerez,
Sans qu’on vous réponde ;
Vous appellerez,
Et vous songerez !…
Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte;
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant.
Et l’on vous dira :
" Personne !… elle est morte. "
On vous le dira ;
Mais qui vous plaindra ?
(Marceline Desbordes-Valmore)
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Publié par arbrealettres le 12 juin 2013

La veille
Le sable, sa multitude de grains,
Le cours infatigable des rivières,
La neige plus subtile, ombre légère,
Qu’une ombre de feuille, les bords sereins
De la mer et, momentanée, l’écume,
Les chemins millénaires du bison,
De la flèche fidèle, un horizon,
Un autre, les champs de tabac, la brume
La cime, les paisibles minéraux,
L’Orénoque, la confusion du jeu
Ourdi par la terre, l’eau, l’air, le feu,
Des lieues de très dociles animaux
Sépareront nos deux mains pour toujours,
Mais tout autant la nuit, l’aube, le jour…
(Jorge Luis Borges)
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Publié par arbrealettres le 11 juin 2013

Baruch Spinoza
Brume d’or, le Couchant pose son feu
Sur la vitre. L’assidu manuscrit
Attend, avec sa charge d’infini.
Dans la pénombre quelqu’un construit Dieu.
Un homme engendre Dieu. Juif à la peau
Citrine, aux yeux tristes. Le temps l’emporte
Comme la feuille que le fleuve porte
Et qui se perd dans le déclin de l’eau.
Qu’importe. Il insiste, sorcier forgeant
Dieu dans sa subtile géométrie;
Du fond de sa maladie, son néant,
De ses mots il fait Dieu, l’édifie.
Le plus prodigue amour lui fut donné,
L’amour qui n’espère pas être aimé.
(Jorge Luis Borges)
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Publié par arbrealettres le 6 juin 2013
L’univers n’a pas de limites
Virgule d’argent truite qui saute
sur les feuilles lisses des lotus
la rosée repose en silence…
(Su Dongpo)
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Publié par arbrealettres le 2 juin 2013
feuille de lierre
dans le courant
sait-elle où elle va?
(Yvon Le Men)
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Publié par arbrealettres le 2 juin 2013
une fauvette s’est envolée
la feuille de roncier
remue encore
(Yvon Le Men)
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Publié par arbrealettres le 2 juin 2013
Comme Feuilles – Il Se déplie -
Et puis – Il se referme -
Puis se perche sur la Capeline
De Quelque Bouton d’Or -
Puis dans sa course Il heurte
Et renverse une Rose -
Et puis il ne fait Rien -
Puis plus loin sur un Foc – Se pose -
Et balance, Grain de Poussière
Dans Midi suspendu -
Entre – revenir Ici-bas -
Ou migrer vers la Lune -
De Lui qu’adviendra-t-il la Nuit -
L’Ignorance borne
Le privilège de le dire -
De Lui qu’adviendra-t-il – Le Jour -
Où le Gel – étreindra le Monde -
Des Vitrines – le montrent -
Un Sépulcre en curieuse Soie floche -
Une Abbaye – un Cocon -
***
He parts Himself- like Leaves -
And then – He closes up -
Then stands opon the Bonnet
Of Any Buttercup -
And then He runs against
And oversets a Rose -
And then does Nothing -
Then away opon a Jib – He goes -
And dangles like a Mote
Suspended in the Noon -
Uncertain – to return Below -
Or settle in the Moon -
What come of Him at Night -
The privilege to say
Be limited by Ignorance -
What come of Him – That Day
The Frost – possess the World -
In Cabinets – be shown -
A Sepulchre of quaintest Floss -
An Abbey – a Cocoon -
(Emily Dickinson)
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Publié par arbrealettres le 1 juin 2013

L’isolement
Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.
Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.
Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.
Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.
Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.
De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis : " Nulle part le bonheur ne m’attend. "
Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !
Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.
Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire;
Je ne demande rien à l’immense univers.
Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !
Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !
Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes voeux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi resté-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.
Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !
(Alphonse de Lamartine)
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Publié par arbrealettres le 31 mai 2013
Crâne crucifié
tu connais des histoires chancelantes
aux précipices de tes oreilles
Dans les nuits les bibliothèques verrouillent leurs portes
et les feuilles des livres chassent les doigts
(Guy Lévis Mano)
Publié dans poésie | Tagué: (Guy Lévis Mano), bibliothèque, chancelante, chasser, connaître, crâne, crucifié, doigt, feuille, histoire, livre, nuit, oreilles, porte, précipices, verrouiller | 2 Commentaires »