Articles Tagués ‘fille’
Publié par arbrealettres le 16 juin 2013

Guitare
Je sais rouler une amourette
En cigarette,
Je sais rouler l’or et les plats !
Et les filles dans de beaux draps !
Ne crains pas de longueurs fidèles :
Pour mules mes pieds ont des ailes ;
Voleur de nuit, hibou d’amour,
M’envole au jour.
Connais-tu Psyché? – Non ? – Mercure ?…
Cendrillon et son aventure ?
- Non ? -… Eh bien ! tout cela, c’est moi :
Nul ne me voit.
Et je te laisserais bien fraîche
Comme un petit Jésus en crèche,
Avant le rayon indiscret…
- Je suis si laid ! -
Je sais flamber en cigarette,
Une amourette,
Chiffonner et flamber les draps,
Mettre les filles dans les plats !
(Tristan Corbière)
Illustration: Jean-Claude Forez
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Publié par arbrealettres le 15 juin 2013
![Lauri Blank - (18) [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/lauri-blank-18-1280x768.jpg?w=848&h=635)
Berceuse
Il y a une heure bête
Où il faut dormir.
Il y a aussi la fête
Où il faut jouir.
Mais quand tu penches la tête
Avec un soupir
Sur mon coeur, mon coeur s’arrête
Et je vais mourir…
Non ! ravi de tes mensonges,
O fille des loups,
Je m’endors noyé de songes
Entre tes genoux.
Après mon coeur que tu ronges
Que mangerons-nous ?
(Charles Cros)
Illustration: Lauri Blank
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Publié par arbrealettres le 9 juin 2013

La maison de ma mère
[...]
Les psaumes de l’oiseau caché dans le feuillage,
Ce qu’il raconte au ciel par le ciel répondu,
Mon âme qu’on croyait indolente ou volage,
L’a toujours entendu !
Et quand là-bas, là-bas, comme on peint l’espérance,
Dieu montrait l’arc-en-ciel aux pèlerins errants,
S’il avait ruisselé sur ma vierge souffrance,
La nuit se sillonnait de songes transparents ;
Et sur l’onde qui glisse et plie, et s’abandonne,
Quand j’avais amassé des parfums purs et frais,
En voyant fuir mes fleurs que n’attendait personne,
Je regardais ma mère et je les lui montrais.
Et ma mère disait : " C’est une maladie,
Un mélange de jeux, de pleurs, de mélodie :
C’est le coeur de mon coeur ! Oui, ma fille ! Plus tard,
Vous trouverez l’amour et la vie… autre part. "
Innocence ! Innocence ! éternité rêvée !
Au bout des temps de pleurs serez-vous retrouvée ?
êtes-vous ma maison que je ne peux rouvrir ?
Ma mère ! Est-ce la mort ? … je voudrais bien mourir !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Natalia Syuzev
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Publié par arbrealettres le 8 juin 2013
![Berthe Morisot (16) [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/berthe-morisot-16-1280x768.jpg?w=871&h=1045)
L’impossible
Qui me rendra ces jours où la vie a des ailes
Et vole, vole ainsi que l’alouette aux cieux,
Lorsque tant de clarté passe devant ses yeux,
Qu’elle tombe éblouie au fond des fleurs, de celles
Qui parfument son nid, son âme, son sommeil,
Et lustrent son plumage ardé par le soleil !
Ciel ! un de ces fils d’or pour ourdir ma journée,
Un débris de ce prisme aux brillantes couleurs !
Au fond de ces beaux jours et de ces belles fleurs,
Un rêve ! où je sois libre, enfant, à peine née,
Quand l’amour de ma mère était mon avenir,
Quand on ne mourait pas encor dans ma famille,
Quand tout vivait pour moi, vaine petite fille !
Quand vivre était le ciel, ou s’en ressouvenir,
Quand j’aimais sans savoir ce que j’aimais, quand l’âme
Me palpitait heureuse, et de quoi ? Je ne sais ;
Quand toute la nature était parfum et flamme,
Quand mes deux bras s’ouvraient devant ces jours… passés.
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Berthe Morisot
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Publié par arbrealettres le 1 juin 2013
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Publié par arbrealettres le 26 mai 2013

Pendant que vostre main docte …
Pendant que vostre main docte, gentille et belle
Va triant dextrement les odorantes fleurs
Par ces prez esmaillez en cent et cent couleurs,
Par le sacré labeur de la troupe immortelle :
Gardez qu’Amour tapy sous la robe nouvelle
De quelque belle fleur n’evente ses chaleurs,
Et qu’au lieu de penser amortir vos douleurs,
D’un petit traict de feu ne vous les renouvelle.
En recueillant des fleurs la fille d’Agenor
Fut surprise d’Amour, et Prosperine encor
L’une fille de roy, l’autre toute déesse.
Il ne faut seulement que soufler un bien peu
Le charbon eschauffé, pour allumer un feu,
Duquel vous ne pourriez enfin estre maistresse.
(Rémy Belleau)
Illustration: Lauri Blank
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013

Quand la fraîche brise souffle
De votre pays,
Il me semble que je hume
Un vent de paradis,
À cause de l’amour de la gente fille
Qui m’a soumis à elle,
En qui j’ai mis ma passion
Et mon coeur.
(Bernard de Ventadour)
Illustration: Auguste Macke
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Publié par arbrealettres le 25 mai 2013
La nuit donne sur le jardin
un homme regarde la mer
il vend des oranges et des clémentines
à la tendresse du regard
le rire des jeunes filles
immobiles
sur la dune de l’été.
(Tahar Ben Jelloun)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Les joues d’Amaranthe
Des roses et des lys filles et soeurs jumelles,
Qui sous un lait caillé doucement tremblotez,
Joues où l’amour joue en toutes privautés,
Et bâtit aux souris des demeures nouvelles,
Lors que vous rougissez, que vos roses sont belles,
Quand l’épine d’honneur veut armer vos beautés,
Le satin de vos lys montrant vos chastetés,
Donne aux amants la peur, et l’amour aux rebelles.
Petits creux, magasins et d’amours et d’appas,
La petite rondeur que vous avez en bas,
Fait que je vous compare aux pommes d’Atalante.
S’il faut pour ce beau fruit mourir, ou bien courir,
Ma course est inégale : il me faut donc mourir,
Si vous ne me donnez vos pommes, Amaranthe.
(Pierre de Marbeuf)
Illustration: Bao-Pham Thienbao
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Retrouvailles fugitives
Alors que s’achève le temps des caresses
L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année.
Dans le verger des souvenirs
Où ils mûrissent trop
Au point de pourrir
Je te retrouve toujours fraîche
Et j’essuie de nouveau
Sur tes joues
Les larmes du crépuscule
Et de ton cœur silencieux
Montent de muets cris d’amour
Alors qu’à travers la brume de l’horizon
Nos regards étreints touchent
La colline couronnée de soleil
Une côte de vent et de pluie
Se dessine dans mon esprit
Où je te revois
Ecrasant sous tes pieds menus
Tous les coquillages de la grève.
Dans les embruns tu venais
Fille naturelle de la mer
Me sauver du naufrage.
Maintenant l’oiseau vole solitaire
Entre l’écume et le nuage
Et le sable sec recouvre
Tes pas qui s’imprimaient
Dans le sable mouillé
A la frontière des eaux
Pour me laisser un message d’adieu
Avant de retourner dans les profondeurs de l’oubli.
(Jean-Baptiste Besnard)
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