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Articles Tagués ‘flotté’

A une femme (Victor Hugo)

Publié par arbrealettres le 1 juin 2013



 

Albert Lynch _A_Young_Beauty_With_Flowers_In_Her_Hair

A une femme

Enfant ! si j’étais roi, je donnerais l’empire,
Et mon char, et mon sceptre, et mon peuple à genoux
Et ma couronne d’or, et mes bains de porphyre,
Et mes flottes, à qui la mer ne peut suffire,
Pour un regard de vous !

Si j’étais Dieu, la terre et l’air avec les ondes,
Les anges, les démons courbés devant ma loi,
Et le profond chaos aux entrailles fécondes,
L’éternité, l’espace, et les cieux, et les mondes,
Pour un baiser de toi !

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Lynch

 

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La contrebande d’un été (Katell Antoine)

Publié par arbrealettres le 12 novembre 2012



graffiti de goémon,
esquisse de petit crabe
au crayon orange,
esprits de bois flotté,
serments de cordages,
ton pas crissant
dans les coquillages
soulève des breloques,
des colliers,
l’écume des grottes,
la contrebande d’un été.

(Katell Antoine)


Illustration

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LES MOTS ÉGARÉS (Jean Tardieu)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2012




LES MOTS ÉGARÉS

Je marchais par une nuit sans fin
sur une route où luisaient seules
des lueurs agitées délirantes
comme les feux d’une flotte en perdition.

Sous la tempête mille et mille voix sans corps
souffles semés par des lèvres absentes
plus tenaces qu’une horde de chacals
plus suffocantes qu’une colère de la neige
à mes oreilles chuchotaient chuchotaient.

L’une disait « Comment » l’autre « Ici »
ou « Le train » ou « Je meurs » ou « C’est moi »
et toutes semblaient en désaccord :
une foule déçue ainsi se défait.

Tant de paroles échappées
des ateliers de la douleur
semblaient avoir fui par les songes
des logements du monde entier.

« Je t’avais dit » — « Allons! » — « Jamais! »
« Ton père » — « A demain! » — « Non, j’ai tiré! »
« Elle dort » — « C’est-à-dire… » — « Pas encore »
« Ouvre! » — « Je te hais » — « Arrive! »

Ainsi roulait l’orage des mots pleins d’éclairs
l’énorme dialogue en débris, mais demande et réponse
étaient mêlées dans le profond chaos;
le vent jetait dans les bras de la plainte la joie,
l’aile blessée des noms perdus frappait les portes au hasard
l’appel atteignait toujours l’autre et toujours le cri égaré
touchait celui qui ne l’attendait pas. Ainsi les vagues
chacune par la masse hors de soi déportée
loin de son propre désir, et toutes ainsi l’une à l’autre
inconnues mais à se joindre condamnées
dans l’intimité de la mer.

(Jean Tardieu)

Illustration: Jackson Pollock

 

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A bord de la « Virginie» (Louise Michel)

Publié par arbrealettres le 18 janvier 2011



A bord de la « Virginie»

Voyez, des vagues aux étoiles,
Poindre ces errantes blancheurs!
Des flottes sont à pleines voiles
Dans les immenses profondeurs;
Dans les cieux, des flottes de mondes,
Sur les flots, les facettes blondes
De phosphorescentes lueurs.

Et les flottantes étincelles,
Et les mondes au loin perdus,
Brillent ainsi que des prunelles;
Partout vibrent des sons confus,
Disant les légendes nouvelles;
Le coq gaulois frappe ses ailes.
Au guy, l’an neuf, Brennus, Brennus.

L’aspect de ces gouffres enivre.
Plus haut, ô flots! plus fort, ô vents!
Il devient trop étroit de vivre
Tant ici les songes sont grands.
Ne vaudrait-il pas mieux renaître,
Et s’insurger pour disparaître,
Dans le fracas des éléments!

Enflez les voiles, ô tempêtes!
Plus haut, ô flots! plus fort, ô vent!
Que l’éclair brille sur nos têtes!
Navire, en avant! en avant!
Pourquoi les brises monotones?
Ouvrez vos ailes, ô cyclones!
Traversons l’abîme béant.

(Louise Michel)


Illustration

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