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Articles Tagués ‘fouiller’

Éveille ta mémoire (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 29 avril 2013



 

Elena Kalis  8_4ak

Éveille ta mémoire,
fouille dans ses trésors ;
que dans tes eaux profondes
le haut soleil se brise !

Élève ta pensée ;
donne ta chair à la statue :
que la mélodie coule,
et se heurte aux rochers,
et qu’elle bondisse et s’ouvre en orients !

Plonge, dans ton front, la houe
jusqu’à l’épaule ; et quand tu fermeras
les yeux de douleur, vois
en criant, le fond du tout !

***

iDespiértate la memoria,
revuelve su joyerío;
haz en tu agua profunda
pedazos el alto sol!

iLevántate el pensamiento;
dale a la estatua tu carne;
que corra la melodía,
y tropiece en los peñascos,
y salte, y se abra en orientes!

iHunde en tu frente la azada,
hasta el hombro; y que al cerrar
tus ojos de dolor, veas,
gritando, el fondo del todo!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Elena Kalis

 

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BAISER DE CRISTAL (Georges Themelis)

Publié par arbrealettres le 13 avril 2013



 

Alexander Maranov   6

BAISER DE CRISTAL

Tu es faite de beaucoup de beauté,
De beaucoup de beauté, innombrable et immobile.

Avec quelles mains te retenir
Afin que l’albâtre ne se fêle ni ne se casse,
Pour que ne glisse point et ne disparaisse des yeux
Ton corps entier comme un poisson d’or.

Je ne sais que faire.

Te couvrir avec une toile
Te cacher avec un drap de lit ?

T’embrasser ou bien pleurer sur toi ?

Je cherche les seins, je fouille les cheveux,
Je baise tes lèvres pour te réveiller.

Il est une solitude sur les lèvres,
Un désert terrible.

Comme quand tu te penches et que tu baises
Tes propres lèvres dans le miroir.

Le froid baiser de cristal te fait peur

(Georges Themelis)

Illustration: Alexander Maranov

 

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L’abeille (Victor Hugo)

Publié par arbrealettres le 19 mars 2013



L’abeille va, vient, fouille, quête,
Travaille comme un moissonneur,
Et par moments lève sa tête
Et dit au nuage: flâneur!

(Victor Hugo)


Illustration

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Relier (Andrée Chedid)

Publié par arbrealettres le 19 février 2013



Manier l’outil et les mots
Tendre le filet des lignes
Encocher les paroles
Ajuster l’image

Elargir le sens
Fouiller la taille
Affranchir ou retenir
Perdre de vue ou cibler

Enfin accoster l’autre
Relier

(Andrée Chedid)


Illustration: Vladimir Kush

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Syncope blanche (Zéno Bianu)

Publié par arbrealettres le 3 décembre 2012



Fouillant la paralysie
il cherchait un corps à rêver
ni le corps couturé
d’un dieu déchu
ni la chair étanche
d’un irradiant
mais un équateur respirant
syncope blanche
qui enfante du zénith

(Zéno Bianu)

Illustration

 

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Quête vaine (Birago Diop)

Publié par arbrealettres le 22 novembre 2012



Quête vaine

Pour que la quête fût un peu plus fructueuse
Il nous fallait aller loin, encore plus loin
Chercher d’autres chemins, fouiller d’autres recoins
Que la sente perdue et qu’ombrageaient les yeuses

Nous avons écouté, morne voix pleureuse,
Lancinant lamento, prélude sans témoin,
L’appel perçant montant jusques au plus haut point
D’où se détache et meurt l’Adolescence heureuse.

Les bises ont soufflé dessus les arbres tors,
Et comme nos pensers, les feuilles en déroute
Se froissent en fuyant au mur de la redoute…

Nous avons bien crié, hélas! pas assez fort,
Quand les bateaux sortaient cinglant vers d’autres ports…
Et nos pleurs impuissants ont séché sur la route.

(Birago Diop)


Illustration

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MON JARDIN (Denise Borlas)

Publié par arbrealettres le 9 octobre 2012



 

MON JARDIN

Mon jardin est une tartine bleue
que les oiseaux picorent,
papa bêche la vigne,
un bruit simple comme si on se mouchait,

je jette à l’allée mon noyau de prune
et les cailloux pensent qu’ils ont la berlue,

la vie en tablier chantonne à l’ombre d’une pêche.

L’échelle hésite — ciel ou bois —
c’est une haute racine posée contre l’arbre,
elle tourne autour de lui
et fait la belle devant la branche la plus mire,

l’oiseau fouille et chante rouge
— cerise prise —

le jardin est lourd après le vent.

(Denise Borlas)

Illustration: Gustave Caillebotte

 

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LE GRAND COMBAT (Henri Michaux)

Publié par arbrealettres le 7 octobre 2012



 

LE GRAND COMBAT

Il l’emparouille et l’endosque contre terre ;
Il le rague et le roupéte jusqu’à son drâle ;
Il le pratéle et le libucque et lui baroufle les ouillais ;
Il le tocarde et le marmine,
Le manage rape à ri et ripe à ra.
Enfin il l’écorcobalisse.
L’autre hésite, s’espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.
C’en sera bientôt fini de lui ;
Il se reprise et s’emmargine… mais en vain
Le cerveau tombe qui a tant roulé.
Abrah ! Abrah ! Abrah !
Le pied a failli !
Le bras a cassé !
Le sang a coulé !
Fouille, fouille, fouille,
Dans la marmite de son ventre est un grand secret.
Mégères alentours qui pleurez dans vos mouchoirs;
On s’étonne, on s’étonne, on s’étonne
Et on vous regarde,
On cherche aussi, nous autres le Grand Secret.

(Henri Michaux)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Bosch Hieronymus

 

 

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J’essayais d’imaginer Solitude pire qu’aucune que j’aie jamais vue (Emily Dickinson)

Publié par arbrealettres le 3 octobre 2012



J’essayais d’imaginer Solitude pire
Qu’aucune que j’aie jamais vue —
Une Expiation Polaire — un Présage dans l’Os
De l’atrocement proche Mort —

Je fouillais l’Irrécupérable
Pour y puiser — mon Double —
Un réconfort Hagard surgit

De l’idée que Quelque Part -
A Portée des Griffes de la Pensée —
Demeure une autre Créature
De l’Amour Céleste — oubliée —

Je grattais à notre Paroi —
Comme On doit forcer les Murs —
Entre un Jumeau de l’Horreur — et Soi —
Dans des Cellules Contiguës —

Je parvins presque à étreindre sa Main,
Ce devint — une telle Volupté —
Que tout comme Moi — j’avais pitié de Lui —
Peut-être avait-il — pitié de moi —

***

I tried to think a lonelier Thing
Than any I had seen —
Some Polar Expiation — An Omen in the Bone
Of Death’s tremendous nearness —

I probed Retrieveless things
My Duplicate — to borrow —
A Haggard comfort springs

From the belief that Somewhere —
Within the Clutch of Thought —
There dwells one other Creature
Of Heavenly Love — forgot —

I plucked at our Partition —
As One should pry the Walls —
Between Himself— and Horror’s Twin —
Within Opposing Cells —

I almost strove to clasp his Hand,
Such Luxury — it grew —
That as Myself— could pity Him —
Perhaps he — pitied me —

(Emily Dickinson)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Gelée blanche (Olivier Larronde)

Publié par arbrealettres le 12 septembre 2012



Gelée blanche

Neiges de deux hivers ne se reconnaîtraient
Ni vous ne figerez les plis de mon eau froide,
Gel du poème, Ou son fouillis ne ferez roide.
— Plus que de l’épervier les demeures m’effraient,

Quand l’aurore me donne à sa serre féline,
Plus l’indiscret oiseau dont je suis la volière :
Mésange — cœur de fraise — aux tortures encline
Qui me met en morceaux comme on casse les œufs.

(Olivier Larronde)

Illustration

 

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