Arbrealettres

Poésie

Articles Tagués ‘glace’

Renouveau (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Renouveau

Mon cœur s’insurge
Devant un ciel blessé
Le froid engourdit le pays
La rivière se marbre de glace
L’herbe se brise comme du verre
Mais il arrive un moment
Où le sol secoue son corset de givre

Quand l’eau chante sur l’écho du matin
Que les fleurs se parlent entre elles
Que les arbres rient d’eux-mêmes
Que les cailloux crient sous les pieds des marcheurs
Et que la maison danse dans la lumière
Quand le soleil sort de sa torpeur
Que le sable tressaille sous la caresse de la mer
Et que les oiseaux jouent avec les nuages
Je communie avec le renouveau

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Commentaires »

L’Impasse (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 9 mai 2013



 

Elena Kalis  -1

Surprends l’inconnu d’en face,
surprends l’hôte de l’impasse.

[...]

Serais-tu dans cette impasse
un fuyant reflet de glace ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Elena Kalis

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , | 2 Commentaires »

Ah mon rire (Janine Tavernier)

Publié par arbrealettres le 5 mai 2013



 

Ah mon rire
mon rire gigantesque
mon rire silencieux
mon rire emprisonné derrière mes lèvres
ah ah mon rire
emmuré dans son linceul de glace
je t’entends rugir en moi comme un fauve
je te sens qui ballottes en moi
sur le remous tourmenté de ma colère
ah ah ah mon rire
je t’écoute et j’ai peur
mon rire qui n’es pas à moi
mon rire étranger à ma vie
mon rire que les forces de l’inconscient
projettent sur l’écran fragile de ma sensibilité
je te crains plus que mourir
je te crains plus que vivre
ah ah ah ah mon rire
quand tu briseras tes liens
et que hors de moi tu t’enfuyeras
dans l’explosion de tes accords déchaînés
que vas-tu prendre à ma vie t’en iras-tu seul
vers les sphères abolies d’où l’on ne revient pas
J’ai plongé mes deux mains au-delà du présent
et j’ai cueilli la joie qui m’était refusée
Mon désespoir était debout enveloppant ma gauche
coulée de glace tournant avec mon sang
mon désespoir était debout avec sa chevelure noire
et ses voiles noirs éclaboussés de son ombre
et le regard mort de ses yeux sur des nuits sans limite
Mais j’ai cueilli la joie qui m’était refusée
Une joie douce et vraie comme un sourire d’enfant
comme un soupir d’oiseau dans l’aube silencieuse
comme un baiser d’ami posé au bord des cils
et par la seule splendeur d’une joie opaline
prise à la certitude des bonheurs à venir
mon désespoir s’est irisé de mille reflets d’azur

(Janine Tavernier)

Illustration

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Films (Célie Diaquoi-Deslandes)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013


 


 

W2054C3

Films

Matin. Ciel bleu. Nuages légers.
La montagne. Les arbres. Les fleurs.
Le soleil derrière la montagne.
Le parc.
Les bancs. La balançoire.
Les enfants avec leurs bonnes.
Le jardinier costaud, vif, bel homme.
Les jeunes filles en mini-jupes.
Les jeunes femmes les admirent.
Les vieilles femmes le regard oblique.
La rue.
Les autos foisonnent. Les coussins sont brûlants.
Les klaxons s’énervent.
Le pavé s’amollit sous la chaleur.
Les cyclistes imprudents. Les signaux lumineux.
Les piétons marchent à grands pas.
Les jeunes filles sont très jolies.
Les jeunes femmes élégantes.
Les vieilles femmes vont lentement.
Le policier avec ses lunettes noires.
Les magasins luxueux.
Les enfants avec leurs mamans.
Les jouets qu’ils réclament.
La radio des restaurants.
Les jeunes filles à l’allure désinvolte.
Les jeunes femmes souriantes.
Les vieilles femmes soucieuses.
L’église.
Les fidèles prient. L’autel au fond de l’église.
L’harmonium de l’église à gauche.
Les statues à droite.
Les jeunes filles qui s’exhibent.
Les jeunes femmes qui s’agenouillent.
Les femmes qui prient, prient fort.
L’atmosphère de piété.
L’heure du retour.
Les provisions pour le dîner.
L’heure du dîner. Les plats succulents.
Les jeunes filles qui mangent peu.
Les jeunes femmes qui mangent bien.
Les vieilles femmes qui mangent trop.
La conversation qui s’anime.
L’après-midi frais et gai.
La glace au chocolat.
La musique au salon.
Les jeunes filles se déhanchent.
Les jeunes femmes balancent mollement les hanches.
Les vieilles femmes chuchotent, chuchotent.

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration: Gifford Beal

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Chanson triste à deux voix (Ida Faubert)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

Ferdinand Hodler the-dream-1897.jpg!HD

Chanson triste à deux voix

Tout au fond du grand jardin noir
Que l’aile de la nuit effleure,
Le vent gémit son désespoir…
— Mais non, c’est mon âme qui pleure.

Dans la brume la ville dort,
Et là-bas, là-bas sur la route,
Entendez-vous? il pleut encor…
— C’est mon sang qui fuit goutte à goutte.

J’ai peur! Au creux du soir glacé,
Écoutez hurler la rafale.
Sans doute la mort a passé…
— Non, non, non! c’est mon coeur qui râle.

(Ida Faubert)

Illustration: Ferdinand Hodler

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Je pleure les lèvres fanées (Maurice Maeterlinck)

Publié par arbrealettres le 24 avril 2013



 

Aaron Coberly 1971 - American Figurative Impressionist painter -   (5)

Je pleure les lèvres fanées
Où les baisers ne sont pas nés
Et les désirs abandonnés
Sous les tristesses moissonnées.

Toujours la pluie à l’horizon !
Toujours la neige sur les grèves !
Tandis qu’au seuil clos de mes rêves
Des loups couchés sur le gazon.

Observent en mon âme lasse.
Les yeux ternis dans le passé,
Tout le sang autrefois versé
Des agneaux mourants sur la glace.

Seule la lune éclaire enfin
De sa tristesse monotone,
Où gèle l’herbe de l’automne,
Mes désirs malades de faim.

(Maurice Maeterlinck)

Illustration: Aaron Coberly

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Morceau à quatre mains (François Coppée)

Publié par arbrealettres le 12 avril 2013



 

Claude-Zélie Girardin Jeune fille au piano 9

Morceau à quatre mains

Le salon s’ouvre sur le parc
Où les grands arbres, d’un vert sombre,
Unissent leurs rameaux en arc
Sur les gazons qu’ils baignent d’ombre.

Si je me retourne soudain
Dans le fauteuil où j’ai pris place,
Je revois encor le jardin
Qui se reflète dans la glace ;

Et je goûte l’amusement
D’avoir, à gauche comme à droite,
Deux parcs, pareils absolument,
Dans la porte et la glace étroite.

Par un jeu charmant du hasard,
Les deux jeunes soeurs, très exquises,
Pour jouer un peu de Mozart,
Au piano se sont assises.

Comme les deux parcs du décor,
Elles sont tout à fait pareilles ;
Les quatre mêmes bijoux d’or
Scintillent à leurs quatre oreilles.

J’examine autant que je veux,
Grâce aux yeux baissés sur les touches,
La même fleur sur leurs cheveux,
La même fleur sur leurs deux bouches ;

Et parfois, pour mieux regarder,
Beaucoup plus que pour mieux entendre,
Je me lève et viens m’accouder
Au piano de palissandre.

(François Coppée)

Illustration: Claude-Zélie Girardin

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Le Passé (Jules Lefèvre-Deumier)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013



 

Andrzej Malinowski    Midi Pile-650

Le Passé

On demande ce que deviennent les jours qui ne sont plus,
et si c’est le cœur de l’homme qui leur sert de tombeau.
Non, croyez-moi ; tout paraît mourir, mais rien ne meurt en effet ;
hier existe encore, quoique vous ne le voyiez plus.
Vos jours évanouis sont des absents qui ne reviennent pas,
mais qui ne sont pas perdus.
Ils ont, comme dans un sanctuaire, suspendu leurs images dans votre âme,
et quand vous dormez, quand vous rêvez,
ils viennent souvent s’y entretenir comme autrefois,
et déranger la poussière qui couvre leurs portraits.

Le passé vit toujours sous la neige des ans.
C’est l’eau vive qui court toujours sous la carapace de glace,
l’eau vive où serpentent, comme des flèches de pourpre et d’or,
comme des grappes de pierreries voyageuses,
comme des fleurs qui fuient et ne se fanent pas,
mille nageurs silencieux qui sont les souvenirs.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration: Andrzej Malinowski

 

Publié dans méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Au soir (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013



Au soir

Il y avait au jardin une musique
D’une tristesse inexprimable.
Fraîche et vive l’odeur de la mer
Sur le plat d’huîtres dans la glace.

Il m’a dit: «Je suis un ami sûr!»
Et il a touché ma robe…
Comme le contact de cette main
Ressemble peu à une étreinte.

C’est une caresse pour un chat, pour un oiseau…
Un regard pour une élégante cavalière…
Il n’y a qu’un rire dans ces yeux calmes,
Sous l’or léger des cils.

Et les voix des violons douloureux
Chantent dans la fumée qui s’épand:
«Bénis le Ciel : pour la première fois,
Tu es seule avec ton amour.»

(Anna Akhmatova)

Illustration: Rosana de Paula-Cessac

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Saule, arbre cher aux ondines, ne m’empêche pas de passer (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 5 avril 2013



Je le sais – une fois encore
La neige crisse sous les skis.
Une lune rousse dans le ciel bleu sombre,
Une prairie en pente douce.

Les fenêtres du palais sont allumées,
Éloignées par le silence,
Pas un chemin, pas un sentier,
Des trous noirs dans la glace.

Saule, arbre cher aux ondines,
Ne m’empêche pas de passer,
Les branches couvertes de neige
Donnent asile aux corbeaux noirs.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 208 followers