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Poésie

Articles Tagués ‘gratter’

Rien n’est venu (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 18 avril 2013



Rien n’est venu
de ce que nous attendions
avec l’impatience
de ceux qui grattent pour
compter les jours
dans les plâtres des murs

Aucune aube
qui soit restée une aube
aucune lumière
que l’ombre ne rattrape

Et nous nous sommes
mis à aimer l’obstination
aveugle des vinaigres
l’amertume
insatisfaite des alcools
qui disaient
rien n’est venu

Maintenant
nous sommes ce que
l’attente a fait de nous

Et qui sait
si l’absence de réponse
n’était pas ce
que nous attendions

(Werner Lambersy)


Illustration: Gilbert Garcin

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Poissons (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 1 mars 2013



 

Les poissons
vus par l’économie
sont abaissés par des mains éplucheuses
grattant l’écaille
scrutant l’oeil mort
alors qu’au jardin ploient les tiges
et que l’air pur qui passe
par l’entrebâillement d’une fenêtre
flatte une femme qui se dévêt
et qui jamais n’a vu la mer.

(Jean Follain)

 

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A un écureuil à Kyle-Na-No (William Butler Yeats)

Publié par arbrealettres le 9 novembre 2012


 


 

A un écureuil à Kyle-Na-No

Viens donc jouer avec moi ;
Pourquoi faut-il que tu t’enfuies
A travers l’arbre qui s’agite,
Comme si j’avais un fusil
Pour t’abattre et te tuer ?
Alors que tout ce que je veux
C’est te gratter la tête
Et te laisser partir.

***
To a squirrel at Kyle-Na-No

Come play with me ;
Why should you run
Through the shaking tree
As though I’d a gun
To strike you dead ?
When all I would do
Is to scratch your head
And let you go.

(William Butler Yeats)

 

 

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Terminus! (Fatiha Berezak)

Publié par arbrealettres le 10 octobre 2012



Gratte la terre
Gratte papier
ou Gratte guitare…
Terminus!
Tout le monde descend!

(Fatiha Berezak)

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J’essayais d’imaginer Solitude pire qu’aucune que j’aie jamais vue (Emily Dickinson)

Publié par arbrealettres le 3 octobre 2012



J’essayais d’imaginer Solitude pire
Qu’aucune que j’aie jamais vue —
Une Expiation Polaire — un Présage dans l’Os
De l’atrocement proche Mort —

Je fouillais l’Irrécupérable
Pour y puiser — mon Double —
Un réconfort Hagard surgit

De l’idée que Quelque Part -
A Portée des Griffes de la Pensée —
Demeure une autre Créature
De l’Amour Céleste — oubliée —

Je grattais à notre Paroi —
Comme On doit forcer les Murs —
Entre un Jumeau de l’Horreur — et Soi —
Dans des Cellules Contiguës —

Je parvins presque à étreindre sa Main,
Ce devint — une telle Volupté —
Que tout comme Moi — j’avais pitié de Lui —
Peut-être avait-il — pitié de moi —

***

I tried to think a lonelier Thing
Than any I had seen —
Some Polar Expiation — An Omen in the Bone
Of Death’s tremendous nearness —

I probed Retrieveless things
My Duplicate — to borrow —
A Haggard comfort springs

From the belief that Somewhere —
Within the Clutch of Thought —
There dwells one other Creature
Of Heavenly Love — forgot —

I plucked at our Partition —
As One should pry the Walls —
Between Himself— and Horror’s Twin —
Within Opposing Cells —

I almost strove to clasp his Hand,
Such Luxury — it grew —
That as Myself— could pity Him —
Perhaps he — pitied me —

(Emily Dickinson)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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ACCORDS (Birago Diop)

Publié par arbrealettres le 3 juillet 2012



ACCORDS

Des mains dures
Grattent et creusent les terres rudes
Mains rudes, terres dures
Dures, rudes
Rudes, dures.

Les caresses te plaisent
Le labeur t’apaise
Terre dure, terre rude
Caresses des mains dures
Labeur des mains rudes
Rudes, dures,
Dures, rudes.

Les mains rudes
Frôlent et caressent des reins durs,
Mains rudes, reins durs
Rudes, dures,
Dures, rudes.

Les caresses te plaisent,
Les frôlements t’apaisent
Fille noire aux seins durs
Caresses des mains rudes
Frôlements des mains dures
Dures, rudes
Rudes, dures.

Puis par couples
Les corps s’épousent souples,
Couples souples,
Souples couples.

Sur la terre rude
Leurs caresses te plaisent
Leurs amours t’apaisent
Terre dure, terre rude
Caresses des reins durs
Caresses des mains rudes,
Rudes, dures
Dures, rudes.

(Birago Diop)

Illustration

 

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POÈTE NOIR (Antonin Artaud)

Publié par arbrealettres le 8 mai 2012




POÈTE NOIR

Poète noir, un sein de pucelle
te hante,
poète aigri, la vie bout
et la ville brûle,
et le ciel se résorbe en pluie,
ta plume gratte au coeur de la vie.

Forêt, forêt, des yeux fourmillent
sur les pignons multipliés ;
cheveux d’orage, les poètes
enfourchent des chevaux, des chiens.

Les yeux ragent, les langues tournent,
le ciel afflue dans les narines
comme un lait nourricier et bleu;
je suis suspendu à vos bouches
femmes, coeurs de vinaigre durs.

(Antonin Artaud)

Illustration: Alexander Sigov

 

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Petite chanson pour l’éternelle chanson (Edmond Jabès)

Publié par arbrealettres le 7 mai 2012



Le vieux château ne tient plus
que par la main du troubadour.
Sur la viole, elle gratte ma chanson fidèle.
Ne crains pas, secrète princesse, le jour.
Une rose rouge guette ton réveil:
C’est le soleil.
On dirait, tant il est loin,
qu’il fleurit dans le jardin.

(Edmond Jabès)

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Rien n’est venu de ce que nous attendions (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 28 avril 2012



 

Rien n’est venu
De ce que nous attendions

Avec l’obstination
De ceux qui grattent
Dans le plâtre des cellules
Le compte des jours

Aucune aube
Qui soit restée une aube

Aucune lumière
Que l’ombre ne rattrape

Et nous nous sommes mis
A aimer

La persistance du vinaigre
Et l’amertume
Insatisfaite de nos alcools
Rien n’est venu
De ce que nous attendions

L’instant
N’est pas dans ce qui attend

(Werner Lambersy)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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Toujours (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 21 février 2012


 

L’enseigne s’érige
au-dessus d’une porte
où le chien vient gratter
l’homme dort.
Il a dit ramenant l’herbe
je préfère ma demeure
à tout au monde
mes fleurs rouges à mes filles.
Il ignore qu’un cristal
se multiplie.
N’empêche que sonne l’heure
comme à sa jeunesse altérée.
Si la maison croulait, auprès des ruines
un bouvreuil chanterait encore.

(Jean Follain)

 

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