
La harpe est le rideau de perles du paradis
(Christian Bobin)
Publié par arbrealettres le 7 mai 2013
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Publié par arbrealettres le 4 avril 2013
GESTATION
Je ne parle pas de ce qui est
Je parle de ce qui se fait
De ce qui vient
Je chante pour prendre souffle
Ecouter ma voix multiple
Exercice d’oiseau
J’aime l’impatience des lèvres closes
Les cercles que font les fleuves
Les bruits des plaines
Et l’arôme inconnu qui troue le verre
En ouvrant des fissures mystérieuses
Aux dimensions d’immortalité
Je n’écoute pas les oiseaux voler dans un siècle vide
Un siècle est une harpe
Et la roue du soleil va devant
Parmi les nombres et les êtres
J’écoute un bruit nouveau
Sur le blanc troupeau des tombes fraîches
Des milliers de fleurs dorment enterrées
Sous les feuilles de la délicatesse
Les fleurs dont je rêve
Le feu annonce la venue
Brûlant comme une procession d’été
D’une rangée de morts
Je franchis le seuil de la cendre
Je salue les arbres qui penchent
Des coeurs et des sourires matériels
Au-delà de la terre qui a soif
Et des horizons légers
Les désirs passent au bout des ailes
La voix des oiseaux change
Et parle de mystérieux amours immaculés
De grands espoirs pendus au ciel
De calices pleins de sang et d’indicibles gestations
Attente étoilée
Couronne sur le temps de l’angoisse
Victoire du fond de la dimension et de l’infini
Domination de la beauté main météore
Arbre idéal qui éclate de sève et de douleur
Roule comme un fleuve puissant
Géométrie multiforme, désir, rêve, action
Sur tous ceux qui dorment
Sur toutes choses
Qui attendent
(Georges Themelis)
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Publié par arbrealettres le 21 mars 2013
LA HARPE
La musique allait seule. il n’y avait plume, pelage,
lait ou fumée ou noms. Ce n’était jour ni nuit.
Seule entre les planètes, de l’éclipse naissant
la musique tremblait tout comme un vêtement.
Soudain le feu, le froid gemmèrent une goutte
et l’univers dressa son spacieux étalage,
lave, cendre hérissée et aurore glissante,
tout transmigra de dureté en dureté,
et sous l’humidité céleste fraîche éclose
le diamant instaura sa symétrie glacée.
Alors le son premier,
la musique esseulée, la musique du monde
se glaça et tomba en étoile changée,
en harpe ou en cithare, en silence ou en pierre.
Dans le froid de l’hiver, sur 1a côte chilienne,
lorsque la pluie s’abat et lave les semaines,
oyez : la solitude est à nouveau musique,
et je ne sais, mais il me semble que le vent,
la pluie, le temps, cela qui a ailes et vagues,
passe et grandit. La harpe, de l’oubli s’éveille.
(Pablo Neruda)
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Publié par arbrealettres le 28 février 2013
SOUVENIRS D’AVRIL
Le rythme argentin de ta voix
Dans mes rêves gazouille et tinte.
Chant d’oiseau, bruit de source au bois,
Qui réveillent ma joie éteinte.
Mais les bois n’ont pas de frissons,
Ni les harpes éoliennes.
Qui soient si doux que tes chansons,
Que tes chansons tyroliennes.
*
Parfois le vent m’apporte encor
L’odeur de ta blonde crinière.
Et je revois tout le décor
D’une folle nuit, printanière ;
D’une des nuits, où tes baisers
S’entremêlaient d’historiettes,
Pendant que de tes doigts rosés
Tu te roulais des cigarettes ;
Où ton babil, tes mouvements
Prenaient l’étrange caractère
D’inquiétants miaulements,
De mordillements de panthère.
*
Puis tu livrais tes trésors blancs
Avec des poses languissantes…
Le frisson emperlait tes flancs
Émus des voluptés récentes.
*
Ainsi ton image me suit,
Réconfort aux heures glacées,
Sereine étoile de la nuit
Où dorment mes splendeurs passées.
Ainsi, dans les pays fictifs
Où mon âme erre vagabonde,
Les fonds noirs de cyprès et d’ifs,
S’égayent de ta beauté blonde.
*
Et, dans l’écrin du souvenir
Précieusement enfermée,
Perle que rien ne peut ternir,
Tu demeures la plus aimée.
(Charles Cros)
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Publié par arbrealettres le 9 février 2013
Mon âme est comme un orchestre caché ;
Je ne sais pas quels instruments
résonnent et jouent en moi,
cordes et harpes,
timbales et tambourins.
Je ne peux me connaître
que comme une symphonie.
(Fernando Pessoa)
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Publié par arbrealettres le 30 janvier 2013
Mais toi tu es vraiment le pauvre, le dénué de tout
tu es le mendiant qui se cache la face;
tu es la grande lumière de la pauvreté
auprès de qui l’or semble terne.
Tu es en exil, tu n’as pas de patrie
aucune place ici-bas n’est la tienne.
Ta taille nous écrase, tu es trop grand pour nous.
Tu hurles dans le vent,
tu es comme une harpe que briserait
toute main qui touche ses cordes.
(Rainer Maria Rilke)
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Publié par arbrealettres le 30 janvier 2013
Pourtant, bien que chacun se fuie
comme la prison qui le tient et le hait,
il est un grand miracle dans le monde :
Je sens que toute vie est quand même vécue.
Qui donc la vit ? Seraient-ce les choses qui,
comme une mélodie qu’on tait.,
sont dans le soir, comme dans une harpe, rangées ?
Seraient-ce les vents qui viennent des vastes eaux ?
Seraient-ce les branches qui se font des signaux ?
Seraient-ce les fleurs aux doux parfums tissés ?
Seraient-ce les longues et vieillissantes allées ?
Seraient-ce les bêtes chaudes que l’on voit marcher ?
Seraient-ce les oiseaux qui s’élèvent, étrangers ?
Qui donc la vit ? Est-ce Toi, Dieu, qui la vis ?
(Rainer Maria Rilke)
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Publié par arbrealettres le 5 janvier 2013
CHRYSOLITHE
Le soleil s’est couché. Vert automne des laves.
Sèves et rêves mêlés du temps qui refleurit.
Déposés sur le glauque des ères. Herpe figée
des mers en feu qui ont tari.
(Jacques Lacarrière)
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Publié par arbrealettres le 30 décembre 2012
dans tes épaules serres brûlantes
braises sans nombre entredévorées
en chocs d’avril ailes toutes harpes
sont ruisseaux de clarté qui t’inondent
souffles de force en circuits de rires
mer au soleil de muscle empennée
palpites aigle en envols de grives
tempête d’aile : un mai de pollen
(Bernard Manciet)
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Publié par arbrealettres le 27 décembre 2012
Le vent d’automne
Vibre comme une harpe
Dont le seul écho
Sans raison avive
Ma passion pour l’aimée.
(Mibu no Tadamine)
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