Articles Tagués ‘heure’
Publié par arbrealettres le 23 mai 2013
J’entends battre mon Sacré-Cœur
Dans le crépuscule de l’heure,
Comme il est méconnu, sans sœur,
Et sans destin, et sans demeure!
J’entends battre ma jeune chair
Équivoquant par mes artères,
Entre les Édens de mes vers
Et la province de mes pères.
Et j’entends la flûte de Pan
Qui chante : « bats, bats la campagne!
« Meurs, quand tout vit à tes dépens;
« Mais entre nous, va, qui perd gagne! »
(Jules Laforgue)
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Tout est chemin où tu peux vaguer monstre et ange
selon qui sait ou ne sait pas
Homme si savoureux de toi et autant d’autrui
qui pourrais savoir la prière et la sainteté si les cloches
sonnaient à l’heure dite
(Guy Lévis Mano)
Illustration: Martin Jarrie
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Eté précoce
L’aube extrait des ténèbres
Une soudaine clarté
Le jour éclot
Sur la tige du matin
Pétales et heures
Secouent les cloches
De la rosée
En un joyeux carillon
De renouveau
Le soleil hâtif
D’un été pressé
Met l’émoi dans le jardin
Sur des ailes de chaleur
L’été plane
Et les fleurs me jouent
Une partition de parfums.
(Jean-Baptiste Besnard)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2013

Non, mes heures idéales
ne tiennent pas — non ! —
en mon jour matériel !
Non ! il ne m’est pas possible
de couper la rose de feu,
de la réduire aux limites
que fixe l’implacable horloge !
Si ma vie toute entière
n’est rien d’autre qu’une heure ;
et si seule l’éternité
pouvait être mon soir ou mon matin !
***
¡No, si no caben mis horas
ideales en las horas
de mi día material!
¡Si no es posible que corte
la rosa de fuego, hasta
dejarla justa en los límites
que le da el reló implacable!
¡Si mi vida enteras es
sólo una hora; y tan sólo
podría la eternidad
ser mi mañana o mi tarde!
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Kristoffer Zetterstrand
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Publié par arbrealettres le 25 avril 2013

C’est peu que ces dix années
Au cours de ta vie en fleur:
Les siècles te sont donnés;
Nous n’avons que des heures.
C’est peu; et c’est toute la fleur,
Pourtant, de ma vie éphémère;
La fleur est fanée et j’ai peur,
Car le fruit de la vie est amer.
Tes roses refleurissent aux portes
Quand Mai s’en revient et rit;
La fleur de ma vie est morte;
Et quel est le fruit de ma vie?
(Francis Vielé-Griffin)
Illustration: Alphonse Mucha
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Publié par arbrealettres le 13 avril 2013

Tu crois au marc de café,
Aux présages, aux grands jeux :
Moi je ne crois qu’en tes grands yeux.
Tu crois aux contes de fées,
Aux jours néfastes, aux songes.
Moi je ne crois qu’en tes mensonges.
Tu crois en un vague Dieu,
En quelque saint spécial,
En tel Ave contre tel mal.
Je ne crois qu’aux heures bleues
Et roses que tu m’épanches
Dans la volupté des nuits blanches !
Et si profonde est ma foi
Envers tout ce que je crois
Que je ne vis plus que pour toi.
(Paul Verlaine)
Illustration: Guy Baron
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Publié par arbrealettres le 10 avril 2013

Matin d’Octobre
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. Ou peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées :
Mais ce n’est pas l’hiver encor.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.
(François Coppée)
Illustration: François Malespine
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Publié par arbrealettres le 31 mars 2013

L’heure exacte
A Valentine Hugo.
L’heure exacte marque la rage
Aux dents de singe
Vingt-quatre couchera de soleil
Sur un horizon ridicule
Vingt-quatre couchers de province
Aux joues exquises
Ont fini de délibérer
Et mille lieues de fuite à débrider
Rayon maigre innocent
Et la spirale de lanières qui s’écroule
Au seuil des plaies au seuil du baume
Mal funèbre mal d’encre
Caché par des doigts purs
La glaise de l’automne alourdit le feuillage
Le cheval arrivé ne dépassera pas
La corde pour se pendre
L’horloge enfarinée dit l’heure du départ
Mais elle est arrêtée.
(Paul Eluard)
Illustration: Valentine Hugo
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Publié par arbrealettres le 28 mars 2013
les moineaux aussi sont à l’heure
pour la sortie matinale
de l’effigie du Bouddha
(Issa)
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Publié par arbrealettres le 23 mars 2013
Si je suis mort sans l’avoir su,
à qui vais-je demander l’heure ?
Où donc, en France, le printemps
puise-t-il tant et tant de feuilles ?
Où un aveugle peut-il vivre,
harcelé par un vol d’abeilles ?
Si le jaune un jour disparaît,
avec quoi ferons-nous le pain ?
(Pablo Neruda)
Illustration
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