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Poésie

Articles Tagués ‘homme’

L’homme pleure (Xavier Forneret)

Publié par arbrealettres le 16 juin 2013



 

Alvaro Zardoni 0

L’homme pleure,
Et s’endort
Comme l’heure
Pour un mort ;

Comme étoile
En la nuit,
Est sans voile
Après bruit. -

L’oiseau chante
Avec feu
Son amante,
Son bon Dieu.

Et l’eau coule
Doucement,
Se déroule
Vaguement.

Et la lune
En chemin,
La fortune
Du chagrin,

Nous fait face,
Va au cœur ;
C’est la glace
Du penseur. -

La nature
En soupirs
Ne murmure
Que désirs.

Toi, mon âme,
Que veux-tu ? -
Une femme
La vertu ?

Rien. Je n’ose
Désirer
Cette chose, -
DÉTERRER.

(Xavier Forneret)

Illustration: Alvaro Zardoni

 

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Traversant le terrain de football (Jack Kerouac)

Publié par arbrealettres le 15 juin 2013



Traversant le terrain de football,
de retour du travail,
L’homme d’affaires solitaire

***

Crossing the football field,
coming home from work,
The lonely businessman

(Jack Kerouac)

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Mère (Guillevic)

Publié par arbrealettres le 15 juin 2013


Mère aux larmes brûlantes,

l’homme fut chassé de vous

De vos tendres ténèbres,

De votre chambre de muqueuses.

(Guillevic)

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Les uns et les autres (Jean Follain)

Publié par arbrealettres le 14 juin 2013


 

Loin du souci des histoires de femmes
l’égalité d’un soir a parfois réuni
les derniers jardinets sur la route incurvée
le profil d’un homme à mains ouvertes
et l’animal sincère
en toutes ses journées
mais d’autres restés en proie
aux plus vieilles douleurs
serrent leurs poings autour des candélabres
éclairent le visage d’un hôte imaginaire
et cherchent en pleine nuit
le visage d’amour.

(Jean Follain)

Illustration

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Le Luxembourg (Marceline Desbordes-Valmore)

Publié par arbrealettres le 11 juin 2013



 

Le Luxembourg

À Béranger.

Jardin si beau devenu sombre,
Tes fleurs attristent ma raison,
Qui, semblable au ramier dans l’ombre,
S’abat au toit de ta prison.
Mais à rêver j’ai passé l’heure ;
Vous qui nous épiez d’en bas,
Ce n’est qu’un pauvre oiseau qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

Au pied des barreaux formidables
Qui voilent des parents perdus,
Comme en des songes lamentables,
De longs sanglots sont entendus.
Grâce aux sanglots qui bravent l’heure !
Vous qu’ils ont irrité là-bas,
Ce n’est qu’un faible enfant qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

Partout les lampes sont éteintes,
Les bruits des verroux et des fers
Sont étouffés comme les plaintes
De ces silencieux enfers.
Plus morne et plus lente que l’heure,
A genoux, qui donc est là-bas ?
Ce n’est qu’une femme qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

Sous l’oeil rouge du réverbère,
Quel est cet objet palpitant,
Près du guichet mordant la terre,
D’âme et de pitié haletant,
Sourd au cri de l’homme et de l’heure ? …
Vous qui le menacez d’en bas,
Ce n’est qu’un pauvre chien qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

Paix ! Voici qu’on ouvre une porte :
C’est la mort traînant ses couleurs,
Et l’humble bière qu’on emporte,
Brise en passant de pâles fleurs.
Quand du rebelle a frappé l’heure,
Qui donc ose bénir tout bas ?
Ce n’est qu’un vieux prêtre qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration

 

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Un homme, il est mort (Jorge Luis Borges)

Publié par arbrealettres le 10 juin 2013



 

Un homme, il est mort.
Sa barbe ne le sait pas.
Ses ongles s’allongent.

(Jorge Luis Borges)

Illustration

 

 

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L’épreuve (Jorge Luis Borges)

Publié par arbrealettres le 10 juin 2013



 

L’épreuve

De l’autre côté de la porte un homme
laisse tomber sa corruption. En vain
fera-t-il cette nuit une prière
à son étrange dieu, trois, deux en un,
pensera être immortel. À présent
il entend la prophétie de sa mort
et se sait un animal raisonnable.
Frère, tu es cet homme. Rendons grâce
à la vermine et à l’oubli.

(Jorge Luis Borges)

Illustration: Misha Gordin

 

 

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James Joyce (Jorge Luis Borges)

Publié par arbrealettres le 10 juin 2013


 


 

James Joyce

Dans un jour de l’homme sont réunis
les jours du temps, depuis l’inconcevable
jour initial où un Dieu effroyable
fixa d’avance jours et agonies,
jusqu’au jour où le fleuve omniprésent
du temps humain revivra sa naissance,
l’Éternel, et mourra dans le présent,
l’hier, le futur, et dans mon existence.
Entre l’aube et la mort, il y a l’histoire
universelle de la nuit, je peux
voir à mes pieds les chemins de l’Hébreu,
Carthage annihilée, Enfer et Gloire.
Accorde-moi, seigneur, joie, force, amour,
pour affronter la cime de ce jour.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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C’est plus près et plus loin que cela (Walt Whitman)

Publié par arbrealettres le 10 juin 2013



Toute architecture est ce que vous faites d’elle quand vous la regardez,
(Pensiez-vous que le monument était dans la pierre blanche ou grise ?
Y était-elle la ligne des voûtes et des corniches ?)

Toute musique est ce qui s’éveille en vous quand les instruments vous le rappellent,
Ce ne sont ni les violons, ni les cornets, ni les hautbois
ou les tambours battants, le solo du baryton filant sa romance
ou la partie du choeur des hommes ni celle du choeur des femmes,
C’est plus près et plus loin que cela.

(Walt Whitman)

 

 

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Amour (Guillevic)

Publié par arbrealettres le 3 juin 2013


Un homme
Est devenu jaloux des murs,
Et puis, têtu, c’est des racines
Qu’il ne peut plus se démêler.

Il assoit à l’écart
Un corps habitué,

Exclut les portes,
Exclut le temps,
Voit dans le noir

Et dit: amour.

(Guillevic)

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