Arbrealettres

Poésie

Articles Tagués ‘infatigable’

Combien a-t-on fait aux fleurs d’étranges confidences (Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013



Combien a-t-on fait aux fleurs
d’étranges confidences,
pour que cette fine balance
nous dise le poids de l’ardeur.

Les astres sont tous confus
qu’à nos chagrins ont les mêle.
Et du plus fort au plus frêle
nul ne supporte plus

notre humeur variable,
nos révoltes, nos cris -,
sauf l’infatigable table
et le lit (table évanouie).

(Rilke)

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PROLOGUE (Paul Verlaine)

Publié par arbrealettres le 19 novembre 2012



 

PROLOGUE

L’AMOUR est infatigable !
Il est ardent comme un diable,
Comme un ange il est aimable.

L’amant est impitoyable,
Il est méchant comme un diable,
Comme un ange, redoutable.

Il va rôdant comme un loup
Autour du coeur de beaucoup
Et s’élance tout à coup

Poussant un sombre hou-hou !
Soudain le voilà roucou-
Lant ramier gonflant son cou.

Puis que de métamorphoses !
Lèvres rouges, joues roses,
Moues gaies, ris moroses,

Et, pour finir, moulte chose
Blanche et noire, effet et cause;
Le lys droit, la rose éclose…

(Paul Verlaine)

 

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MARCHAND DE SANG (Philippe Soupault)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2012



 

MARCHAND DE SANG

Marchand de sang coeur infatigable
que tu es lourd mon ami
ennemi vigilant insatiable
au fond d’un puits au fond de moi
mécanique ou dentelle du soir
que tu es lent et méthodique
nuit et jour soir et matin
coeur souvenir qui se souvient

coeur sans prénom coeur doux
flamme bleue que l’alcool rêve
et qui bat pour un galop
coeur incroyable impardonnable
coeur fou coeur sourd et vulnérable

(Philippe Soupault)

 

 

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Les cigales infatigables (Henri-Frédéric Blanc)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2012



Les cigales infatigables scient le silence
de peur de finir dévorées
par le grand méchant Rien

(Henri-Frédéric Blanc)

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Errant asile (Octavio Paz)

Publié par arbrealettres le 5 août 2011




Le vent se délie et rassemble le feuillage,
la nation des nuages se disperse.

Fragile est le réel et inconstant;
et aussi, sa loi le changement, infatigable :

tourne la roue des apparences
sur l’axe du temps, sa fixité.

La lumière dessine tout et tout enflamme,
elle plante dans la mer des poignards qui sont des torches,

elle fait du monde un bûcher de reflets :
nous autres ne sommes que moutonnements.

Elle n’est pas la lumière de Plotin, mais lumière terrestre,
lumière d’ici, mais lumière intelligente.

Elle me réconcilie avec mon exil :
patrie est sa vacuité, errant asile.

(Octavio Paz)

 

 

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