Arbrealettres

Poésie

Articles Tagués ‘inquiet’

Maussaderie (Charles Cros)

Publié par arbrealettres le 22 mai 2013



Carlo Carra_05
 

Maussaderie

A notre époque froide, on ne fait plus l’amour.
Loin des bois endormeurs et loin des femmes nues
Les pauvres vont, cherchant ces sommes inconnues
Que cachent les banquiers, inquiets nuit et jour.

C’était bien bon l’odeur des pains sortant du four,
C’était bien beau, dans l’ouest, l’éclat doré des nues,
Quand les brumes d’automne étaient déjà venues,
Alors qu’on ramenait les boeufs las du labour !

Les aspirations n’étaient pas étouffées,
Et dans la ville heureuse on voyait des trophées,
On entendait sonner la victoire au tambour.

On rêvait d’or, d’azur, de fêtes à la cour,
Et du prince Charmant, filleul des belles fées.
A notre époque froide, on ne fait plus l’amour !

(Charles Cros)

Illustration: Carlo Carra

Publié dans méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Commentaires »

Nous avons confié l’amour à la terre (Emmelie Prophète)

Publié par arbrealettres le 4 mai 2013



 

Rigaud Benoit  Damballah-Wedo-and-his-Consort-ca.1967

Nous avons confié l’amour à la terre,
Extrait de l’arbre le secret de sa fleur,
Une mère terrible éparpillée
Dans le souvenir de son sang,
Un territoire mêlé dans le jeu inquiet
Des regards qui se manquent.
Notre ressemblance est un
Accident renouvelé.

(Emmelie Prophète)

Illustration: Rigaud Benoit

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Pourquoi (Ki no Tomonori)

Publié par arbrealettres le 2 mai 2013



Pourquoi

Aux jours du printemps,
Où est si beau l’éclat
Du ciel éternel,
D’un coeur inquiet
Pourquoi les fleurs de détachent-elles?

(Ki no Tomonori)


Illustration: Hokusaï

Publié dans haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

En chemin (Léon Dierx)

Publié par arbrealettres le 9 avril 2013



 

Euan MacLeod

En chemin

Les dieux sont muets, et la vie est triste.
Pour nous mordre au cœur, les crocs hérissés,
Un noir lévrier nous suit à la piste.
Sur les fronts pâlis, sous les yeux baissés,
Dans les carrefours que la foule obstrue,
Parmi les chansons, les bruits de la rue,
Dans les yeux éteints, sur les fronts penchés,
Je cherche et je trouve une angoisse affreuse,
Un doute, un souci vainement cachés,
Un vieux souvenir qui monte et qui creuse ;
Et je vais ainsi, trésorier des pleurs,
En chemin quêtant soupirs et douleurs.
Ô passants ! vous tous qu’un regret harcèle,
Que ronge un tourment, remords ou désir,
Vous que brûle encor la chaude étincelle
Du songe enflammé qu’on n’a pu saisir ;
Le destin commun avec vous m’emmène :
Inconnus, salut dans la vie humaine !
Vous tous qui passez près de moi sans fin,
Inquiets, furtifs, le long des murailles,
Ames, cœurs, esprits, corps, emplis de faim,
Quel que soit le mal qui tord vos entrailles,
Vous versez en moi, trésorier du fiel,
Un regard profond, dédaigné du ciel.
Au nom du poète ivre d’amertumes,
Confident discret qui de 1′oei1 vous suit ;
Au nom du passé perdu dans les brumes ;
Au nom du silence ! au nom de la nuit !
Dans la vie humaine où je vous salue,
Au nom de tout rêve en qui l’ombre afflue,
Au nom de demain, au nom de toujours,
Je dis à chacun d’entre vous qui passe :
« Au revoir, ailleurs, plus loin, dans l’espace,
Sous un ciel muet peuplé de dieux sourds ! »

(Léon Dierx)

Illustration: Euan MacLeod

 

Publié dans méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Premier avertissement (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 5 avril 2013



 

Premier avertissement

Que nous importe, en vérité,
Que tout se transforme en poussière,
Sur combien d’abîmes j’ai chanté,
Dans combien de miroirs j’ai vécu?
Ce n’est pas un rêve, soit, ni un réconfort,
C’est tout sauf un bienfait du ciel,
Il se peut que tu sois obligé
De te rappeler plus qu’il n’est nécessaire.
Le grondement des poèmes qui se taisent,
L’oeil qui se cache dans les profondeurs,
Cette couronne de barbelés rouillés
Au milieu d’un silence inquiet.

(Anna Akhmatova)

 

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Il était jaloux, inquiet et tendre (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 5 avril 2013



Il était jaloux, inquiet et tendre,
Comme le soleil du bon Dieu il m’aimait,
Mais pour que son chant oublie le passé,
Il a tué mon oiseau blanc.

Il a dit, en entrant au crépuscule dans ma chambre :
«Aime-moi, ris, écris des vers ! »
Et j’ai enterré l’oiseau joyeux
Derrière le puits rond, sous le vieil aulne.

Je lui ai promis de ne pas pleurer,
Mais mon coeur maintenant est une pierre,
Il me semble que toujours et partout
J’entendrai chanter la voix si douce.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Le petit lapin (Jeanne Marvig)

Publié par arbrealettres le 1 avril 2013



Dans le pré qui vers l’eau dévale,
Un lapin sauvage détale.
Un saut bref, un rapide élan,
Et montrant son panache blanc,
Il fuit vers la forêt prochaine.
Une touffe de marjolaine
L’arrête un peu. Faisant le guet,
Il entr’ouvre un œil inquiet,
Et, seule, son oreille bouge
Un bond brusque dans le foin rouge.
Et, n’entendant plus aucun bruit,
Le nez au vent, humant la nuit
Où déjà la lune se lève,
Assis sur son derrière, il rêve.

(Jeanne Marvig)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 12 Commentaires »

Le souffle (Jean-Baptiste Besnard)

Publié par arbrealettres le 17 février 2013



Le souffle

Un souffle passe
Près des maisons basses
Il rôde sans bruit
Quand vient la nuit

Il passe à pas feutrés
Et les gens calfeutrés
Sont très inquiets
Et restent muets

Dans un silence lourd
Afin que nul ne sorte
Il frappe sur la porte
Des coups violents et sourds

Il passe comme un mystère
Comme une voix sans paroles
Avec un air austère
Avec des rages folles.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

La question décisive (Armand Monjo)

Publié par arbrealettres le 1 janvier 2013



Qu’est-ce qui peut tenir
dans une main, plus lourd
qu’un sein de jeune fille
abandonné et confiant
comme la tête d’un petit enfant,
plus mystérieux qu’un regard,
plus frémissant, plus inquiet
qu’un oiseau?
Quand vous aurez trouvé
ce sera le bonheur.

(Armand Monjo)

Publié dans méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Commentaires »

Le ciel est sombre (Murasaki Shikibu)

Publié par arbrealettres le 28 décembre 2012



 

Adrian Chesterman 5388a

Le ciel est sombre
Et sous l’orage les vagues
S’élèvent.
Dans la barque qui vogue
Les esprits sont inquiets.

(Murasaki Shikibu)

Illustration: Adrian Chesterman

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 209 followers