Des monticules de têtes humaines s’étendent au loin,
Et moi, là-bas, je deviens si petit que j’échappe aux regards,
Mais dans les livres souriants, dans les jeux des enfants,
Je vais ressusciter pour dire que le soleil brille.
(Ossip Mandelstam)
Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Des monticules de têtes humaines s’étendent au loin,
Et moi, là-bas, je deviens si petit que j’échappe aux regards,
Mais dans les livres souriants, dans les jeux des enfants,
Je vais ressusciter pour dire que le soleil brille.
(Ossip Mandelstam)
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
L’alliance
Le jeu des distances
de l’arbre à la chaise
du soleil couchant
à la gloire de l’ortie
tu l’éprouves et le recomposes
comme si l’alliance était
de surprendre
un peu d’éternité.
(Christian Viguié)
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Publié par arbrealettres le 5 mai 2013
Rien de plus
Rien de plus
Rien de moins
Rien du tout
Trois fois rien
J’existe encore
Et pour longtemps
Longtemps à attendre
À rêver
À rêver du rêve
Rêve sans trêve
Rêve d’espérance
Histoire de vivre
Vivre sans trêve
Chaque jour
Renaît l’espoir
Puis il disparaît
Et vient l’après
L’après-qui-dure
L’après-qui-s’installe
Dans le jeu de l’après
Règne la permanence
La permanence du doute
Et du doute naît la raison
De la raison naît le choix
Choix du possible
Ou de l’impossible
Et se dédouble le je
Pour ne pas se prendre au jeu
Le jeu du hasard
Le hasard qui nous surpasse
Et qui se confond avec le sort
Le sort, incarnat du bon et/ou du mauvais
(Maggy De Coster)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2013
Nous avons confié l’amour à la terre,
Extrait de l’arbre le secret de sa fleur,
Une mère terrible éparpillée
Dans le souvenir de son sang,
Un territoire mêlé dans le jeu inquiet
Des regards qui se manquent.
Notre ressemblance est un
Accident renouvelé.
(Emmelie Prophète)
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Publié par arbrealettres le 24 avril 2013

Songe
Sur mes seins, mes mains endormies,
Lasses des jeux et des fuseaux,
Mes blanches mains, mes mains amies
Semblent dormir au fond des eaux.
Loin des peines tristes et vaines,
En ce trône de ma beauté,
Calmes, lentes et frêles reines,
Mes mains songent de royauté.
Et seule dans mes tresses blondes,
Et mes yeux clos comme jadis,
Je suis l’enfant qui tient des mondes,
Et la vierge qui tient des lys.
Sur mes seins, mes mains endormies,
Lasses des jeux et des fuseaux,
Mes blanches mains, mes mains amies
Semblent dormir au fond des eaux.
(Charles Van Lerberghe)
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Publié par arbrealettres le 17 avril 2013
Ambiguïté du témoin
Quelle est cette souffrance qui s’étale,
comme sur une tranche de ce pain doux amer
que l’enfant approche de ses lèvres,
sur l’indolence que l’âme atteint
entre bonheur et douleur?
L’absence ? Non. Entre les pôles qui s’opposent,
magique, une alliance naît,
une tension, en équilibre peut-être.
Ou est-ce la mort lente des illusions,
la risée des sons suggérés
au sein des faux pardons des hypocrites ?
Ou alors est-ce la présence du tiers
qui se reforme, de celui qui assista
plus pressé peut-être que distrait
à notre conversation qui
se perdait entre les silences
jonchés déjà de consensus suspendus
et le sourire des sens déjà en éveil.
Avant de s’éloigner, il mêla
le plus ambigu des sourires à ses regards
qu’allumait le désir. S’il est resté
quelque chose de ce feu, tandis qu’il
s’éloignait, dans une étrange mélancolie,
un tison crépitait dans les cendres.
Tel témoignage est alors une erreur
dans la tendre incohérence de Vénus
si l’espace objectif de ce « lui »
trop vite enfui alors, vide,
se remplit des ombres de ce jeu faussé
de celui qui, entre le « moi » et le « toi » triche sur l’oubli.
Étrange clapotis des ondes amères
ce colloque confond et le toi et le moi
où l’éloquence de l’être est un adieu.
(Piero Bigongiari)
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Publié par arbrealettres le 12 avril 2013
Morceau à quatre mains
Le salon s’ouvre sur le parc
Où les grands arbres, d’un vert sombre,
Unissent leurs rameaux en arc
Sur les gazons qu’ils baignent d’ombre.
Si je me retourne soudain
Dans le fauteuil où j’ai pris place,
Je revois encor le jardin
Qui se reflète dans la glace ;
Et je goûte l’amusement
D’avoir, à gauche comme à droite,
Deux parcs, pareils absolument,
Dans la porte et la glace étroite.
Par un jeu charmant du hasard,
Les deux jeunes soeurs, très exquises,
Pour jouer un peu de Mozart,
Au piano se sont assises.
Comme les deux parcs du décor,
Elles sont tout à fait pareilles ;
Les quatre mêmes bijoux d’or
Scintillent à leurs quatre oreilles.
J’examine autant que je veux,
Grâce aux yeux baissés sur les touches,
La même fleur sur leurs cheveux,
La même fleur sur leurs deux bouches ;
Et parfois, pour mieux regarder,
Beaucoup plus que pour mieux entendre,
Je me lève et viens m’accouder
Au piano de palissandre.
(François Coppée)
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Publié par arbrealettres le 10 avril 2013
La pluie a serré ma chanson dans ses bras
Le rêve se dilue
Les prénoms les envies
Goutte à goutte
Yeux délavés
Quête de mémoire
L’amour est un jeu précipité
Et muet
(Emmelie Prophète)
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Publié par arbrealettres le 3 avril 2013
A DES OISEAUX
A des oiseaux d’ailleurs à des roses nouvelles
Ma mie allez conter de la lèvre et du doigt
Quelles sont mes chansons et quel est mon patois
Quand je cause de vous au temps qui nous nivelle
Il est temps que vos mains et votre voix révèlent
A des roses d’ailleurs, aux oiseaux de ces bois
Caresses de mes mains et chansons de ma voix
Avant que la rumeur ou le vent ne s’en mêlent
Contez que vous aimez et si cela n’est point
Assez pour que les fleurs se fanent un peu moins
Et pour que les oiseaux viennent sur votre épaule
Dites-leur le secret des âmes qui se frôlent
Et les oiseaux iront dans les jeux du matin
Fêter la rose neuve et l’automne au jardin
(Gilles Vigneault)
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