Arbrealettres

Poésie

Articles Tagués ‘lampe’

Ste-Lydie (Pierre Albert-Birot)

Publié par arbrealettres le 17 juin 2013



Ste-Lydie

J’ai entrouvert les yeux
Et j’ai vu dans la lueur trouble de l’aube
Que ma table blanche de papiers
Etait toujours au milieu de la chambre
Mais je n’étais pas avec elle
Et la lampe était éteinte

(Pierre Albert-Birot)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Nul ne comprend ce que je tais (Bai Juyi)

Publié par arbrealettres le 16 juin 2013



Parfois tout un jour debout dans mon jardin
parfois jusqu’à l’aube assis devant ma lampe:
Nul ne comprend ce que je tais.
Par instants longuement je soupire.

(Bai Juyi)

Illustration: Le visiteur familier (Xu Gu)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , | 2 Commentaires »

Ecartant la lampe (Haku Kyo 1er)

Publié par arbrealettres le 15 juin 2013



Ecartant la lampe, nous l’admirons ensemble, la lune de minuit
Marchant sur les fleurs, nous le regrettons l’un et l’autre,
le vert printemps de nos années

(Haku Kyo 1er)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Rêve d’une femme (Marceline Desbordes-Valmore)

Publié par arbrealettres le 14 juin 2013



 

John Byam Liston Shaw  1

Rêve d’une femme

Veux-tu recommencer la vie ?
Femme, dont le front va pâlir,
Veux-tu l’enfance, encor suivie
D’anges enfants pour l’embellir ?
Veux-tu les baisers de ta mère
Echauffant tes jours au berceau ?
- "Quoi ? mon doux Eden éphémère ?
Oh ! oui, mon Dieu ! c’était si beau !"

Sous la paternelle puissance
Veux-tu reprendre un calme essor ?
Et dans des parfums d’innocence
Laisser épanouir ton sort ?
Veux-tu remonter le bel âge,
L’aile au vent comme un jeune oiseau ?
- "Pourvu qu’il dure davantage,
Oh ! oui, mon Dieu ! c’était si beau !"

Veux-tu rapprendre l’ignorance
Dans un livre à peine entr’ouvert :
Veux-tu ta plus vierge espérance,
Oublieuse aussi de l’hiver :
Tes frais chemins et tes colombes,
Les veux-tu jeunes comme toi ?
- "Si mes chemins n’ont plus de tombes,
Oh ! oui, mon Dieu ! rendez-les moi !"

Reprends-donc de ta destinée,
L’encens, la musique, les fleurs ?
Et reviens, d’année en année,
Au temps qui change tout en pleurs ;
Va retrouver l’amour, le même !
Lampe orageuse, allume-toi !
"- Retourner au monde où l’on aime…
O mon Sauveur ! éteignez-moi !"

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: John Byam Liston Shaw

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Le Luxembourg (Marceline Desbordes-Valmore)

Publié par arbrealettres le 11 juin 2013



 

Le Luxembourg

À Béranger.

Jardin si beau devenu sombre,
Tes fleurs attristent ma raison,
Qui, semblable au ramier dans l’ombre,
S’abat au toit de ta prison.
Mais à rêver j’ai passé l’heure ;
Vous qui nous épiez d’en bas,
Ce n’est qu’un pauvre oiseau qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

Au pied des barreaux formidables
Qui voilent des parents perdus,
Comme en des songes lamentables,
De longs sanglots sont entendus.
Grâce aux sanglots qui bravent l’heure !
Vous qu’ils ont irrité là-bas,
Ce n’est qu’un faible enfant qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

Partout les lampes sont éteintes,
Les bruits des verroux et des fers
Sont étouffés comme les plaintes
De ces silencieux enfers.
Plus morne et plus lente que l’heure,
A genoux, qui donc est là-bas ?
Ce n’est qu’une femme qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

Sous l’oeil rouge du réverbère,
Quel est cet objet palpitant,
Près du guichet mordant la terre,
D’âme et de pitié haletant,
Sourd au cri de l’homme et de l’heure ? …
Vous qui le menacez d’en bas,
Ce n’est qu’un pauvre chien qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

Paix ! Voici qu’on ouvre une porte :
C’est la mort traînant ses couleurs,
Et l’humble bière qu’on emporte,
Brise en passant de pâles fleurs.
Quand du rebelle a frappé l’heure,
Qui donc ose bénir tout bas ?
Ce n’est qu’un vieux prêtre qui pleure :
Sentinelle ! Ne tirez pas !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration

 

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Comme ils désirent fermer les rideaux parfumés (Liu Yong)

Publié par arbrealettres le 6 juin 2013



Comme ils désirent fermer les rideaux parfumés
Pour se parler d’amour, l’un contre l’autre serrés!
Elle fronce les sourcils, déjà chagrinée de la brièveté de la nuit.
Que son jeune amant se couche le premier,
Qu’il réchauffe le lit, sous l’édredon aux canards mandarins !

Mais l’ouvrage en train est bien vite délaissé
Et la jupe de soie retirée,
Pour faire naître des désirs sans fin.
« Laisse la lampe allumée devant la courtine,
Que je puisse contempler à loisir,
Ce visage tant aimé. »

(Liu Yong)


Illustration: Rembrandt

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Les Poètes allument des Lampes – (Emily Dickinson)

Publié par arbrealettres le 4 juin 2013



Les Poètes allument des Lampes -
Eux-mêmes – s’éteignent -
Ils remontent les Mèches
Si la Clarté vitale
Perdure comme les Soleils -
Chaque Âge sera un Verre
Qui diffusera leur
Halo de lumière -

***

The Poets light but Lamps -
Themselves – go out -
The Wicks they stimulate
If vital Light
Inhere as do the Suns -
Each Age a Lens
Disseminating their
Circumference -

(Emily Dickinson)

Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 2 Commentaires »

Je te vois mieux — dans la Nuit — (Emily Dickinson)

Publié par arbrealettres le 4 juin 2013



Je te vois mieux — dans la Nuit —
Nul besoin de Lumière —
Mon Amour pour Toi — est un Prisme —
Plus vif que le Violet —

Je te vois mieux avec les Ans
Qui dressent leur monticule —
Brille — la Lampe du Mineur —
Et la Mine s’annule —

Mieux que partout je Te vois — dans la Tombe —
Ses Panneaux étroits
S’illuminent — Tout vermeils — de la Lampe
Que je tins si haut, pour Toi —

Qu’ont-ils besoin de Jour —
Ceux dont la Nuit — possède — un Soleil si splendide —
Qu’il s’estime être — Sans cesse -
À son Zénith?

***

I see thee better — in the Dark —
I do not need a Light —
The Love of Thee — a Prism be —
Excelling Violet —

I see thee better for the Years
That hunch themselves between —
The Miner’s Lamp — sufficient be —
To nullify the Mine —

And in the Grave — I see Thee best —
It’s little Panels be
Aglow —All ruddy — with the Light
I held so high, for Thee —

What need of Day —
To Those whose Dark — hath so — surpassing Sun —
It deem it be — Continually —
At the Meridian ?

(Emily Dickinson)

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Lueurs, sans formes (Jacques Ancet)

Publié par arbrealettres le 25 mai 2013



Lueurs, sans formes.
Les choses tombent,
comme aspirées
- table, lampe, fauteuil, lit -,
perdent leur nom.
Halo, vapeur.
Vallée sans bords.

(Jacques Ancet)


Illustration: Corrie White

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Poster un commentaire »

Nocturne (Jules Laforgue)

Publié par arbrealettres le 24 mai 2013



Nocturne

Je songe au vieux Soleil un jour agonisant,
Je halète, j’ai peur, pressant du doigt ma tempe,

En face, pourtant trois jeunes filles, causant,
Brodent à la clarté paisible de la lampe.

(Jules Laforgue)


Illustration

Publié dans poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 2 Commentaires »

 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 217 followers