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Poésie

Articles Tagués ‘lèvres’

Retouche au contre-jour (Daniel Boulanger)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Retouche au contre-jour

un fiacre dépose le soleil
au pied de la mer immobile
des gants de fine peau jouent les oiseaux
sous des arbres à moustache de chat

un rire vide le fond du ciel
il reste une marque de lèvres

l’âme se rappelle sa naissance difficile
la césarienne du premier chagrin

(Daniel Boulanger)

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Le laboureur du soleil (Tahar Bekri)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013




Le laboureur du soleil

J’ai pris
tes cheveux un à un
j’ai tissé une barque

Dans la brise de tes yeux
j’ai navigué vers les îles
aux tulipes bleues

Il neigeait
sur les coquelicots
de tes lèvres

Triste
était l’enfant
qui avait faim

Il pleuvait
des étoiles
sur le toit de mon coeur

J’ai pris
ta main de lune
et j’ai fait un pain

(Tahar Bekri)

 

 

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Dérive en rouge (Kettly Mars)

Publié par arbrealettres le 7 mai 2013



Bogdan Prystrom 538 

Dérive en rouge

Parce que chaque mot cache une fin du monde
et que l’ombre rend plus vive la lumière
la vie belle de sa blessure rouge
flamboie de tristesses éparpillées
Un rouge exubérant à en mourir
un rouge à aimer sans prendre souffle
à boire comme un merveilleux poison

Le rouge de mon amour me brûle si fort
Le flamboyant rouge au silence violent
feu de joie ou sacrifice sanglant
le flamboyant carnivore suce le sang de l’été
mon coeur en fait autant, j’en suis maculée
Nous sommes comme des amants voraces

Qui me dira qu’il n’est pas beau de pleurer
qui me dira de me livrer dans l’instant vermeil
et pourquoi le sang tenace de l’été renaît
dans l’orgasme du flamboyant

Un pétale deux pétales trois pétales
rouge sang rouge vulve rouge Ogou
Tu dérives ma fille, tu dérives et t’emmêles
point de garde fou dans la saison du flamboyant
La passion est rouge, rouge et mouvante
elle exulte au coeur de l’été en chute libre

Et mon désir sans aucune honte me colle au corps
omniprésent omnivore affamé d’instants multicolores
Le rouge flamboyant dans mes veines réclame son dû
comme les lèvres dévorantes d’un été scandaleux

(Kettly Mars)

Illustration: Bogdan Prystrom

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Emiette-la sur tes lèvres (Adonis)

Publié par arbrealettres le 6 mai 2013



Hier lors de notre rencontre
Je libérais mon âme de la nuit de ses chaînes.
J’apprenais à ses cils
Comment te regarder

Regarde-la voilà qui coule entre nous
La nommerais-tu vague?
La nommerais-tu rose? Prends-la
Emiette-la sur tes lèvres.

(Adonis)

Illustration

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Poète d’été poète d’automne (Marie-Laurette Destin)

Publié par arbrealettres le 5 mai 2013



Brad Kunkle The-Search_web 

Poète d’été poète d’automne
Soleil de mes moments de défaillance
A l’ombre de tes lèvres
Je masque mes douleurs
Masque de tes poésies
De tes poésies d’amour
De tes poésies de fin du monde
De ton négro spiritual
Poète d’été poète d’automne
Je remâche constamment tes mots
Tes mots désespérés
T’ont libéré enfin
Les poils de ton corps sont
Une forêt sauvage
Tes baisers sur mes yeux sont les quatre saisons
Le jour où tu seras oiseau
Je te volerai dans ta cage

(Marie-Laurette Destin)

Illustration: Brad Kunkle

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Ah mon rire (Janine Tavernier)

Publié par arbrealettres le 5 mai 2013



 

Ah mon rire
mon rire gigantesque
mon rire silencieux
mon rire emprisonné derrière mes lèvres
ah ah mon rire
emmuré dans son linceul de glace
je t’entends rugir en moi comme un fauve
je te sens qui ballottes en moi
sur le remous tourmenté de ma colère
ah ah ah mon rire
je t’écoute et j’ai peur
mon rire qui n’es pas à moi
mon rire étranger à ma vie
mon rire que les forces de l’inconscient
projettent sur l’écran fragile de ma sensibilité
je te crains plus que mourir
je te crains plus que vivre
ah ah ah ah mon rire
quand tu briseras tes liens
et que hors de moi tu t’enfuyeras
dans l’explosion de tes accords déchaînés
que vas-tu prendre à ma vie t’en iras-tu seul
vers les sphères abolies d’où l’on ne revient pas
J’ai plongé mes deux mains au-delà du présent
et j’ai cueilli la joie qui m’était refusée
Mon désespoir était debout enveloppant ma gauche
coulée de glace tournant avec mon sang
mon désespoir était debout avec sa chevelure noire
et ses voiles noirs éclaboussés de son ombre
et le regard mort de ses yeux sur des nuits sans limite
Mais j’ai cueilli la joie qui m’était refusée
Une joie douce et vraie comme un sourire d’enfant
comme un soupir d’oiseau dans l’aube silencieuse
comme un baiser d’ami posé au bord des cils
et par la seule splendeur d’une joie opaline
prise à la certitude des bonheurs à venir
mon désespoir s’est irisé de mille reflets d’azur

(Janine Tavernier)

Illustration

 

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Les oiseaux du désert (Jacqueline Beaugé-Rosier)

Publié par arbrealettres le 5 mai 2013



Arbre-Désert-Oiseaux 8 

Les oiseaux du désert

les oiseaux du désert ont goûté dans mes mains
et mon rêve défunt
s’effrite entre mes doigts

encore j’aurais voulu pour le sel de ce rêve
chanter tes yeux d’oiseau
la vie m’a refusé cette joie ce bonheur

pour naître à ton soleil et manger à la table
où s’accoude mon coeur
et je n’aurai d’autres yeux d’autres mains
d’autres lèvres que les tiens mon amour

or ton absence saigne sur mon âme blessée
en vain je fuis les ombres qui me cachent ta vue
de moi la vie s’épuise à ne rien dire ou taire
mon amour qui voulus me donner ton soleil

(Jacqueline Beaugé-Rosier)

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L’air autour de tes lèvres (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

L’air
Autour de tes lèvres
Est léger

Tant il y flottent peu
De mots

A peine
Comme un ou deux
Cheveux
Laissés sur l’oreiller

Puis sur la baignoire

Qui disent combien
Tu étais nue

Détendue en ce bain
Où nos baisers
Faisaient des bulles

Je pense à ta bouche
Sur ma peau
Chaque fois que dans

Le parc sous la neige
Je vois traverser
L’écureuil

Qui vient pour jouer
Avec moi
Quand je rentre seul

(Werner Lambersy)

Illustration: Drew Darcy

 

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Avec un couteau (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 2 mai 2013



 

Granger   knife-duel-1865

Voisines : avec un couteau,
Avec un tout petit couteau,
Au jour dit, entre deux et trois heures,
Deux hommes se tuèrent pour un amour,
Avec un couteau,
Avec un tout petit couteau
Qui tient à peine dans la main,
Mais qui pénètre, aigu et fin,
Dans les chairs étonnées
Et qui s’arrête à l’endroit même
Où tremble dans sa broussaille
L’obscure racine du cri.
Voici un couteau,
Un tout petit couteau
Qui tient à peine dans la main;
Poisson sans écailles et sans fleuve,
Pour qu’au jour dit, entre deux et trois heures,
Avec ce couteau,
Deux hommes durs soient demeurés
Les lèvres à jamais jaunies.
Il tient à peine dans la main
Mais son froid pénètre
Dans les chairs étonnées
Et il s’arrête à l’endroit même
Où tremble dans sa broussaille
L’obscure racine du cri.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration

 

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SUICIDE (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 24 avril 2013



 

Nicholas Chistiakov  midday suicide

SUICIDE
(Peut-être parce que tu ne savais pas la géométrie)

L’adolescent ne se connaissait plus,
il était dix heures du matin.

Son coeur lentement s’emplissait
d’ailes brisées et de fleurs de chiffon.

Il nota qu’il ne lui restait
sur les lèvres qu’une parole.

Comme il ôtait ses gants, il tomba
de ses mains une cendre fine.

Du balcon se voyait une tour
il se sentit balcon et tour.

Il vit pour sûr le regarder
la montre captive en son boîtier.

Et son ombre étendue en paix
sur le divan de blanche soie.

Et le garçon, géométrique et roide,
d’un coup de hache brisa le miroir

Cependant qu’un grand jet d’ombre
inondait la chimérique alcôve.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Nicholas Chistiakov

 

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