Articles Tagués ‘liberté’
Publié par arbrealettres le 17 mai 2013

FERMOIR
Tableau transformable
au mobile écran
le prisme des fables
sert les quatre sens ;
l’espace qui bouge
en ta profondeur
filiforme touche
l’esprit créateur
violet et rouge
métamorphoseur,
tout se multiplie
silhouette, l’art,
son et poésie,
le ciel qu’on déplie,
retour et départ :
à chacun son rêve,
oeuvre, liberté
de tout transposer ;
la vie est trop brève,
il faut l’inventer.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Ettore Aldo Del Vigo
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

C’est là ma vie, celle d’en haut,
celle de la brise pure,
celle de l’oiseau ultime,
celle des cimes d’or de l’obscur !
C’est là ma liberté, humer la rose,
briser l’eau froide de ma main folle,
dénuder l’allée d’arbres,
dérober au soleil sa lumière éternelle !
***
¡Ésta es mi vida, la de arriba,
la de la pura brisa,
la del pájaro último,
la de las cimas de oro de lo oscuro!
¡Esta es mi libertad, oler la rosa,
cortar el agua fría con mi mano loca,
desnudar la arboleda,
cojerle al sol su luz eterna!
(Juan Ramón Jiménez)
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Publié par arbrealettres le 26 avril 2013

S’il faut rendre compte
Des beautés du monde,
On n’oubliera pas
Les moulins à vent
Que le vent détraque
Et qui nous oublient
Pour le vent, l’aurore et la liberté.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 5 avril 2013

Comme l’ange qui agitait l’eau,
Tu m’as regardée au visage,
Tu m’as rendu force et liberté,
En souvenir de la merveille tu as pris ma bague.
Ma rougeur brûlante, maladive,
Un chagrin pieux l’a effacée;
Je me rappellerai ce mois de tempêtes,
Ce février du nord, tout bouleversé.
(Anna Akhmatova)
Illustration: Adolphe La Lyre
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Publié par arbrealettres le 4 avril 2013

COMMENT PEUX-TU
Comment peux-tu t’enfermer
Dans l’insignifiance
A étendre la solitude infinie
Dans une poitrine
Un coeur qui lance des étincelles
Tu as soif, tu as froid
Tu as une faim de souffrance
Qui nourrisse la tienne
Je ne puis porter aucune, ombre
Marcher nu
Parmi les fantômes
Image confuse — vaisseau perdu
Qui surprend les vents
Je cherche un soleil
Un visage effacé
Dans toutes les nuits
Je ne puis me rappeler
En portant top terrible amour
Comment un ciel antérieur
S’ouvre sur l’abîme
Des oiseaux et de la mer
Comment les anges se brisent
Au contact de l’immense liberté
(Georges Themelis)
Illustration: Adam Tan
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Themelis), abîme, amour, ange, étendre, étincelle, chercher, coeur, comment, confuse, faim, fantôme, froid, immense, insignifiance, liberté, mer, nourrir, nu, oiseau, poitrine, porter, s'enfermer, s'ouvrir, se briser, se rappeler, soif, soleil, solitude, souffrance, terrible, vaisseau | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 mars 2013
Elle est vaine la parole et ne nous aide pas
Quand pour combler nos coeurs nous voudrions
Le liquide vertige des touches,
L’écheveau des archets,
Les chasses à courre des cuivres.
Ô misérable parole, lourde
De sens définis,
Close à la liberté, serve de l’enfer.
La parole signifie. Et c’est là
Qu’est sa mort. —
Couper des cordes du destin
Notre vraie dignité céleste,
Retrouver le tonnerre qui décline
Notre terrestre humanité,
Rejeter le fardeau qui nous pèse
Et la peur de l’ombre,
Ne rien signifier, ne rien dire,
Tel est sans doute l’acte d’amour suprême.
***
È vana la parola e non ci assiste
Quando, a colmare il cuor nostro, vorremmo
La liquida vertigine dei tasti,
Le matasse degli archi,
Le cacce degli ottoni.
Oh misera parola, grave
Di definite significazioni,
Negata a libertà, d’inferno schiava.
La parola significa. E ben questa
E la sua morte -
Scindere dalle corde del destino
La nostra vera dignità celeste
E ritrovare il tuono che declina
La nostra umanità terrestre,
Scaricare la soma che ci ingombra
E il terrore dell’ombra,
Nulla significare, nulla dire
Tale forse il supremo atto d’amore.
(Tommaso Landolfi)
Illustration: Gilbert Garcin
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Publié par arbrealettres le 6 mars 2013
Poème avec cycliste
Le cycliste, ici
dans la forêt, n’est pas
ni. Il roule, toujours
plus vite, file à toute allure, dépasse
le vent, le commencement, son propre
arrêt cardiaque, la poste, la liberté, la
lumière. À la vitesse qu’il
vient d’atteindre, il
est à peine encore visible. Il incarne
notre conviction, qui
ne peut plus toujours
se permettre les deux : le poursuivi
et le poursuivant. Il est
aussi bien que. Nous sommes
fiers de lui. Nous parions
sur sa victoire.
***
Gedicht mit Radfahrer
Der Radfahrer, hier
im Wald, er ist weder
noch. Er radelt, immer
schneller, er rast davon, überholt
den Wind, den Anfang, den eignen
Herzinfarkt, die Post, die Freiheit, das
Licht. In der Geschwindigkeit, die
er inzwischen erreicht hat, ist
er kaum noch sichtbar. Er verkörpert
unsre Überzeugung, die sich
nicht mehr immer und ewig
beides leisten kann, Verfolgten
und Verfolger. Er ist
sowohl als auch. Wir sind
stolz auf ihn. Wir setzen
auf seinen Sieg.
(Franz Hodjak)
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Publié par arbrealettres le 28 février 2013

RANCŒUR LASSE
Malgré sa folle trahison
N’est-elle pas encor la même ?
La fierté n’est plus de saison.
Je l’aime.
*
Je sais qu’elle reste, malgré
D’impurs contacts, vierge éternelle,
Qu’aucun venin n’a pénétré
En elle,
Marbre trop charnel qui subit
Toutes souillures, mais les brave ;
Puisque la pluie, en une nuit,
Le lave.
*
Même au temps des premiers regards,
Je la savais vaine et perverse.
Mais l’âme aux menaçants hasards
Se berce.
Fermant les yeux, je me livrais
À sa suavité malsaine,
Pensant bien que j’en porterais
La peine.
*
Mordu, mourant, d’avoir serré
Sur ma poitrine la panthère,
J’en veux rester fier, et saurai
Me taire.
*
Ce mois d’avril, je veux bannir
De mon coeur les rêves moroses.
Je veux orner son souvenir
De roses.
*
Et je reprends la liberté
D’adorer sa grâce suprême.
Tel que j’étais je suis resté.
Je l’aime.
(Charles Cros)
Illustration: Alexander Sulimov
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Publié par arbrealettres le 19 février 2013

LIBERTÉ
J’extrais l’irréel
Du champ
De toute matière
Je plante le réel
Au coeur
Des utopies
Je conjugue
Liberté
Sur nos terres
Engourdies.
(Andrée Chedid)
Illustration: Michèle Bombamo
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Publié par arbrealettres le 19 février 2013
Liberté
J’extrais l’irréel
Du champ
De toute matière
Je plante le réel
Au coeur
Des utopies
Je conjugue
Liberté
Sur nos terres
Engourdies.
(Andrée Chedid)
Illustration
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COMMENT PEUX-TU (Georges Themelis)
Publié par arbrealettres le 4 avril 2013
COMMENT PEUX-TU
Comment peux-tu t’enfermer
Dans l’insignifiance
A étendre la solitude infinie
Dans une poitrine
Un coeur qui lance des étincelles
Tu as soif, tu as froid
Tu as une faim de souffrance
Qui nourrisse la tienne
Je ne puis porter aucune, ombre
Marcher nu
Parmi les fantômes
Image confuse — vaisseau perdu
Qui surprend les vents
Je cherche un soleil
Un visage effacé
Dans toutes les nuits
Je ne puis me rappeler
En portant top terrible amour
Comment un ciel antérieur
S’ouvre sur l’abîme
Des oiseaux et de la mer
Comment les anges se brisent
Au contact de l’immense liberté
(Georges Themelis)
Illustration: Adam Tan
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