Articles Tagués ‘lune’
Publié par arbrealettres le 24 mai 2013
Lunes en détresse
Vous voyez, la Lune chevauche
Les nuages noirs à tous crins,
Cependant que le vent embouche
Ses trente-six mille buccins!
Adieu, petits coeurs benjamins
Choyés comme Jésus en crèche,
Qui vous vantiez d’être orphelins
Pour avoir toute la brioche!
Partez dans le vent qui se fâche,
Sous la Lune sans lendemains,
Cherchez la pâtée et la niche
Et les douceurs d’un traversin.
Et vous, nuages à tous crins,
Rentrez ces profils de reproche,
C’est les trente-six mille buccins
Du vent qui m’ont rendu tout lâche.
D’autant que je ne suis pas riche,
Et que Ses yeux dans leurs écrins
Ont déjà fait de fortes brèches
Dans mon patrimoine enfantin.
Partez, partez, jusqu’au matin!
Ou, si ma misère vous touche,
Eh bien, cachez aux traversins
Vos têtes, naïves autruches,
Éternelles, chères embûches
Où la Chimère encor trébuche!
(Jules Laforgue)
Publié dans poésie | Tagué: (Jules Laforgue), autruche, éternelle, benjamin, brèche, brioche, buccin, chevaucher, chimère, crin, détresse, lune, naïve, nuage, orphelin, patrimoine, pâtée, reproche, riche, traversin, trébucher, vent | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 23 mai 2013
Eh bien oui, je l’ai chagrinée,
Tout le long, le long de l’année;
Mais quoi! s’en est-elle étonnée?
Absolus, drapés de layettes,
Aux lunes de miel de l’Hymette,
Nous avions par trop l’air vignette!
Ma vitre pleure, adieu! l’on bâille
Vers les ciels couleur de limaille
Où la Lune a ses funérailles.
Je ne veux accuser nul être,
Bien qu’au fond tout m’ait pris en traître.
Ah! paître, sans but là-bas! paître…
(Jules Laforgue)
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
toutes les images du monde
je les vois vivre dans les livres
aussi celles d’un autre monde
bien plus réel que celui-ci
entre ce monde et l’autre monde
un rayon lumineux scintille
qui n’est ni celui du soleil
ni même celui de la lune
un chant vient mourir sur mes lèvres
je ne sais d’où ce chant s’élève
ni de quelle fable il est l’une
des complaintes d’une autre lune
qu’illumine un autre soleil
(Jean-Claude Pirotte)
Illustration: Gilbert Garcin
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Publié par arbrealettres le 17 mai 2013

Il n’est que l’ombre
pour savoir
les secrets
des maisons fermées,
que
le vent repoussé
et sur le toit la lune qui fleurit.
(Pablo Neruda)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 17 mai 2013
En toi la terre
Petite
rose,
rose menue,
parfois,
minuscule et nue,
on dirait
que tu tiens
dans une seule de mes mains,
que je vais t’y emprisonner
et à ma bouche te porter,
mais
soudain
mes pieds touchent tes pieds et ma bouche tes lèvres,
tu as grandi,
tes épaules s’élèvent comme deux collines
et voici que tes seins se promènent sur ma poitrine,
mon bras parvient à peine à entourer la mince ligne,
le croissant de nouvelle lune de ta taille :
dans l’amour tu t’es déchaînée comme l’eau de la mer :
je mesure à peine les yeux les plus vastes du ciel
et je me penche sur ta bouche pour embrasser la terre.
(Pablo Neruda)
Illustration: Anne-Marie Zilberman
Publié dans poésie | Tagué: (Pablo Neruda), amour, bouche, ciel, colline, croissant, déchaîner, embrasser, emprisonner, grandir, lèvre, lune, main, mer, minuscule, nue, pied, poitrine, rose, sein, terre, vaste | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 mai 2013

LA NONNE GITANE
Silence de chaux et de myrte.
Mauves dans les herbes fines.
Sur une toile jaune paille
la nonne brode des giroflées.
Volent dans le lustre gris
les sept oiseaux du prisme.
Tel un ours panse en avant
loin de là grogne l’église.
Comme elle brode ! Quelle grâce !
Sur la toile jaune paille
elle aimerait bien broder
des fleurs à sa fantaisie.
Quel tournesol ! Quel magnolia
de faveurs et de clinquant !
Quels safrans et quelles lunes
sur la nappe de l’autel !
Cinq oranges en compote
cuisent dans l’office proche :
ce sont les plaies du Christ
cueillies près d’Almeria.
Dans le regard de la nonne
galopent deux cavaliers.
Une rumeur dernière et sourde
lui décolle la chemise,
la vue des monts et des nuées
dans les lointains arides
fait qu’alors son coeur se brise,
son mur de sucre et de verveine.
Oh, quelle plaine escarpée
sous l’éclat de vingt soleils !
Quelles rivières soulevées
entrevoit sa fantaisie !
Mais à ses fleurs elle s’applique
tandis que debout dans la brise
l’éclat du jour joue aux échecs
par les fentes de la jalousie.
(Federico Garcia Lorca)
Illustration: Louis Toffoli
Publié dans poésie | Tagué: (Federico Garcia Lorca), aride, autel, église, brise, broder, chemise, Christ, compote, décoller, debout, entrevoir, Fantaisie, fleur, gitane, grogner, lune, magnolia, nonne, nuée, office, oiseau, orange, plaie, regard, rivière, safran, silence, tournesol | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 13 mai 2013
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Alirezâ Rôshan), combien, lune, nuit | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 12 mai 2013

Le laboureur du soleil
J’ai pris
tes cheveux un à un
j’ai tissé une barque
Dans la brise de tes yeux
j’ai navigué vers les îles
aux tulipes bleues
Il neigeait
sur les coquelicots
de tes lèvres
Triste
était l’enfant
qui avait faim
Il pleuvait
des étoiles
sur le toit de mon coeur
J’ai pris
ta main de lune
et j’ai fait un pain
(Tahar Bekri)
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Publié par arbrealettres le 11 mai 2013

Une nuit je pris entre mes mains
ton visage. La lune l’éclairait.
Ô la plus insaisissable des choses
sous un excès de pleurs.
C’était presque un objet docile, simplement là,
calme comme une chose, à le tenir.
Et cependant il n’était pas, dans la froide
nuit, d’être qui m’échappât plus infiniment.
***
Einmal nahm ich zwischen meine Hände
dein Gesicht. Der Mond fiel darauf ein.
Unbegreiflichster der Gegenstände
unter überfließendem Gewein.
Wie ein williges, das still besteht,
beinah war es wie ein Ding zu halten.
Und doch war kein Wesen in der kalten
Nacht, das mir unendlicher entgeht.
(Rainer Maria Rilke)
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

Une petite pluie tiède
Et sans bruit
Prend tout son temps
Le billot
Sous la hache de soie
Est un bois
De loupe aux coudes
Indociles
Ainsi nos corps
Comme des cartes aux
Vingt millième
La nuit marcotte
Un buisson d’épineux
Sous la peau
Le souffle
Dans la frondaison nue
Des cheveux
Appelle les feuilles
Et la lune
A trembler comme les
Genoux
Des chevaux de course
(Werner Lambersy)
Illustration: Irina Kotova
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