Arbrealettres

Poésie

Articles Tagués ‘lune’

Toutes les images du monde (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



toutes les images du monde
je les vois vivre dans les livres
aussi celles d’un autre monde
bien plus réel que celui-ci

entre ce monde et l’autre monde
un rayon lumineux scintille
qui n’est ni celui du soleil
ni même celui de la lune

un chant vient mourir sur mes lèvres
je ne sais d’où ce chant s’élève
ni de quelle fable il est l’une
des complaintes d’une autre lune
qu’illumine un autre soleil

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration: Gilbert Garcin

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Il n’est que l’ombre (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 17 mai 2013




Il n’est que l’ombre
pour savoir
les secrets
des maisons fermées,
que
le vent repoussé
et sur le toit la lune qui fleurit.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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En toi la terre (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 17 mai 2013



En toi la terre

Petite
rose,
rose menue,
parfois,
minuscule et nue,
on dirait
que tu tiens
dans une seule de mes mains,
que je vais t’y emprisonner
et à ma bouche te porter,
mais
soudain
mes pieds touchent tes pieds et ma bouche tes lèvres,
tu as grandi,
tes épaules s’élèvent comme deux collines
et voici que tes seins se promènent sur ma poitrine,
mon bras parvient à peine à entourer la mince ligne,
le croissant de nouvelle lune de ta taille :
dans l’amour tu t’es déchaînée comme l’eau de la mer :
je mesure à peine les yeux les plus vastes du ciel
et je me penche sur ta bouche pour embrasser la terre.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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LA NONNE GITANE (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 15 mai 2013


 


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LA NONNE GITANE

Silence de chaux et de myrte.
Mauves dans les herbes fines.
Sur une toile jaune paille
la nonne brode des giroflées.
Volent dans le lustre gris
les sept oiseaux du prisme.
Tel un ours panse en avant
loin de là grogne l’église.
Comme elle brode ! Quelle grâce !
Sur la toile jaune paille
elle aimerait bien broder
des fleurs à sa fantaisie.
Quel tournesol ! Quel magnolia
de faveurs et de clinquant !
Quels safrans et quelles lunes
sur la nappe de l’autel !
Cinq oranges en compote
cuisent dans l’office proche :
ce sont les plaies du Christ
cueillies près d’Almeria.
Dans le regard de la nonne
galopent deux cavaliers.
Une rumeur dernière et sourde
lui décolle la chemise,
la vue des monts et des nuées
dans les lointains arides
fait qu’alors son coeur se brise,
son mur de sucre et de verveine.
Oh, quelle plaine escarpée
sous l’éclat de vingt soleils !
Quelles rivières soulevées
entrevoit sa fantaisie !
Mais à ses fleurs elle s’applique
tandis que debout dans la brise
l’éclat du jour joue aux échecs
par les fentes de la jalousie.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Louis Toffoli 

 

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Combien faut-il que je sois nuit (Alirezâ Rôshan)

Publié par arbrealettres le 13 mai 2013



 

Giampaolo Ghisetti

combien faut-il que je sois nuit
pour que toi
tu sois lune ?

(Alirezâ Rôshan)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Le laboureur du soleil (Tahar Bekri)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013




Le laboureur du soleil

J’ai pris
tes cheveux un à un
j’ai tissé une barque

Dans la brise de tes yeux
j’ai navigué vers les îles
aux tulipes bleues

Il neigeait
sur les coquelicots
de tes lèvres

Triste
était l’enfant
qui avait faim

Il pleuvait
des étoiles
sur le toit de mon coeur

J’ai pris
ta main de lune
et j’ai fait un pain

(Tahar Bekri)

 

 

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Une nuit je pris entre mes mains ton visage (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



Une nuit je pris entre mes mains
ton visage. La lune l’éclairait.
Ô la plus insaisissable des choses
sous un excès de pleurs.

C’était presque un objet docile, simplement là,
calme comme une chose, à le tenir.
Et cependant il n’était pas, dans la froide
nuit, d’être qui m’échappât plus infiniment.

***

Einmal nahm ich zwischen meine Hände
dein Gesicht. Der Mond fiel darauf ein.
Unbegreiflichster der Gegenstände
unter überfließendem Gewein.

Wie ein williges, das still besteht,
beinah war es wie ein Ding zu halten.
Und doch war kein Wesen in der kalten
Nacht, das mir unendlicher entgeht.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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Une petite pluie tiède et sans bruit (Werner Lambersy)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013




Une petite pluie tiède
Et sans bruit
Prend tout son temps

Le billot
Sous la hache de soie
Est un bois
De loupe aux coudes
Indociles

Ainsi nos corps
Comme des cartes aux
Vingt millième

La nuit marcotte
Un buisson d’épineux
Sous la peau

Le souffle
Dans la frondaison nue
Des cheveux

Appelle les feuilles
Et la lune

A trembler comme les
Genoux
Des chevaux de course

(Werner Lambersy)

Illustration: Irina Kotova

 

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Bagarre (Célie Diaquoi-Deslandes)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

palmiers

Bagarre

La lune se cache
Le visage couvert de balafres
Derrière le palmiste irrité
Des chevaux de nuage
S’enfuient effrayés
Sous le fouet de la pluie

(Célie Diaquoi-Deslandes)

Illustration

 

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Soir tropical (Ida Faubert)

Publié par arbrealettres le 3 mai 2013



 

palmiers

Soir tropical

Le soir est lumineux; le soir est tendre et beau.
Le soleil s’est éteint; la lune est sur les roses.
Une langueur pénètre au coeur même des choses…
Et les grands palmiers noirs rêvent au bord de l’eau.

Les jasmins ont mêlé leurs branches étoilées
Aux lianes en fleurs. L’haleine de l’été
Caresse les fruits lourds. La grave volupté
Laisse traîner son voile au détour des allées.

Là-bas, sur le chemin, pas un chant, pas un bruit.
Rien ne trouble la paix d’un bonheur qu’on écoute…
Viens sentir les parfums sur le bord de la route,
Et respirer mon âme éparse dans la nuit.

(Ida Faubert)

 

 

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