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Poésie

Articles Tagués ‘main’

Dieu tu m’as donné la voix (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013


 


 

Siegfried Zademack -   (15)

Dieu tu m’as donné la voix,
Dieu c’était pour m’en servir,
si j’ai trop parlé parfois
c’était de choses à dire.
qui pourrait y contredire ?
J’ai parlé selon ma foi.
Engageons-nous dans l’humain,
tout le reste est comédie,
dans la dangereuse vie
marchons la main dans la main.
La mère donne le sein
à l’image de Marie
et c’est la source de vie
c’est la source du matin.
J’en reviens toujours à l’âme :
qui peut dire ce qu’elle est
et qui peut dire son drame ?
Nous sommes les fils des femmes
dans un Monde imaginé.
Qui connaît l’autre côté ?

(Georges Libbrecht)

Illustration: Siegfried Zademack

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Une égratignure (Guillevic)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013


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Autre est déjà
Son regard
Sur cette main.

(Guillevic)

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Quand on n’a que l’amour (Jacques Brel)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Quand on n’a que l’amour

Quand on n’a que l’amour
A s’offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu’est notre grand amour

Quand on n’a que l’amour
Mon amour, toi et moi,
Pour qu’éclate de joie
Chaque heure et chaque jour

Quand on n’a que l’amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d’y croire toujours

Quand on n’a que l’amour
Pour meubler de merveilles
Et couvrir de soleil
La laideur des faubourgs

Quand on n’a que l’amour
Pour unique raison
Pour unique chanson
Et unique secours

Quand on n’a que l’amour
Pour habiller le matin
Pauvres et malandrins
De manteaux de velours

Quand on n’a que l’amour
A offrir en prière
Pour les maux de la Terre
En simple troubadour

Quand on n’a que l’amour
A offrir à ceux-là
Dont l’unique combat
Est de chercher le jour

Quand on n’a que l’amour
Pour tracer un chemin
Et forcer le destin
A chaque carrefour

Quand on n’a que l’amour
Pour parler au canon
Et rien qu’une chanson
Pour convaincre un tambour

Alors, sans avoir rien
Que la force d’aimer
Nous aurons dans nos mains
Amis, le monde entier

(Jacques Brel)
Illustration: Robert Doisneau

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Chanson de l’attente (Bernard Lorraine)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Chanson de l’attente

Chaque arbre attend un oiseau
Chaque fontaine une soif
Chaque bouche espère une eau
L’angoisse appelle une angoisse.

Chaque cave attend son vin
Chaque aurore son soleil
Chaque main cherche une main
Chaque parole une oreille.

Moi qui attendais si peu
Moi qui n’espérais plus rien
Tu m’as donné mes seuls biens:
Ta faim ta soif et ton feu.

(Bernard Lorraine)


Illustration: Tamara Lunginovic

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En toi la terre (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 17 mai 2013



En toi la terre

Petite
rose,
rose menue,
parfois,
minuscule et nue,
on dirait
que tu tiens
dans une seule de mes mains,
que je vais t’y emprisonner
et à ma bouche te porter,
mais
soudain
mes pieds touchent tes pieds et ma bouche tes lèvres,
tu as grandi,
tes épaules s’élèvent comme deux collines
et voici que tes seins se promènent sur ma poitrine,
mon bras parvient à peine à entourer la mince ligne,
le croissant de nouvelle lune de ta taille :
dans l’amour tu t’es déchaînée comme l’eau de la mer :
je mesure à peine les yeux les plus vastes du ciel
et je me penche sur ta bouche pour embrasser la terre.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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Entre la chose d’écrire et le Verbe (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 16 mai 2013



 

Ettore Aldo Del Vigo -1-2

Entre la chose d’écrire
Et le Verbe, entends le rire
d’un invisible témoin
qui te retient par la main.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Sors de l’ombre (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 15 mai 2013



 

Makoto Oshima 2003-ei-10f

Sors de l’ombre, et dis-moi
depuis combien d’années
tu mêles à mes pas
ton empreinte invisible,
ô mon double muet
traversé par mes mains.
C’est trop peu de sentir
ton souffle sur mon front
et dans l’air mutilé
d’écouter ta présence ;
trop peu de deviner
tes gestes incertains
à travers le cristal
du sommeil et des songes.
J’ai trop connu l’attente
et les paroles dures.
je ne crains ton regard
ni le rond de ta bouche
et veux te voir en face
à la clarté du coeur.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Makoto Oshima

 

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Testament (Jean Cuttat)

Publié par arbrealettres le 14 mai 2013



Quand la mort viendra m’enfourner
joignez fort mes mains, mais en douce
laissez donc libres les deux pouces
que je puisse les tourner

(Jean Cuttat)

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Je crois me rappeler avoir aimé (Stéphane Martelly)

Publié par arbrealettres le 13 mai 2013



 

Alexander Bartashevich 2446

La boîte noire

[...]
Je crois me rappeler avoir aimé.
Je ne suis pas sûre.
Je ne suis sûre de rien depuis qu’il fait si noir.
Je vois seulement une grande étendue verte sous le soleil
d’où il monte une odeur triste.
L’herbe est coupée.
La sève fraîche est-elle gluante?
Je ne sais pas.
Il me semble ce jour-là avoir tenu une main.
mais les visages se déforment dans ma mémoire avant de s’évanouir.
Et je cherche, je cherche ce qui a bien pu se passer.
Qui m’a mise ici ?
Qu’est-ce qui est arrivé pour que je sois enfermée dans cette boîte noire ?
Il me semble encore qu’on me touche mes cheveux.
Il fait si noir qu’on a peur d’avancer.

(Stéphane Martelly)

Illustration: Alexander Bartashevich

 

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Le laboureur du soleil (Tahar Bekri)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013




Le laboureur du soleil

J’ai pris
tes cheveux un à un
j’ai tissé une barque

Dans la brise de tes yeux
j’ai navigué vers les îles
aux tulipes bleues

Il neigeait
sur les coquelicots
de tes lèvres

Triste
était l’enfant
qui avait faim

Il pleuvait
des étoiles
sur le toit de mon coeur

J’ai pris
ta main de lune
et j’ai fait un pain

(Tahar Bekri)

 

 

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