Articles Tagués ‘maison’
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Une nuit, errant par la ville, il trouva deux yeux verts dans une flaque d’eau.
Il les emporta dans sa maison et jusqu’à l’aube les contempla.
A l’aube les yeux verts avaient disparu.
Les cherchant, il passa devant son miroir.
Son visage le regardait avec des yeux verts.
(Guy Lévis Mano)
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Renouveau
Mon cœur s’insurge
Devant un ciel blessé
Le froid engourdit le pays
La rivière se marbre de glace
L’herbe se brise comme du verre
Mais il arrive un moment
Où le sol secoue son corset de givre
Quand l’eau chante sur l’écho du matin
Que les fleurs se parlent entre elles
Que les arbres rient d’eux-mêmes
Que les cailloux crient sous les pieds des marcheurs
Et que la maison danse dans la lumière
Quand le soleil sort de sa torpeur
Que le sable tressaille sous la caresse de la mer
Et que les oiseaux jouent avec les nuages
Je communie avec le renouveau
(Jean-Baptiste Besnard)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 15 mai 2013

J’entre, sans le savoir, dans la maison d’un mort.
Il me barre le seuil, je traverse son corps.
Je piétine un basset qui venait me flairer
et sa ligne s’écrase où coulent d’autres ombres ;
mes lèvres ont frôlé la bouche d’une femme,
je passe à gué le mur qui fut d’une prison
et je conduis mes yeux dans un brouillard étrange
où tous les disparus ne sont que transparence.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Zdzislaw Beksinski
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Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
LE GENOU
Un genou se balade tout seul par le monde.
Ce n’est qu’un genou et rien de plus.
Ce n’est pas un arbre, ce n’est pas une maison
Ce n’est qu’un genou et rien d’autre !
Une fois à la guerre un homme
fut tué et retué.
Seul son genou s’en tira indemne —
comme par miracle.
C’est depuis qu’il se balade seul par le monde
Ce n’est qu’un genou et rien de plus.
Ce n’est pas un arbre ni même une maison.
Ce n’est qu’un genou et rien d’autre.
***
DAS KNIE
Ein Knie geht einsam durch die Welt.
Es ist ein Knie, sonst nichts !
Es ist kein Baum ! Es ist kein Zelt !
Es ist ein Knie, sonst nichts.
Im Kriege ward einmal em Mann
erschossen um und um.
Das Knie allein blieb unverletzt –
als wärs ein Heiligtum.
Seitdem gehts einsam durch die Welt.
Es ist ein Knie, sonst nichts.
Es ist kein Baum, es ist kein Zelt.
Es ist ein Knie, sonst nichts.
(Christian Morgenstern)
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Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
La cave de ma maison
Est pleine d’objets inutiles
Que j’aime
(Abbas Kiarostami)
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Publié par arbrealettres le 6 mai 2013
dans la maison de la lumière.
Il s’est couché contre la flamme,
entre ses dents.
Il voulait ce qui le consume.
Ô lumière, tu commets des crimes
malgré toi.
(Adonis)
Publié dans poésie | Tagué: (Adonis), commettre, consumer, coucher, crime, dent, flamme, lumière, maison, malgré | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 1 mai 2013

Ainsi tu vieilliras loin de moi, et des peines
Que je ne saurai pas te viendront à pas lents,
Je ne scruterai pas les ombres de tes veines,
Je ne compterai pas tes premiers cheveux blancs.
Au foyer inconnu dans un fauteuil antique,
Près d’un jeune miroir tu t’assiéras, songeant,
Et parmi la douceur des ombres domestiques,
Tu seras grave et douce avec des mains d’argent.
Peut-être avec regret en te voyant moins belle,
Te rappelleras-tu ta grâce et ton éclat ?
Pour t’expliquer l’attrait de ta beauté nouvelle
Et pour te consoler je ne serai pas là.
Je ne connaîtrai pas les meubles et les choses,
Quels livres préférés seront alors les tiens.
Tu chanteras des vers, tu toucheras des roses,
Et des vers et des fleurs, moi je ne saurai rien.
Je ne percerai pas le mystère des chambres
Où tu vivras. L’oubli gardera ta maison.
Et quand l’âge à la fin te glacera les membres,
Un autre pour la mort sera ton compagnon…
(Maurice Magre)
Découvert chez la boucheaoreilles ici
Illustration: Drazenka Kimpel
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Publié par arbrealettres le 30 avril 2013

Nous n’avions rien et c’était peau de l’ange.
On nous disait de bâtir nos maisons,
qu’en l’an trois mille adviendrait la revanche,
symbole et foi, la joie des compagnons,
qu’au crayon bleu à biffer les frontières
la Terre en bloc serait un seul Pays,
que le Sacré remplacerait la guerre,
et que l’enfer deviendrait paradis.
C’est l’an trois mille et sommes en jachère
à repenser le problème des sots.
- L’argile tremble encore au cimetière
et l’on entend le combat des robots.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Adrian Chesterman
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Publié par arbrealettres le 29 avril 2013

LUNE GRANDE
La porte est ouverte ;
le grillon chante.
Est-ce toi qui marches,
nue, dans la campagne ?
Comme une eau éternelle,
partout entre et sort.
Est-ce toi qui marches
nue, dans l’air ?
La sauge ne dort pas,
la fourmi est au travail.
Est-ce toi qui marches,
nue, dans la maison ?
***
LUNA GRANDE
La puerta está abierta;
el grillo, cantando.
¿Andas tú desnuda
por el campo?
Como un agua eterna,
por todo entra y sale.
¿Andas tú desnuda
por el aire?
La albahaca no duerme,
la hormiga trabaja.
¿Andas tú desnuda
por la casa?
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Steven Kenny
Publié dans poésie | Tagué: (Juan Ramon Jimenez), éternelle, campagne, chanter, dormir, fourmi, grande, grillon, lune, maison, marcher, nue, ouverte, porte, sauge, travail | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 28 avril 2013

Laissez les portes ouvertes,
cette nuit, s’il lui prend
l’envie, cette nuit, de venir,
car il est mort.
Que tout reste ouvert,
pour voir si nous ressemblons
à son corps ; voir si nous sommes
quelque chose de son âme,
livrés à l’espace tout entier ;
pour voir si le grand infini,
nous envahissant, nous rejette
hors de nous ; si nous mourons
un peu ici ; et si là, en lui,
nous vivons un peu.
Que reste ouverte
toute la maison, comme si
il était là, corps présent,
dans la nuit d’azur,
avec nous en guise de sang,
avec les étoiles pour fleurs !
***
Dejad las puertas abiertas,
esta noche, por si él
quiere, esta noche, venir,
que está muerto.
Abierto todo,
a ver si nos parecemos
a su cuerpo; a ver si somos
algo de su alma, estando
entregados al espacio;
a ver si el gran infinito
nos echa un poco, invadiéndonos,
de nosotros; si morimos
un poco aquí; y allí, en él,
vivimos un poco.
¡Abierta
toda la casa, lo mismo
que si estuviera de cuerpo
presente en la noche azul,
con nosotros como sangre,
con las estrellas por flores!
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Leonor Fini
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