Articles Tagués ‘mer’
Publié par arbrealettres le 22 mai 2013

Phantasma
J’ai rêvé l’archipel parfumé, montagneux,
Perdu dans une mer inconnue et profonde
Où le naufrage nous a jetés tous les deux
Oubliés loin des lois qui régissent le monde.
Sur le sable étendue en l’or de tes cheveux,
Des cheveux qui te font comme une tombe blonde,
Je te ranime au son nouveau de mes aveux
Que ne répéteront ni la plage ni l’onde.
C’est un rêve. Ton âme est un oiseau qui fuit
Vers les horizons clairs de rubis, d’émeraudes,
Et mon âme abattue est un oiseau de nuit.
Pour te soumettre, proie exquise, à mon ennui
Et pour te dompter, blanche, en mes étreintes chaudes,
Tous les pays sont trop habités aujourd’hui.
(Charles Cros)
Illustration: Dorina Costras
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Cros), archipel, âme, étreinte, blanche, chaude, cheveux, dompter, ennui, exquise, habité, lois, mer, naufragé, oiseau, or, oublié, parfumé, pays, perdu, proie, ranimer, régir, rêver, sable, soumettre, tombe | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

je ne sais pas qui je suis
je viens de terres très lointaines
tant de sangs en moi sont tourmentés
mon grand-père était oriental
et j’ai on me l’a dit une aïeule juive
je ne sais pas qui je suis
mes lèvres n’acceptent jamais les lèvres présentes
je sais qu’il doit exister des lèvres meilleures
je ne sais pas où
là-bas
et mes lèvres sont tendues vers les inexistences
toujours
ils m’ont dit
votre marche est indolente
vos paroles ont des lenteurs chantantes
elles sont toutes de douceur
ils m’ont dit aussi
avec leurs yeux déchirés d’amertume
vous avez des sursauts cruels
vous étranglez les cœurs avec vos dents ardentes
et votre inconscience est terrible
je ne sais pas
j’ai parfois des yeux qui ne sont plus les miens
je viens de terres si lointaines
et tant de races tant de passions jouent en moi
mon grand-père était oriental
mon aïeule on me l’a dit était une juive
qui avait des yeux merveilleux
mes yeux sont pleins d’horizons dorés
j’ai mes mains lourdes de tendresse
sans cesse
mon corps appelle les corps
et je n’ai jamais trouvé
celle des mains douces et de mes rêves fervents
je vais incliné vibrant vers d’incertaines beautés
parfois m’a serré le désir du vulgaire
et mes contradictions sont immenses
parce que mes yeux sont noirs
frissonnant de sensualités profondes
parce que ma peau est brune
l’on me demande d’où je viens
et qui je suis
je sais que je viens de terres très lointaines
là les mers sont couleur de beau ciel
les soirs elles pleurent d’étranges agonies
en des couleurs qui ont déteint dans mon âme
je ne sais pas les chanter
mais elles sont berçantes et nostalgiques
comme mes mers étales
je sais que je viens de très loin
mais je ne sais pas qui je suis
mes solitudes et mes absences incomparables
ne me l’ont jamais appris
(Guy Lévis Mano)
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Guy Lévis Mano), accepter, agonie, amertume, appeler, apprendre, ardent, étale, beauté, corps, cruel, déchiré, désir, dent, douce, exister, fervent, grand-père, incliné, indolente, juive, là-bas, lèvres, lenteur, lointaines, mérveilleux, meilleur, mer, nostalgique, passion, pleurer, sang, savoir, sursaut, tendresse, tourmenté, vibrant, vulgaire | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Vacuité de l’abstrait
qui désintègre la forme
intellect agent secret
garde le reflet symbole
Elle était de la Balance,
moi je coulais au Verseau,
à chacun sa résonance
dans le contenu d’un mot.
Ne videz pas la parole,
tout est plein qui nous console,
mes chants seront de forêt,
d’anémones dans le vent
de mer et de parapets :
la forêt sera le chant.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Asit Kumar Patnaik
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), abstrait, agent secret, anémone, chant, consoler, contenu, couler, désintégrer, forêt, forme, garder, intellect, mer, parapet, parole, résonance, reflet, symbole, vacuité, vider | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Analogiste précis
l’imaginaire fut pris.
Antinomie de l’espace
tu regardes par contraste
la distance était le but :
le futur ne revint plus
Mes chants seront de forêt
et de mer qui reste à boire,
mes chants seront de mémoire
de bateaux et leurs agrès.
L’homme entre les deux silences
aura des mots pour l’oiseau,
j’aurai des chants de conscience
qui ne parlent pas très haut,
vole, vole ma parole
et disparaisse sans bruit
dans le monde de l’esprit
qui la couvre bénévole.
Où donc le regard fuit-il
captant l’objet d’avant dire ?
L’image d’un trait subtil
dicte ce qu’il faut écrire.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), agrès, analogiste, écrire, bénévole, boire, but, capter, chant, conscience, contraste, dicter, dire, disparaître, distance, espace, esprit, forêt, image, imaginaire, mer, monde, parler, regarder, reste, revenir, silence, subtil | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Mer et forêt sont pareilles,
pareils leurs sables de fond,
aussi leurs autels pareils,
pareilles leurs oraisons.
Voile au vent de la mémoire
atteindrons-nous le savoir,
l’Absolu dans le grimoire ?
Savoir c’est don de revoir.
(Georges Libbrecht)
Illustration: ArbreaPhotos
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), absolu, atteindre, forêt, grimoire, mémoire, mer, oraison, pareil, revoir, sable, savoir, vent, voile | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Chasse gardée de l’imagination, en toute chose est le Bien et le Mal,
Les alchimistes sont poètes et le soufre à deux têtes le sait.
Cent fois le terril fut battu par l’éclair, mais les molettes sont debout
et tournent pacifiquement pour extraire l’ombre.
Ivoire lisse, ô mon désir, masque la peine d’un pauvre homme.
Serpent bleu : Poésie, love ton plain-chant sur la mer !
Frontière entre gens et bêtes, force magique des mamelles,
menhirs-miroirs du Seul, transmettez-nous les secrets du Monde.
(Georges Libbrecht)
Illustration
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), alchimiste, éclair, battu, bête, bien, bleu, chasse gardée, désir, debout, extraire, force, frontière, gens, imagination, ivoire, lisse, magique, mal, mamelle, menhir, mer, miroir, molette, monde, ombre, peine, plain-chant, poète, secret, serpent, seul, soufre, terril, transmettre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Retouche au contre-jour
un fiacre dépose le soleil
au pied de la mer immobile
des gants de fine peau jouent les oiseaux
sous des arbres à moustache de chat
un rire vide le fond du ciel
il reste une marque de lèvres
l’âme se rappelle sa naissance difficile
la césarienne du premier chagrin
(Daniel Boulanger)
Publié dans poésie | Tagué: (Daniel Boulanger), âme, césarienne, chagrin, chat, ciel, contre-jour, fiacre, gant, lèvres, mer, moustache, naissance, oiseau, rire, se rappeler, soleil, vide | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Suite ininterrompue…
Le ciel ouvre son oeil-de-boeuf
Derrière lequel le soleil gesticule dans des contrées de bruine
Je regarde déguerpir le paysage et se dissiper le clocher
Je découvre le port sous le soleil laiteux d’un ciel nébuleux
Où les mouettes ricanent au-dessus du lancinant tangage des barques
Je parcours ces grèves grises d’herbe salée
Le long de rus obscurs
Jusqu’à cet horizon hermétique
De terres sans fin
Une meute de nuages assaille le rivage salutaire
Je guette une éclaircie pour découvrir des dunes indolentes
Que frôlent d’infimes faisceaux de lumière opaline
À travers un ciel vaporeux
Je pénètre au cœur des forêts clémentes sous de sombres futaies
Où la végétation étouffe le sol
Jour neige ou jour pluie en absence de soleil
Gouttes ou flocons léthargiques et légers
Qui se précipitent et s’alourdissent
Sur la campagne désolée
Les oiseaux s’enfuient
L’eau galope dans les rigoles
L’éclat tendre de l’aube tarde
Au début de cet instant
J’en vis la fraîcheur
J’accompagne l’onde dans la clarté fauve du midi
Jusqu’à cette brume bleue sur la mer
À travers ce bosquet enveloppé de vapeur
Sur ce mystérieux sentier de sable
Je découvre les coloris qu’arborent les parfums
Un brisant d’écume aux arêtes marquées
D’un vert qui est celui d’une vague sertie
Dans une émeraude de la plus belle eau
(Jean-Baptiste Besnard)
Publié dans poésie | Tagué: (Jean-Baptiste Besnard), absence, écume, émeraude, bruine, campagne, ciel, clarté, clocher, découvrir, déguerpir, fauve, flocon, fraîcheur, gesticuler, lancinant, léthargique, mer, midi, mystérieux, nébuleux, s'alourdir, soleil, suite, tangage, vague, vaporeux | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Retrouvailles fugitives
Alors que s’achève le temps des caresses
L’asile de nos amours clandestines
Reverdit chaque année.
Dans le verger des souvenirs
Où ils mûrissent trop
Au point de pourrir
Je te retrouve toujours fraîche
Et j’essuie de nouveau
Sur tes joues
Les larmes du crépuscule
Et de ton cœur silencieux
Montent de muets cris d’amour
Alors qu’à travers la brume de l’horizon
Nos regards étreints touchent
La colline couronnée de soleil
Une côte de vent et de pluie
Se dessine dans mon esprit
Où je te revois
Ecrasant sous tes pieds menus
Tous les coquillages de la grève.
Dans les embruns tu venais
Fille naturelle de la mer
Me sauver du naufrage.
Maintenant l’oiseau vole solitaire
Entre l’écume et le nuage
Et le sable sec recouvre
Tes pas qui s’imprimaient
Dans le sable mouillé
A la frontière des eaux
Pour me laisser un message d’adieu
Avant de retourner dans les profondeurs de l’oubli.
(Jean-Baptiste Besnard)
Publié dans poésie | Tagué: (Jean-Baptiste Besnard), adieu, asile, écume, caresse, clandestine, couronnée, crépuscule, essuyer, fille, fugitive, larme, mûrir, mer, message, naturelle, naufragé, nuage, oubli, pluie, profondeur, regard, retrouvailles, reverdir, s'achever, s'imprimer, sauver, silencieux, souvenir, vent, verger | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 17 mai 2013

Le Pouvoir des Mots
D’un livre ouvert
Sortit une averse
Et une poignée
D’oiseaux de couleur…
Le pouvoir des mots
Est plus fort que le vent
Et celui du poème
Plus que la folie…
Au coeur de ton coeur
J’écris une lettre
En lettres de jour…
Au bleu de tes yeux
Commence la mer…
(Jean-Marie Petit)
Découvert chez la boucheaoreilles ici
Illustration: Michelle Paulet
Publié dans poésie | Tagué: (Jean-Marie Petit), averse, écrire, bleu, coeur, commencer, couleur, folie, livre, mer, mot, oiseau, poème, poignée, pouvoir, sortir, vent, yeux | Poster un commentaire »