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Poésie

Articles Tagués ‘moine’

Un vieux moine (Shidô)

Publié par arbrealettres le 22 avril 2013



Un vieux moine
revêtu de son étole
regarde les fleurs

(Shidô)


Illustration

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Ballade des dames du temps jadis (François Villon)

Publié par arbrealettres le 6 avril 2013




Ballade des dames du temps jadis

Dites-moi où, n’en quel pays
Est Flora la belle Romaine,
Archipiadès ni Thaïs
Qui fut sa cousine germaine,
Écho parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu’humaine…
Mais où sont les neiges d’antan ?

Où est la très sage Héloïs
Pour qui châtré fut et puis moine
Pierre Abélard à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
semblablement, où est la reine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d’antan ?

La reine Blanche comme lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au plat pied, Biétrix, Alix,
Aremburgis qui tint le Maine
Et Jehanne la bonne Lorraine
Qu’Anglais brûlèrent à Rouen ?
Où sont-ils, où, Vierge souveraine ?
Mais où sont les neiges d’antan ?

Prince, n’enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Qu’à ce refrain ne vous ramène :
Mais où sont les neiges d’antan ?

***

Dictes moy où, n’en quel pays,
Est Flora, la belle Romaine ;
Archipiada, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine ;
Echo, parlant quand bruyt on maine
Dessus rivière ou sus estan,
Qui beauté eut trop plus qu’humaine ?
Mais où sont les neiges d’antan !

Où est la très sage Heloïs,
Pour qui fut chastré et puis moyne
Pierre Esbaillart à Sainct-Denys ?
Pour son amour eut cest essoyne.
Semblablement, où est la royne
Qui commanda que Buridan
Fust jetté en ung sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d’antan !

La royne Blanche comme ung lys,
Qui chantoit à voix de sereine ;
Berthe au grand pied, Bietris, Allys ;
Harembourges, qui tint le Mayne,
Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu’Anglois bruslèrent à Rouen ;
Où sont-ilz, Vierge souveraine ?…
Mais où sont les neiges d’antan !

Prince, n’enquerrez de sepmaine
Où elles sont, ne de cest an,
Qu’à ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d’anten ?

(François Villon)

 

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AU JEUNE ELIS (Georg Trakl)

Publié par arbrealettres le 9 novembre 2012



 

AU JEUNE ELIS

Elis, quand dans la profonde forêt le merle appelle,
C’est que tu sombres.
Tes lèvres boivent la fraîcheur de l’eau bleue des roches.

Laisse, quand saigne ton front,
Les très vieilles légendes
Et le sens obscur du vol de l’oiseau.

Toi cependant tu vas à pas doux dans la nuit
Tendue de grappes empourprées
Et tes bras dans le bleu ont des gestes plus beaux.

Tinte un buisson d’épines
Où sont tes yeux de lune.
Comme il y a longtemps, Elis, que tu es mort.

Ton corps est devenu jacinthe,
Un moine y plonge ses doigts de cire.
Notre silence est un trou noir

D’où sort de temps en temps une bête très douce
Qui laisse lourdement retomber ses paupières.
Sur tes tempes tombe une rosée noire,

Le dernier or d’étoiles abîmées.

***

AN DEN KNABEN ELIS

Elis, wenn die Amsel im schwarzen Wald ruft,
Dieses ist dein Untergang.
Deine Lippen trinken die Kühle des blauen
Felsenquells.

Lass, wenn deine Stirne leise blutet
Uralte Legenden
Und dunkle Deutung des Vogelflugs.

Du aber gehst mit weichen Schritten in die Nacht,
Die voll purpurner Trauben hängt,
Und du regst die Arme schöner im Blau.

Ein Dornenbusch tönt,
Wo deine mondenen Augen sind.
O, wie lange bist, Elis, du verstorben.

Dein Leib ist eine Hyazinthe,
In die ein Mönch die wächsernen Finger taucht.
Eine schwarze Höhle ist unser Schweigen,

Daraus bisweilen ein sanftes Tier tritt
Und langsam die schweren Lider senkt.
Auf deine Schläfen tropft schwarzer Tau,

Das letzte Gold verfallener Sterne.

(Georg Trakl)

Illustration

 

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La mort nous regarde (Gérard Pfister)

Publié par arbrealettres le 28 octobre 2012




La mort nous regarde
debout sur sa haute tige
ses yeux violets et profonds
sentent la fraîcheur de la forêt alentour
le pas lointain des moines
le marteau, les pinces, la lance
à jamais dansent autour du calvaire
nous passons, l’enfant
et le père, l’insecte et le vent
et sans hâte elle nous respire

(Gérard Pfister)

Illustration: Ibara

 

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Nul geste d’amitié chez l’oiseau (Jorge Carrera Andrade)

Publié par arbrealettres le 13 octobre 2012



 

Nul geste d’amitié chez l’oiseau, le nuage,
le toit grégaire dont se froncent les sourcils.
Un moine vert et muet habite dans chaque arbre
et un ciel sans pupilles regarde le monde.

(Jorge Carrera Andrade)

 

 

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Nul geste d’amitié (Jorge Carrera Andrade)

Publié par arbrealettres le 26 septembre 2012



Nul geste d’amitié chez l’oiseau, le nuage,
le toit grégaire dont se froncent les sourcils.
Un moine vert et muet habite dans chaque arbre
et un ciel sans pupilles regarde le monde.

(Jorge Carrera Andrade)

Illustration: Alexandre Calame

 

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L’attente (Jorge Luis Borges)

Publié par arbrealettres le 6 septembre 2012



 

L’attente

Avant que le timbre impatient ne sonne,
Qu’on n’ouvre la porte et que tu entres, oh !
Anxieusement attendue, l’univers
Doit avoir accompli une série
Infinie d’actes concrets. Nul ne peut
Évaluer ce vertige, le compte
De tout ce que multiplient les miroirs,
Des ombres qui s’étirent et qui reviennent,
De tous les pas qui divergent et convergent.
Le sable ne saurait les dénombrer.
(Dans ma poitrine, l’horloge de sang
Mesure le temps inquiétant de l’attente.)

Avant que tu n’arrives,
Un moine doit avoir rêvé d’une ancre,
Un tigre doit mourir à Sumatra,
Et neuf hommes mourir à Bornéo.

(Jorge Luis Borges)

 

 

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Le cloître (Stefan George)

Publié par arbrealettres le 12 juin 2012



Le cloître

Avec peu de frères, fuyez le bruit des hordes
Avant que dans le froid poison ne soit défait
Votre jeune vouloir: bâtissez pour la paix
Dans un val silencieux la maison de votre Ordre.

Bercés d’heures égales aux douces mélodies
Travailler le sol chaste est un acte sacré
Le jour s’écoule ainsi rythmé de sept degrés
pour vous et ma légion qui à vous se dédie.

L’enlacement ignore les avides tourments
L’amitié libérée de peur et désespoir —
Sanglots baisers et mots s’envolent dans le soir..
Voici des couples pieux le sublime ornement :

De douleur et d’envie sereines consumés
De lever leur regard vers cette beauté bleue
Renoncement divin zèle des bienheureux —
Comme enseigna jadis un moine à Fiesole.

(Stefan George)


Illustration

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Le moine me donna la rose la plus belle du jardin clos (Robert Mallet)

Publié par arbrealettres le 17 mars 2012



Le moine me donna la rose la plus belle
du jardin clos

et ma cellule brûla de cette étincelle
comme une peau

qu’éventerait très fraternellement l’aile
d’un ange trop beau.

(Robert Mallet)

Illustration

 

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Vers les nuages blancs (anonyme Corée)

Publié par arbrealettres le 2 février 2012


ciel-bleu--nuages-blancs

Une ombre passe sur la rivière
Un moine passe sur le pont
- Un moment mon révérend! où portez-vous vos pas?
Il pointe son bâton vers les nuages blancs
Continue son chemin sans se retourner

(anonyme Corée)

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