Patience, patience
Patience dans l’azur!
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr.
(Paul Valéry)
Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
Patience, patience
Patience dans l’azur!
Chaque atome de silence
Est la chance d’un fruit mûr.
(Paul Valéry)
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Publié par arbrealettres le 16 juin 2013
Chacun a un nom
que lui a donné Dieu
et que lui ont donné son père et sa mère
chacun a un nom
que lui ont donné sa taille et sa manière de sourire
que lui a donné son tissu
chacun a un nom
que lui ont donné les montagnes
et que lui ont donné ses murs
chacun a un nom
que lui ont donné les signes du zodiaque
et que lui ont donné ses voisins
chacun a un nom
que lui ont donné ses péchés
et que lui ont donné ses désirs
chacun a un nom
que lui ont donné ses ennemis
et que lui a donné son amour
chacun a un nom
que lui ont donné ses fêtes
et que lui a donné sa profession
chacun a un nom
que lui ont donné les saisons
et que lui a donné sa cécité
que lui a donné la mer
et que lui a donné
la mort.
(Zelda)
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Publié par arbrealettres le 16 juin 2013
Il y a des moments où les femmes sont fleurs
Sonnet
Il y a des moments où les femmes sont fleurs ;
On n’a pas de respect pour ces fraîches corolles…
Je suis un papillon qui fuit des choses folles,
Et c’est dans un baiser suprême que je meurs.
Mais il y a parfois de mauvaises rumeurs ;
Je t’ai baisé le bec, oiseau bleu qui t’envoles,
J’ai bouché mon oreille aux funèbres paroles ;
Mais, Muse, j’ai fléchi sous tes regards charmeurs.
Je paie avec mon sang véritable, je paie
Et ne recevrai pas, je le sais, de monnaie,
Et l’on me laissera mourir au pied du mur.
Ayant traversé tout, inondation, flamme,
Je ne me plaindrai pas, délicieuse femme,
Ni du passé, ni du présent, ni du futur !
(Charles Cros)
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Publié par arbrealettres le 15 juin 2013
FUITE
ma vie a commencé dans un placard
sous les dépouilles et la poussière
je suçais des morceaux de sucre volés
dehors la lune à petits pas arpentait le toit
ponctuant le début de mon surcroit de vie
replié dans la fragilité de mon aventure
la curiosité me poussa dans l’escalier
mais je butai sur la douzième marche
et les portes ouvrirent des yeux muets
d’effarement devant ma nudité
pendant que je courais sous le ciel indifférent
les mains serrées sur un paquet de peur
une étoile jaune tomba du ciel
et frappa ma poitrine
c’est alors qu’ils m’attrapèrent
et m’enfermèrent dans une boîte
qu’ils trainèrent partout sur la terre
pour figurer ma honte
autour ils se battaient à coup de pierres
et faisaient des étoiles un énorme brasier
tous les jours ils venaient me toucher
mettre leurs doigts dans ma bouche
et me marquer de noir et ce bleu
mais par une fissure dans le mur
je vis un arbre en forme de feuille
et un matin un oiseau me vola dans la tête
je me mis à aimer si fort cet oiseau
que quand mon maître à l’oeil bleu
regarda le soleil et s’aveugla
j’ouvris la cage et cachai
mon coeur dans une plume jaune
***
ESCAPE
my life began in a closet
among empty skins and dusty hats
while sucking pieces of stolen sugar
outside the moon tiptoed across the roof
to denounce the beginning of my excessiveness
backtracked into the fragility of my adventure
curiosity drove me down the staircase
but I slipped on the twelfth step and fell
and all the doors opened dumb eyes
to stare impudently at my nakedness
as I ran beneath the indifferent sky
clutching a filthy package of fear in my hands
a yellow star fell from above and struck my breast
and all the eyes turned away in shame
then they grabbed me and locked me in a box
dragged me a hundred times over the earth
in metaphorical disgrace
while they threw stones at each other
and burned all the stars in a giant furnace
every day they came to touch me
put their fingers in my mouth
and paint me black and blue
but through a crack in the wall
I saw a tree the shape of a leaf
and one morning a bird flew into my head
I loved that bird so much
that while my blue-eyed master
looked at the sun and was blind
I opened the cage and hid my heart
in a yellow feather
(Raymond Federman)
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Publié par arbrealettres le 14 juin 2013

Que peut un mur
Pour un blessé ?
Et pourtant
Il en vient toujours dans les batailles
S’y adosser,
Comme si la mort ainsi
Permettait de mourir
Avec plus de loisir
Et quelque liberté.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 13 juin 2013
C’est dans les murs
Que sont les portes
Par où l’on peut entrer
Et par l’une
Arriver.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 13 juin 2013
Il tremblait devant la lumière
Et tremblait devant les rameaux.
Il n’était pas content des fenêtres
Et se méfiait des oiseaux.
Il n’avait pu
Etre davantage.
Pourtant quand il fut clair
Que la ville flambait
Dans le fracas des bombes,
Il osa tutoyer,
Pour la première fois,
Les choses qu’il touchait
Sur la table et les murs.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 8 juin 2013
St-Désiré
Le temps est à la pluie
Le jour se passe au pied du mur
On dirait presque je m’ennuie
Mais les escargots sont contents
(Pierre Albert-Birot)
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Publié par arbrealettres le 6 juin 2013
Les bambous les arbres les rochers
surgissent irrésistiblement
emplissant ma poitrine
pour imprimer leur vie sur la blancheur du mur
(Su Dongpo)
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Publié par arbrealettres le 3 juin 2013

Un homme
Est devenu jaloux des murs,
Et puis, têtu, c’est des racines
Qu’il ne peut plus se démêler.
Il assoit à l’écart
Un corps habitué,
Exclut les portes,
Exclut le temps,
Voit dans le noir
Et dit: amour.
(Guillevic)
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