Articles Tagués ‘neige’
Publié par arbrealettres le 25 mai 2013
Une fois de plus le paysage
la lenteur du regard la lumière
arrêtée le robinet qui goutte
et petits pas petits sauts le merle
apparu dans le fouillis des branches
disparu comme un blanc dans la phrase
que ne peut recouvrir aucun mot
neige jamais visage on est là
au bord on guette on pourrait comprendre
(Jacques Ancet)
Illustration: Corrie White
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Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Les oreilles d’Amaranthe
Oreilles, la nature en coquillant qui gire
Vos petits ronds voutés de long et de travers,
Fait en vous un dédale, où bien souvent je perds
Le langage amoureux que pour vous je soupire.
Ô portes de l’esprit, par où le doux Zéphyre
Fait entrer sur son aile et l’amour et mes vers,
Chastes chemins du coeur qui toujours sont ouverts
Pour ouïr les discours d’un pudique martyre,
Oreilles l’abrégé de toutes les beautés,
Petits croissants d’amour, accroissez les bontés
De ma chère Amaranthe, afin qu’elle m’allège !
Mais quoi par vos faveurs pourrais-je la toucher ?
Ma voix qui n’est que feu n’ose vous approcher,
Pource que vous avez la blancheur de la neige.
(Pierre de Marbeuf)
Illustration: Charles Edward Perugini
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Publié par arbrealettres le 20 mai 2013
Nous sommes partis un jour de septembre
au cœur d’un bateau qui complotait notre naufrage
Nous sommes partis comme pour une entreprise de liquidation
au coeur d’un bateau qui fit naufrage
Mais les printemps et les automnes durant quatre ans
et les neiges et les pluies et les accalmies débilitantes durant quatre ans
et les contraintes et les courbatures pour les tâches qu’on accomplit dents serrées
et la solitude sèche comme un arbre sans feuilles…
(Guy Lévis Mano)
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Publié par arbrealettres le 15 mai 2013

LE MARTYRE DE SAINTE EULALIE
PANORAMA DE MERIDA
Dans la rue court et bondit
Un cheval à la queue longue
Tandis que jouent où sommeillent
Quelques vieux soldats de Rome.
Une futaie de Minerves
Ouvre mille bras sans feuilles.
De l’eau suspendue redore
Les arêtes de rochers.
Une nuit faite de torses,
D’étoiles au nez cassé,
Attend les fentes de l’aube
Pour s’écrouler toute entière.
De temps à autre résonnent
Des jurons à crête rouge.
Les soupirs de l’enfant sainte
brisent le cristal des coupes.
La roue aiguise ses lames
et ses crochets suraigus.
Le taureau des forges brame
Et Mérida se couronne
De nards presque réveillés
et de mûres sur leurs tiges.
LE MARTYRE
Voici Flore nue qui monte
De petits escaliers d’eau. .
Le Consul veut un plateau
Pour les deux seins d’Eulalie.
De la gorge de la sainte
Sort un jet de veines vertes.
Son sexe tremble, embrouillé
Comme un oiseau dans les ronces
Sur le sol, déjà sans norme,
Sautent ses deux mains coupées
Pouvant encore se .croiser
Dans une prière ténue,
Ténue mais décapitée.
Et par les trous purpurins
Où naguère étaient ses seins
On voit des ciels tout petits
Ét des ruisseaux de lait blanc.
Mille petits arbres de sang
Opposent leurs troncs humides
Aux mille bistouris du feu.
De jaunes centurions,
Chair grise ayant mal dormi,
Vont au ciel entrechoquant
Leurs armures en argent.
Pendant que vibre confuse
Une passion de crinières
Et d’épées longues et courtes
Le Consul sur son plateau
Tient les seins fumés d’Eulalie.
ENFER ET GLOIRE
La neige ondulée repose.
Éulalie pend à son arbre.
Sa nudité de charbon
Charbonne les airs glacés.
La nuit tendre brille haut.
Eulalie morte dans l’arbre.
Tous les encriers des villes
Versent l’encre doucement.
Noirs mannequins de tailleurs
Vous couvrez la neige au loin.
Vos longues files gémissent
Un silence mutilé.
La neige vient à tomber.
Eulalie blanche dans l’arbre.
Des escadrons de nickel
Joignent à son flanc leurs lances.
On voit luire un ostensoir
Sur un fond de ciels brûlés
Entre des gorges d’eau douce,
Des bouquets de rossignols.
Sautez, vitres de couleurs !
Eulalie blanche sur neiges.
Des anges, des séraphins
Disent : Sainte, sainte, sainte.
(Federico Garcia Lorca)
Illustration: Bernardo Martorell
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Ton amour qui s’ouvrait
Le matin tu sortais
S’épuisaient les miracles
l’eau gelée du seau
les étoiles éparpillées de la vitre
Ce n’était peut-être que ton étonnement
qui recomposait le paysage
ton amour qui s’ouvrait
avec les yeux de la neige.
(Christian Viguié)
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Publié par arbrealettres le 9 mai 2013
Le dernier déchirement
est pour la neige
pour des milliers de papillons
qui entourent la peur muette
d’un arbre
Quelquefois
c’est ton baiser
qui annule la montagne.
(Christian Viguié)
Illustration: Auguste Rodin
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Publié par arbrealettres le 6 mai 2013

Le ciel ne m’aime pas d’un amour ordinaire
les amants s’aiment moins que ne m’aime l’aurore.
Je dis la vérité puisque je ne mens pas,
puisque la vérité m’empêche de mentir.
Je vais où la beauté me commande d’aller,
je fais exactement ce que l’azur décide,
puisque j’ai mis mes pas dans les pas de l’azur.
Mon travail est d’aimer tout ce qui est aimable:
la jacinthe sculptée dans le bleu de l’azur,
la neige qui jamais ne s’est méfiée de moi,
la neige qui changeait ma tristesse en beauté,
et le pur entretien de la neige et de l’âme.
Je t’aimerais autant que j’aime la beauté
si tu pouvais m’aimer comme m’aime l’aurore.
(Lydie Dattas)
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013

L’air
Autour de tes lèvres
Est léger
Tant il y flottent peu
De mots
A peine
Comme un ou deux
Cheveux
Laissés sur l’oreiller
Puis sur la baignoire
Qui disent combien
Tu étais nue
Détendue en ce bain
Où nos baisers
Faisaient des bulles
Je pense à ta bouche
Sur ma peau
Chaque fois que dans
Le parc sous la neige
Je vois traverser
L’écureuil
Qui vient pour jouer
Avec moi
Quand je rentre seul
(Werner Lambersy)
Illustration: Drew Darcy
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Publié par arbrealettres le 1 mai 2013

- Nostalgie de toi, monde
présent — hélas, passé ! —
comme de mon enfance
et de ma jeunesse !
— Quel jour
avant-dernier du monde, celui
où les hommes transis
d’un tropique de neige,
sauront encore, par moi,
ce que sont le soleil
et les fleurs d’aujourd’hui — hélas, d’hier ! —
Nostalgie — des derniers hommes —
de toi, monde présent — hélas, passé ! —
comme de mon innocence
et de mon amour !
***
¡Nostaljia de ti, mundo
presente —iay, pasado!—,
como de mi niñez
y de mi juventud!
—¡Qué día
penúltimo del mundo, éste,
en que los hombres yertos
de un trópico de nieve,
sepan aún, por mí, del sol
y las flores de hoy — iay, de ayer! —
¡Nosta jia — de los hombres últimos—
de ti, mundo presente —iay, pasado!—,
como de mi inocencia
y de mi amor!
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Steve Cieslawskis
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