Articles Tagués ‘océan’
Publié par arbrealettres le 23 mai 2013

Mon ventre est la force ultime
où j’oublie l’homme pour le dieu et l’unité pour la trinité
dans une nuit réminiscence unique de paradis
Et très haut fleuve confondit dans fleuve
Flux double vers le collectif océan pour la triomphale mort.
(Guy Lévis Mano)
Illustration: Elena Kalis
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Publié par arbrealettres le 17 mai 2013
LES TRIANGLES
Trois triangles d’oiseaux ont traversé
le ciel sur l’énorme océan
allongé dans l’hiver comme une bête verte.
Tout n’est qu’inertie de mort, le silence,
le déploiement gris, la lourde clarté
de l’espace, la terre intermittente.
Au-dessus de tout est passé
un vol
et puis un autre vol
d’oiseaux noirs, de corps hivernaux,
triangles tremblants dont les ailes
battant à peine
transportent d’un endroit à l’autre
des côtes du Chili
le froid gris, les jours désolés.
Je suis ici tandis que le tremblotement
des oiseaux migrateurs glissant de ciel en ciel
me laisse plongé en moi et en ma matière
comme en un puits d’éternité
creusé par une spirale immobile.
Ils ont maintenant disparu :
plumes noirâtres de la mer,
métalliques oiseaux
de rocs et de falaises,
maintenant, à midi
me voici face au vide : c’est l’espace
de l’hiver déployé
et la mer a posé
sur son visage bleu
un masque d’amertume.
(Pablo Neruda)
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Publié par arbrealettres le 26 avril 2013

Entre Mon Pays – et les Autres -
S’étend un Océan -
Mais – en Ambassadrices – les Fleurs -
Entre nous négocient.
***
Between My Country – and the Others -
There is a Sea -
But Flowers – negociate between us -
As Ministry.
(Emily Dickinson)
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Publié par arbrealettres le 26 avril 2013
Dire la Beauté serait affadir
Déchoir qu’exprimer la magie
Il est un Océan sans syllabes
Dont elles sont les signes
Ma volonté en cherche le vocable,
Échoue, mais goûte
Une Extase comme de Legs —
De mines introspectives —
***
To tell the Beauty would decrease
To state the spell demean
There is a syllableless Sea
Of which it is the sign
My will endeavors for it’s word
And fails, but entertains
A Rapture as of Legacies —
Of introspective mines —
(Emily Dickinson)
Illustration: Clark Little
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Publié par arbrealettres le 25 avril 2013

La vague roule et s’effondre,
Se reploie et remonte et s’éploie:
- Son culte étreint le monde
D’un océan de joies.
La vague se dresse et s’écroule,
S’assemble et brandit sa clarté:
- Elle donne une âme à la foule
Et la pare de sa beauté.
La vague surgit et nous porte,
Nous qui chantions sous nos treilles,
Assis devant notre porte
A compter nos jours pareils;
Nous qui chantions en poètes,
L’un pour l’autre, nos mêmes soucis,
Savons-nous si nos âmes sont prêtes
Pour les lendemains que voici?
(Francis Vielé-Griffin)
Illustration: William Bouguereau
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Publié par arbrealettres le 21 avril 2013

Quand je viendrai m’asseoir dans le vent …
Quand je viendrai m’asseoir dans le vent, dans la nuit,
Au bout du rocher solitaire,
Que je n’entendrai plus, en t’écoutant, le bruit
Que fait mon coeur sur cette terre,
Ne te contente pas, Océan, de jeter
Sur mon visage un peu d’écume :
D’un coup de lame alors il te faut m’emporter
Pour dormir dans ton amertume.
(Jean Moréas)
Illustration: Richard Baxter
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Publié par arbrealettres le 7 avril 2013

La solitude
La solitude, c’est se retirer comme la marée. Se retirer en soi
pour un temps en sachant que la marée reviendra. C’est
l’océan qui m’enfante. Je bois un liquide amniotique à la
saveur salée.
Après que la marée se soit retirée, je cueille en moi les
coquillages, ceux qui laissent un petit trou dans le sable ridé.
Ridé comme ma main qui les cueille. Tous les coquillages se
font poèmes.
J’attends le retour de la marée qui déposera ses richesses dans
la profondeur de mon ventre.
(Renée-Lise Jonin)
Illustration: Catherine Besnard
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Publié par arbrealettres le 7 avril 2013

Les Sept Filles d’Orlamonde,
Quand la fée fut morte,
Les sept filles d’Orlamonde
Ont cherché les portes.
Ont allumé leurs sept lampes,
Ont ouvert les tours,
Ont ouvert quatre cent salles
Sans trouver le jour…
Arrivent aux grottes sonores,
Descendent alors;
Et sur une porte close,
Trouvent une clé d’or.
Voient l’océan entre les fentes,
Ont peur de mourir,
Et frappent à la porte close
Sans oser l’ouvrir…
(Maurice Maeterlinck)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 6 avril 2013

Le Vaisseau Spectre
Tous les marins vous raconteront la légende du vaisseau-spectre,
de ce vaisseau de brouillard, monté par des fantômes,
qui apparaît à l’improviste sur les flots,
comme aux limites de l’horizon le nuage cuivré où couve la tempête.
La tempête éclate ! toutes vos voiles se serrent, mais lui ne cargue pas les siennes ;
il semble que l’orage soit son élément.
Vous voulez fuir ! Vous fuyez sans l’éviter.
Quelque manœuvre que vous fassiez, le fatal navire est toujours là.
Vous le voyez au nord ! Vous vous tournez vers le sud,
et il vous fait face comme auparavant.
À l’est, à l’ouest, il est toujours devant vous ;
sa sinistre immobilité suit tous vos mouvements ;
cette ombre ne vous quitte pas plus que la vôtre,
et gouverne à la fois la mer et l’ouragan.
De quel nom faut-il nommer ce vaisseau, qui ressemble au malheur,
et qui, présent partout, semble, impalpable qu’il est, tenir à lui seul tout l’océan ?
(Jules Lefèvre-Deumier)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 25 mars 2013
Lorsque tout n’était qu’altitude,
altitude,
altitude,
l’émeraude froide attendait
là-haut, le regard émeraude :
c’était un oeil :
il regardait
et c’était le centre du ciel,
et c’était le centre du vide :
l’émeraude
regardait :
unique, dure, verte immensément,
on aurait cru voir l’oeil
de l’océan,
l’oeil fixe, l’oeil de l’eau,
goutte de Dieu, victoire
du froid, tour, verte tour.
(Pablo Neruda)
Illustration
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