Arbrealettres

Poésie

Articles Tagués ‘orage’

Tes yeux sont des étangs bleus (Yvon Le Men)

Publié par arbrealettres le 2 mai 2013



Tes yeux sont des étangs bleus
Mes mains ricochent des cygnes
Le lac s’entrouve et montre la terre promise.
Nous allons l’un vers l’autre.
Nous accorderons les arbres avec les branches
Les trèfles avec les feuilles
Et les étoiles fileront vers la chance.

Libres, nous sommes de nous lier jusqu’à la mort
A la vie.
Mais nous savons que les enfants sont impatients de grandir
Et nous regrettons l’arbre de Noël.
Alors la nostalgie a deux grands yeux bleus
Qui annoncent l’orage.

(Yvon Le Men)


Illustration: Fabienne Contat

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Tu ressemblais (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 29 avril 2013



 

Dorina Costras touching_the_ephemeral_inset

Tu ressemblais,
passionnée déjà, et même courroucée,
à un coucher de soleil après l’orage.

La lueur rouge de tes yeux ruisselants
illuminait, ici et là, ton ombre tragique,
en un ultime couronnement ;
— oh, quelle nostalgie immense d’un crépuscule
(celui-ci!)
qui devait arriver ! —

Où ai-je donc vu un paysage de ville
— quartiers ouverts au couchant
de la mer, façades aux vitres parcourues
d’une lumière rouge sang —,
si terriblement, glorieusement unique,
qu’on eût dit une femme ?

… Qui ressemblait à une femme inconnue ;
— oh, quelle nostalgie immense d’une femme
(toi !)
qui devait arriver ! —

***

Parecías,
apasionada ya, y aún iracunda,
una puesta de sol tras la tormenta.

El fulgor rojo de tus ojos chorreantes
iluminaba, aquí y allá, tu sombra trájica,
en coronación última;
—¡ oh,qué nostaljia inmensa de un crepúsculo
(¡éste!)
que había de venir!—

¿Dónde vi yo un paisaje de ciudad
— barrios abiertos al ocaso
del mar, con las fachadas de cristales recorridas
de roja luz sangrante—,
así terriblemente, gloriosamente único,
que parecía una mujer?

… Que parecía une mujer desconocida;
— ¡oh, qué nostaljia ïa inmensa de una mujer
(¡tú!)
que había de venir!—

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Dorina Costras

 

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Nuages qu’un beau jour à présent environne (Jean Moréas)

Publié par arbrealettres le 21 avril 2013


 


 

Nuages qu’un beau jour à présent environne,
Au-dessus de ces champs de jeune blé couverts,
Vous qui m’apparaissez sur l’azur monotone,
Semblables aux voiliers sur le calme des mers ;

Vous qui devez bientôt, ayant la sombre face
De l’orage prochain, passer sous le ciel bas,
Mon coeur vous accompagne, ô coureurs de l’espace !
Mon coeur qui vous ressemble et qu’on ne connaît pas.

(Jean Moréas)

 

 

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Chênes mystérieux (Jean Moréas)

Publié par arbrealettres le 21 avril 2013



 

chênes

Chênes mystérieux, forêt de la Grésigne

Chênes mystérieux, forêt de la Grésigne,
Qui remplissez le gouffre et la crête des monts,
J’ai vu vos clairs rameaux sous la brise bénigne
Balancer doucement le ciel et ses rayons.

Ah ! Dans le sombre hiver, pendant les nuits d’orage,
Lorsqu’à votre unisson lamentent les corbeaux,
Lorsque passe l’éclair sur votre fier visage,
Chênes que vous devez être encore plus beaux !

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Chanson (Jean Moréas)

Publié par arbrealettres le 21 avril 2013



Frank Bernard Dicksee   08

 

Chanson

Vous, avec vos yeux, avec tes yeux,
Dans la bastille que tu hantes !
Celui qui dormait s’est éveillé
Au tocsin des heures beuglantes.
Il prendra sans doute
Son bâton de route
Dans ses mains aux paumes sanglantes.

Il ira, du tournoi au combat,
À la défaite réciproque ;
Qu’il fende heaumes beaux et si clairs,
Son pennon, qu’il ventèle, est loque !
Le haubert qui lace
Sa poitrine lasse,
Si léger ! il fait qu’il suffoque.

Ah, que de tes jeux, que de tes pleurs
Aux rémissions tu l’exhortes,
Ah laisse ! tout l’orage a passé
Sur les lys, sur les roses fortes.
Comme un feu de flamme
Ton âme et son âme,
Toutes deux vos âmes sont mortes.

(Jean Moréas)

Illustration: Frank Bernard Dicksee 

 

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L’ENCLOS (Jean-François Facchineri)

Publié par arbrealettres le 20 avril 2013




L’ENCLOS

Heurtés par des mots de pluie,
Les regards s’enfuient,
Loin des visages en flamme,
Des corps perdus sous l’orage.

Sait-on jamais quand finissent
Ces moments de torride douleur,
Cette rupture de soi, ce précipice
Où l’on glisse dans la peur.

Était-ce le soir, ce matin
Cette vérité nous étreint,
Nous découvre les barbelés
Et nos mains blessées.

Cette lancinante, souveraine
Et souterraine angoisse :

Avons-nous jamais quitté
L’enclos de nous même ?

(Jean-François Facchineri)

 

 

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Nues (François Cheng)

Publié par arbrealettres le 14 avril 2013


hautecoeur-nuees-5

Aux imminentes nues
l’été se révèle transparence
De la chair fragrance
plus que le toucher aérienne

Par les brèches des ruines
arrivent les senteurs d’orage
Soif devenant don
hors-ciel dahlias du jour …

Aux imminentes nues
la terre soudain s’ouvre aux larmes
Proche du corps du coeur
pluie de pétales, extase d’étoiles

(François Cheng)

Illustration

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Une voix (Zéno Bianu)

Publié par arbrealettres le 14 avril 2013



au coeur
d’une grammaire
de l’adoration
brusque remontée
de l’origine

un brasier de béatitudes
où les fêlures brûlent
une voix
qui dénude l’orage

(Zéno Bianu)


Illustration: Jan Joest of Kalkar

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Réponse (François Coppée)

Publié par arbrealettres le 12 avril 2013



Rafal Olbinski   i4

Réponse

Mais je l’ai vu si peu ! disiez-vous l’autre jour.
Et moi, vous ai-je vue en effet davantage ?
En un moment mon coeur s’est donné sans partage.
Ne pouvez-vous ainsi m’aimer à votre tour ?

Pour monter d’un coup d’aile au sommet de la tour,
Pour emplir de clartés l’horizon noir d’orage,
Et pour nous enchanter de son puissant mirage,
Quel temps faut-il à l’aigle, à l’éclair, à l’amour ?

Je vous ai vue à peine, et vous m’êtes ravie !
Mais à vous mériter je consacre ma vie
Et du sombre avenir j’accepte le défi.

Pour s’aimer faut-il donc tellement se connaître,
Puisque, pour allumer le feu qui me pénètre,
Chère âme, un seul regard de vos yeux a suffi ?

(François Coppée)

Illustration: Rafal Olbinski

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Juin (François Coppée)

Publié par arbrealettres le 10 avril 2013



 

Alain Longuet  _mini-oeuf_11_TOMBE_du_NID

Juin

Dans cette vie ou nous ne sommes
Que pour un temps si tôt fini,
L’instinct des oiseaux et des hommes
Sera toujours de faire un nid ;

Et d’un peu de paille ou d’argile
Tous veulent se construire, un jour,
Un humble toit, chaud et fragile,
Pour la famille et pour l’amour.

Par les yeux d’une fille d’Ève
Mon coeur profondément touché
Avait fait aussi ce doux rêve
D’un bonheur étroit et caché.

Rempli de joie et de courage,
A fonder mon nid je songeais ;
Mais un furieux vent d’orage
Vient d’emporter tous mes projets ;

Et sur mon chemin solitaire
Je vois, triste et le front courbé,
Tous mes espoirs brisés à terre
Comme les oeufs d’un nid tombé.

(François Coppée)

Illustration: Alain Longuet

 

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