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Articles Tagués ‘orange’

LA NONNE GITANE (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 15 mai 2013


 


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LA NONNE GITANE

Silence de chaux et de myrte.
Mauves dans les herbes fines.
Sur une toile jaune paille
la nonne brode des giroflées.
Volent dans le lustre gris
les sept oiseaux du prisme.
Tel un ours panse en avant
loin de là grogne l’église.
Comme elle brode ! Quelle grâce !
Sur la toile jaune paille
elle aimerait bien broder
des fleurs à sa fantaisie.
Quel tournesol ! Quel magnolia
de faveurs et de clinquant !
Quels safrans et quelles lunes
sur la nappe de l’autel !
Cinq oranges en compote
cuisent dans l’office proche :
ce sont les plaies du Christ
cueillies près d’Almeria.
Dans le regard de la nonne
galopent deux cavaliers.
Une rumeur dernière et sourde
lui décolle la chemise,
la vue des monts et des nuées
dans les lointains arides
fait qu’alors son coeur se brise,
son mur de sucre et de verveine.
Oh, quelle plaine escarpée
sous l’éclat de vingt soleils !
Quelles rivières soulevées
entrevoit sa fantaisie !
Mais à ses fleurs elle s’applique
tandis que debout dans la brise
l’éclat du jour joue aux échecs
par les fentes de la jalousie.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Louis Toffoli 

 

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Nulle reine (Tahar Bekri)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013


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Nulle reine
mais la terrasse hospitalière
de ta joue
violente comme une pêche à l’aube
reçoit le soleil d’orange

(Tahar Bekri)

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Pour naître (Christian Viguié)

Publié par arbrealettres le 9 mai 2013



Pour naître j’ai posé l’orange sur une grande table de bois
Etant sûr de notre silence
je suis resté autour d’elle à découper l’après-midi.

(Christian Viguié)

 

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LUMIÈRE ET EAU (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 28 avril 2013



 

Brume printaniere

LUMIÈRE ET EAU

La lumière d’en haut — or, vert, orange —,
entre les nuages vagues.

— Arbres sans feuilles, hélas ;
racines dans l’eau,
branches dans la lumière ! —

En bas, l’eau — orange, vert, or —,
entre la brume vague.

…Entre la brume vague, entre les vagues nuages,
lumière et eau — si magiques ! — s’en vont.

***

LUZ YAGUA

La luz arriba — oro, naranja, verde —,
entre las nube vagas.

—¡Ay árboles sin hojas;
raíces en el agua,
ramajes en la luz!—

Abajo, el agua — verde, naranja, oro —,
entre la vaga bruma.

… Entre la bruma vaga, entre las vagas nubes,
luz y agua — ¡qué májicas! — se van.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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MEMENTO (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 24 avril 2013



 

MEMENTO

Quand je mourrai
Enterrez-moi avec ma guitare
Sous le sable.

Quand je mourrai
Entre les oranges
Et la menthe.

Quand je mourrai
Enterrez-moi, si vous voulez,
Dans une girouette.

Quand je mourrai !

(Federico Garcia Lorca)

Illustration

 

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Volupté des parfums ! — Oui, toute odeur est fée (François Coppée)

Publié par arbrealettres le 13 avril 2013



 

Jacob Collins

Volupté des parfums ! — Oui, toute odeur est fée.
Si j’épluche, le soir, une orange échauffée,
Je rêve de théâtre et de profonds décors ;
Si je brûle un fagot, je vois, sonnant leurs cors,
Dans la forêt d’hiver les chasseurs faire halte ;
Si je traverse enfin ce brouillard que l’asphalte
Répand, infect et noir, autour de son chaudron,
Je me crois sur un quai parfumé de goudron,
Regardant s’avancer, blanche, une goélette
Parmi les diamants de la mer violette.

(François Coppée)

Illustration: Jacob Collins

 

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Nocturnes (Eric Chassefière)

Publié par arbrealettres le 4 avril 2013



 

lever de soleil en Argentine

Nocturnes

On gagne la nuit par de lentes effloraisons de nuages
on a vu d’abord le ciel prendre racine
dans un vaste morcellement d’oranges et de bleus
s’égrenant à l’horizon en un archipel de bulbes roses
puis le soleil a sombré dans l’eau des arbres
les lignes de la terre se sont épurées
les nuages bleu sombre séparés par plans
caravanes de formes glissant en se chevauchant
dans le rapide mouvement de déplacement du train
puis la nuit a tiré un à un ses rideaux
la vitesse s’est dissoute dans la vibration nocturne
on a poursuivi le voyage à l’intérieur des lignes du corps

(Eric Chassefière)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Qu’abrites-tu là sous ta bosse ? (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2013



- Qu’abrites-tu là sous ta bosse ?
dit le chameau à la tortue.

La tortue lui a répondu
- Et toi, que dis-tu aux oranges ?

Un poirier a-t-il plus de feuilles
qu’À la recherche du temps perdu ?

Pourquoi, se sentant jaunissantes,
les feuilles se suicident-elles ?

(Pablo Neruda)

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LA TIMIDITÉ (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 25 mars 2013




LA TIMIDITÉ

Je sus à peine, être esseulé, que j’existais
et que je pourrais vivre ainsi cahin-caha,
que j’eus peur de cela même : la vie;
je voulus qu’on ne me vit pas,
qu’on ignorât mon existence.
Et je devins maigreur, pâleur, absence,
je ne voulus pas parler : il ne fallait pas
qu’on reconnût ma voix, je ne voulus pas voir
pour ne pas être vu,
je frôlai les murs en marchant :
j’étais une ombre aux pas glissants.

J’aurais bien mis des vêtements
de tuiles cassées, de fumée,
pour rester là, mais invisible,
pour être en tout présent, mais à distance,
et garder mon obscure identité
fixée au rythme du printemps.

Un visage de fille, le choc pur
d’un rire qui fendait le jour en deux
comme une orange en deux moitiés,
et je changeais de rue,
avide de vivre et craintif,
proche de l’eau sans en boire le froid,
proche du feu sans en baiser la flamme,
un masque d’orgueil me couvrit
et je fus mince et belliqueux comme une lance,
ne prêtant l’oreille à personne
— car je m’y opposais —
ma plainte
murée
comme le cri d’un chien blessé
au fond d’un puits.

(Pablo Neruda)

 

 

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[EN PLEIN MILIEU DU MOIS DE JUIN...] (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 24 mars 2013



[EN PLEIN MILIEU DU MOIS DE JUIN...]

En plein milieu du mois de Juin
une femme a surgi chez moi,
une femme ou mieux, une orange.
La vision est plutôt confuse :
on a frappé :
c’était une rafale,
un fouet de lumière,
une tortue ultraviolette,
je l’ai vue
avec une lenteur de télescope,
comme si ce manteau d’étoiles
était au loin ou vivait loin
et que, par erreur, l’astronome
l’eût fait entrer dans ma maison.

(Pablo Neruda)


Illustration: Ivan Calatayud

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