Articles Tagués ‘parfum’
Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
Evasion
Le vert du feuillage
Eclate d’un rire de jeunesse
Sur le bleu tendre du ciel
Et s’élève des roses
Un parfum de velours
Le matin glisse sans bruit
Je quitte la maison
Où mes désirs sont captifs
Pour respirer la joie
Au milieu des champs
J’écoute le rire des pierres
Sur les lèvres du chemin
Je croque à belles dents
Dans la chair du jour
Sous un ciel comblé
De nuages folâtres
Qui broutent la colline
La surface de l’étang
Reflète la paix
Des eaux profondes
(Jean-Baptiste Besnard)
Publié dans poésie | Tagué: (Jean-Baptiste Besnard), éclater, étang, évasion, bleu, brouter, chair, ciel, comblé, croquer, désir, feuillage, folâtre, glisser, jeunesse, joie, lèvre, maison, paix, parfum, pierre, profonde, respirer, rire, rose, s'élever, tendre, velours, vert | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 juin 2013
Portraits de famille
Regarde
ici Grand-Mère!
Avec Grand-Père
À côté la Tante l’Oncle
et l’autre tante
Et Maman ma maman
Ils sont tous morts
Je tiens à la main
ce petit bouquet
de roses thé
Je les respire :
à chacune
son parfum
Ils ne sont plus que cela
dans ma mémoire
***
Retratos de familia
Olha
aqui a Avô!
Com o Avô
Ao lado a Tia o Tio
a outra tia
E a Mae a minha
Morreram todos ja
Seguro na mâo
esse raminho
de rosas-cha
Cheiro-as:
a cada uma
o seu perfume
Apenas isso sâo
agora
na lembrança
(Teresa Rita Lopes)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Teresa Rita Lopes), grand-mère, maman, mémoire, mort;bouquet, oncle, parfum, regarder, respirer, rose, tante, thé | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 juin 2013
Vois-tu, dans ces silences en lesquels les choses
s’abandonnent et semblent tout près
de trahir leur ultime secret,
parfois on s’attend
découvrir un défaut de la Nature,
le point mort du monde, le chaînon qui ne tient,
le fil à débrouiller qui enfin nous conduise
au centre d’une vérité.
Le regard fouille à l’entour,
l’esprit enquête, accorde, sépare
dans le parfum qui sans cesse gagne
lorsque le jour se fait plus languissant.
Ce sont les silences où l’on voit
dans chaque ombre humaine qui s’éloigne
quelque Divinité surprise.
Mais l’illusion cède, et nous ramène le temps
dans les cités bruyantes où l’azur se montre
par morceaux seulement, tout en haut, entre les cimaises.
La pluie fatigue la terre, ensuite; et s’accumule
la tristesse de l’hiver sur les maisons;
la lumière se fait avare — amère l’âme.
Quand, un jour, d’un porche mal clos,
entre les arbres d’une cour,
nous apparaît le jaune des citrons;
et voici fondre le gel du coeur
et faire en nous ruisseler
leurs chants
les trompes d’or de la solarité.
***
Vedi, in questi silenzi in cui le cose
s’abbandonano e sembrano vicine
a tradire il loro ultimo segreto,
talora ci si aspetta
di scoprire uno sbaglio di Natura,
il punto morto del rondo, l’anello ehe non tiene,
il filo da disbrogliare che finalmente ci metta
nel mezzo di una verità.
Lo sguardo fruga d’intorno,
la mente indaga accorda disunisce
nel profumo che dilaga
quando i1 giorno più languisce.
Sono i silenzi in cui si vede
in ogni ombra umana che si allontana
qualche disturbata Divinità.
Ma l’illusione manca e ci riporta il tempo
nelle città rumorose dove l’azzurro si rostra
soltanto a pezzi, in alto, tra le cimase.
La pioggia stanca la terra, di poi; s’affolta
il tedio dell’inverno sulle case,
la luce si fa avara – amara l’anima.
Quando un giorno da un malchiuso portone
tra gli alberi di una corte
ci si mostrano i gialli dei limon;
e il gelo del cuore si sfa,
e in petto ci scrosciano
le loro canzoni
le trombe d’oro della solarità.
(Eugenio Montale)
Publié dans poésie | Tagué: (Eugenio Montale), avare, chaînon, cimaise, citron, coeur, cour, défaut, fouiller, gel, illusion, languissant, lumière, nature, ombre, or, parfum, pluie, regard, ruisseler, s'abandonner, s'accumuler, secret, silence, solarité, surprise, trahir, trompe, ultime | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 juin 2013

Dans un parfum de roses blanches
Elle est assise et songe ;
Et l’ombre est belle comme s’il s’y mirait un ange.
Le soir descend, le bosquet dort ;
Entre ses feuilles et ses branches,
Sur le paradis bleu s’ouvre un paradis d’or.
Sur le rivage expire un dernier flot lointain.
Une voix qui chantait, tout à l’heure, murmure.
Un murmure s’exhale en haleine, et s’éteint.
Dans le silence il tombe des pétales…..
(Charles Van Lerberghe)
Illustration: Gerard Di-Maccio
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Van Lerberghe), ange, assise, descendre, flot, haleine, parfum, pétale, rivage, rose, s'exhaler, se mirer, silence, soir, songer | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 juin 2013

Dans ma prière du matin
Il est un grand et beau jardin ;
Une haie d’aubépines blanches,
Autour d’un tremblement de branches.
Une petite porte d’or,
Toute close sur le dehors.
Une chanson de voix lointaines,
Un bleu murmure de fontaines.
Et de la terre jusqu’au ciel
Rien qu’une extase de soleil.
Ah ! que de toutes choses l’âme,
Comme un parfum suave émane,
En ce jardin clos et sacré
Qu’une âme en son rêve a créé.
(Charles Van Lerberghe)
Illustration: Henri Edmond Cross
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Van Lerberghe), aubépine, âme, branche, chanson, clos, extase, fontaine, jardin, matin, murmuré, parfum, prière, rêve, soleil, suave, tremblement | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 14 juin 2013

Rêve d’une femme
Veux-tu recommencer la vie ?
Femme, dont le front va pâlir,
Veux-tu l’enfance, encor suivie
D’anges enfants pour l’embellir ?
Veux-tu les baisers de ta mère
Echauffant tes jours au berceau ?
- "Quoi ? mon doux Eden éphémère ?
Oh ! oui, mon Dieu ! c’était si beau !"
Sous la paternelle puissance
Veux-tu reprendre un calme essor ?
Et dans des parfums d’innocence
Laisser épanouir ton sort ?
Veux-tu remonter le bel âge,
L’aile au vent comme un jeune oiseau ?
- "Pourvu qu’il dure davantage,
Oh ! oui, mon Dieu ! c’était si beau !"
Veux-tu rapprendre l’ignorance
Dans un livre à peine entr’ouvert :
Veux-tu ta plus vierge espérance,
Oublieuse aussi de l’hiver :
Tes frais chemins et tes colombes,
Les veux-tu jeunes comme toi ?
- "Si mes chemins n’ont plus de tombes,
Oh ! oui, mon Dieu ! rendez-les moi !"
Reprends-donc de ta destinée,
L’encens, la musique, les fleurs ?
Et reviens, d’année en année,
Au temps qui change tout en pleurs ;
Va retrouver l’amour, le même !
Lampe orageuse, allume-toi !
"- Retourner au monde où l’on aime…
O mon Sauveur ! éteignez-moi !"
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: John Byam Liston Shaw
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Publié par arbrealettres le 12 juin 2013
La montagne et le soir
m’ont dit une chose
que je ne sais plus
L’immense nuit
maintenant
est un seul parfum.
Est-il ou non,
ce rêve que j’oublie
quand revient l’aube?
Dans le désert
surgit l’aurore.
Quelqu’un le sait.
Sous la lune
cette ombre qui s’allonge,
unique.
Une lueur s’éteint.
Un empire, ou peut-être
une luciole?
Nouvelle lune.
Elle aussi la regarde
à l’autre porte.
Trille au lointain.
Le rossignol sait-il
qu’il te console?
La vieille main
traçant encore un vers
jusqu’à l’oubli.
(Jorge Luis Borges)
Publié dans poésie | Tagué: (Jorge-Luis Borges), aurore, désert, empire, immense, luciole, lueur, lune, montagne, nuit, ombre, oubli, parfum, rêve, rossignol, soir, trille | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 8 juin 2013
![Berthe Morisot (16) [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/berthe-morisot-16-1280x768.jpg?w=871&h=1045)
L’impossible
Qui me rendra ces jours où la vie a des ailes
Et vole, vole ainsi que l’alouette aux cieux,
Lorsque tant de clarté passe devant ses yeux,
Qu’elle tombe éblouie au fond des fleurs, de celles
Qui parfument son nid, son âme, son sommeil,
Et lustrent son plumage ardé par le soleil !
Ciel ! un de ces fils d’or pour ourdir ma journée,
Un débris de ce prisme aux brillantes couleurs !
Au fond de ces beaux jours et de ces belles fleurs,
Un rêve ! où je sois libre, enfant, à peine née,
Quand l’amour de ma mère était mon avenir,
Quand on ne mourait pas encor dans ma famille,
Quand tout vivait pour moi, vaine petite fille !
Quand vivre était le ciel, ou s’en ressouvenir,
Quand j’aimais sans savoir ce que j’aimais, quand l’âme
Me palpitait heureuse, et de quoi ? Je ne sais ;
Quand toute la nature était parfum et flamme,
Quand mes deux bras s’ouvraient devant ces jours… passés.
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Berthe Morisot
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Marceline Desbordes-Valmore), aile, aimer, alouette, avenir, âme, clarté, enfant, famille, fille, flamme, fleur, impossible, jour, libre, nature, parfum, plumage, prisme, rêve, s'ouvrir, savoir, vivre, voler | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 7 juin 2013
![Edvard Munch mermaid_1896 [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/edvard-munch-mermaid_1896-1280x768.jpg?w=868&h=532)
L’entrevue au ruisseau
L’eau nous sépare, écoute bien :
Si tu fais un pas, tu n’as rien.
Voici ma plus belle ceinture,
Elle embaume encor de mes fleurs.
Prends les parfums et les couleurs,
Prends tout… je m’en vais sans parure.
L’eau nous sépare, écoute bien :
Si tu fais un pas, tu n’as rien.
Sais-tu pourquoi je viens moi-même
Jeter mon ruban sur ton sein ?
C’est que tu parlais d’un larcin,
Et l’on veut donner quand on aime.
L’eau nous sépare, écoute bien ;
Si tu fais un pas, tu n’as rien.
Adieu ! ta réponse est à craindre,
Je n’ai pas le temps d’écouter ;
Mais quand je n’ose m’arrêter,
N’est-ce donc que toi qu’il faut plaindre ?
Ce que j’ai dit, retiens-le bien :
Pour aujourd’hui, je n’ai plus rien !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Edvard Munch
Publié dans poésie | Tagué: (Marceline Desbordes-Valmore), adieu, aimer, arrêter, avoir, écouter, ceinture, donner, eau, embaumer, entrevue, fleur, larcin, parfum, parure, pas, plaindre, réponse, retenir, rien, ruban, ruisseau, séparer, sein, venir | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 7 juin 2013

Jour d’Orient
Ce fut un jour pareil à ce beau jour
Que, pour tout perdre, incendiait l’amour !
C’était un jour de charité divine
Où dans l’air bleu l’éternité chemine ;
Où dérobée à son poids étouffant
La terre joue et redevient enfant ;
C’était partout comme un baiser de mère,
Long rêve errant dans une heure éphémère ;
Heure d’oiseaux, de parfums, de soleil,
D’oubli de tout… hors du bien sans pareil.
Nous étions deux !… C’est trop d’un quand on aime
Pour se garder… Hélas ! nous étions deux.
Pas un témoin qui sauve de soi-même !
Jamais au monde on n’eut plus besoin d’eux
Que nous l’avions ! Lui, trop près de mon âme,
Avec son âme éblouissait mes yeux ;
J’étais aveugle à cette double flamme,
Et j’y vis trop quand je revis les cieux.
Pour me sauver, j’étais trop peu savante ;
Pour l’oublier… je suis encor vivante !
C’était un jour pareil à ce beau jour
Que, pour tout perdre, incendiait l’amour !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Alberto Quintero
Publié dans poésie | Tagué: flamme, amour, parfum, cieux, soleil, jour, éternité, sauver, éblouir, beau, poids, revoir, pareil, cheminer, témoin, charité, Orient, (Marceline Desbordes-Valmore), se sauver, incendier | Poster un commentaire »