Articles Tagués ‘parler’
Les groseilles (Guillevic)
Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
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On parlait de Noël (Georges Libbrecht)
Publié par arbrealettres le 17 mai 2013
On parlait de Noël, de Marie
qui s’envole
mais les enfants songeaient : on ne voit pas Jésus.
(Georges Libbrecht)
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Et j’ai parlé souvent de la durée (Guy Lévis Mano)
Publié par arbrealettres le 16 mai 2013
Et j’ai parlé souvent de la durée car je l’ai mesurée
du matin au soir et du matin au soir
et que c’est difficile de ne jamais constater qu’il est très tard…
Et voici
J’ai répété les mêmes mots car chaque matin me présentait la même vision morne…
Et sans doute un million d’hommes étaient comme moi
Ils sentaient et ne sentaient pas
Et l’on était sans joie ou enfermés dans la brume trop sonore des voix
Mais moi je sais qu’on était sans joie
Mais il n’y a pas d’abandon pas d’abandon…
(Guy Lévis Mano)
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Cherche la créature et la console (Rilke)
Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Tel cheval qui boit à la fontaine,
telle feuille qui en tombant nous touche,
telle main vide, ou telle bouche
qui nous voudrait parler et qui ose à peine -,
autant de variations de la vie qui s’apaise,
autant de rêves de la douleur qui somnole:
ô que celui dont le coeur est à l’aise,
cherche la créature et la console.
(Rilke)
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La voix de l’éclair te parle (Georges Libbrecht)
Publié par arbrealettres le 8 mai 2013
La voix de l’éclair te parle,
Renoue avec le passé
sous l’averse et la tempête
dans la nuit des girouettes
en prose et cristal français
tu ne comprends pas sa flamme.
Invente pour chaque image
l’énigme au double visage :
du dehors ou du dedans
lequel est le plus prenant ?
(Georges Libbrecht)
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Pour Jacqueline (Ida Faubert)
Publié par arbrealettres le 3 mai 2013
Pour Jacqueline
Qu’on parle tout bas; la petite est morte.
Ses jolis yeux clairs sont clos pour jamais,
Et voici déjà des fleurs qu’on apporte…
Je ne verrai plus l’enfant que j’aimais.
Je rêve, sans doute, et l’enfant sommeille;
Pourquoi, près de moi, dit-on qu’il est mort
Pas de bruit surtout, que rien ne l’éveille,
Ne voyez-vous pas que ma fille dort?
Mais elle a gardé la bouche entr’ouverte,
Sa joue est bien pâle et son front glacé,
Son petit corps semble une chose inerte…
Agenouillez-vous, la Mort a passé.
Alors, c’est fini! Tes prunelles closes
Jamais ne verront le ciel rayonnant,
Tu dors pour toujours au milieu des roses,
Toi mon sang, ma chair, ô toi, mon enfant !
Je ne verrai plus ton joli sourire,
Jamais tes regards ne me chercheront,
Tes petites mains qu’on croirait de cire,
Jamais, plus jamais ne me toucheront.
Adieu, mon amour, adieu, ma jolie:
Je n’entendrai plus ton rire joyeux.
Ah! comment guérir ma triste folie;
Comment vivre encore ! je n’ai plus tes yeux.
Et voici soudain qu’on ouvre la porte…
On t’arrache à moi, mon ange adoré,
Mais dans le cercueil, afin qu’on l’emporte,
Près du tien j’ai mis mon coeur déchiré.
Oh! ne parlez plus, la petite est morte…
(Ida Faubert)
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L’ENFANT MUET (Federico Garcia Lorca)
Publié par arbrealettres le 2 mai 2013
L’ENFANT MUET
L’enfant cherche sa voix
(le roi des grillons l’a prise)
Dans une goutte d’eau
l’enfant cherchait sa voix.
Je n’en veux pas pour parler
mais pour en faire une bague
qui portera mon silence
en son tout petit doigt.
Dans une goutte d’eau
l’enfant cherchait sa voix.
La voix captive au loin
mettait un habit de grillon.
(Federico Garcia Lorca)
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Celui qu’on ne remarque pas (Thomas Vinau)
Publié par arbrealettres le 1 mai 2013
Celui qu’on ne remarque pas
J’aurai connu ce bonheur-là.
Cette joie, solide et pleine, qui ne parle pas,
ne dit pas son nom, ne fait pas les gros bras.
J’aurai connu ce bonheur-là,
celui qui passe sans qu’on le comprenne.
Celui qu’on oublie, qu’on ne remarque pas,
ou trop tard, ou à peine.
(Thomas Vinau)
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Elle parlait autrement que nous tous (Juan Ramón Jiménez)
Publié par arbrealettres le 28 avril 2013
Elle parlait autrement que nous tous,
d’autres choses d’ici, mais jamais dites
avant qu’elle ne les eût dites. Elle était tout :
Nature, amour et livre.
Comme l’aurore, toujours,
elle commençait de façon imprévue,
si loin de tout ce que l’on rêve !
Toujours, comme midi,
elle arrivait à son zénith, d’une manière
insoupçonnée,
si loin de tout ce que l’on raconte !
Comme le crépuscule, toujours,
elle se taisait d’une façon inconcevable,
si loin de tout ce que l’on pense !
Si loin, si près
de moi son corps ! Son âme,
si loin, si près
de moi!
… Nature, amour et livre.
***
Hablaba de otro modo que nosotros todos,
de otras cosas de aquí, mas nunca dichas
antes que las dijera. Lo era todo:
Naturaleza, amor y libro.
Como la aurora, siempre,
comenzaba de un modo no previsto
¡tan distante de todo lo soñado!
Siempre, como las doce,
llegaba a su cenit, de una manera
no sospechada,
¡tan distante de todo lo contado!
Como el ocaso, siempre,
se callaba de un modo inesperable,
¡tan distante de todo lo pensado!
¡Qué lejos y qué cerca
de mí su cuerpo! Su alma,
¡qué lejos y qué cerca
de mí!
… Naturaleza, amor y libro.
(Juan Ramón Jiménez)
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