Le chemin égaré demanda
avec hauteur
sa route à un caillou
Qui passait par là.
(Paul Vincensini)
Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
Le chemin égaré demanda
avec hauteur
sa route à un caillou
Qui passait par là.
(Paul Vincensini)
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Publié par arbrealettres le 11 mai 2013
Tout ce qui arrive
pose
un masque sur notre figure qui n’ose
jamais être définitive.
Ainsi nous passons pendant que la vie nous déguise.
Et cette figure étrange
dont personne ne s’avise,
sera-t-elle un jour la surprise
des Anges?
(Rilke)
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013
Puisque tout passe, faisons
la mélodie passagère;
celle qui nous désaltère,
aura de nous raison.
Chantons ce qui nous quitte
avec amour et art;
soyons plus vite
que le rapide départ.
(Rilke)
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Publié par arbrealettres le 3 mai 2013
Chanson triste à deux voix
Tout au fond du grand jardin noir
Que l’aile de la nuit effleure,
Le vent gémit son désespoir…
— Mais non, c’est mon âme qui pleure.
Dans la brume la ville dort,
Et là-bas, là-bas sur la route,
Entendez-vous? il pleut encor…
— C’est mon sang qui fuit goutte à goutte.
J’ai peur! Au creux du soir glacé,
Écoutez hurler la rafale.
Sans doute la mort a passé…
— Non, non, non! c’est mon coeur qui râle.
(Ida Faubert)
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Publié par arbrealettres le 26 avril 2013

AMO ERGO SUM
Parce que j’aime
Le soleil répand ses rayons d’or vivant
Répand son or et son argent sur la mer.
Parce que j’aime
La terre sur son fuseau astral déroule
Sa danse qui fait naître l’extase.
Parce que j’aime
Les nuages voyagent dans le vent à travers de vastes ciels,
Les ciels vastes et beaux, bleus et profonds.
Parce que j’aime
Le vent souffle dans les voiles blanches,
Le vent souffle sur les fleurs, le doux vent souffle.
Parce que j’aime
Les fougères poussent vertes, et verte l’herbe, et verts
Les arbres transparents ensoleillés.
Parce que j’aime
Les alouettes jaillissent de l’herbe
Et toutes les feuilles sont pleines d’oiseaux qui chantent.
Parce que j’aime
L’air d’été frémit de milliers d’ailes,
Des yeux, bijoux par myriades, brûlent dans la lumière.
Parce que j’aime
Les coquillages irisés sur le sable
Prennent des formes fines et compliquées comme la pensée.
Parce que j’aime
Il est un chemin invisible à travers le ciel,
Les oiseaux passent par ce chemin, le soleil et la lune
Et toutes les étoiles voyagent par ce sentier la nuit.
Parce que j’aime
Il est une rivière qui coule toute la nuit.
Parce que j’aime
Toute la nuit la rivière coule, entre dans mon sommeil,
Dix mille choses vivantes dorment dans mes bras,
Et veillent en dormant, et passent immobiles.
***
AMO ERGO SUM
Because I love
The sun pours out its rays of living gold
Pours out its gold and silver on the sea.
Because I love
The earth upon her astral spindle winds
Her ecstasy-producing dance.
Because I love
Clouds travel on the winds through wide skies,
Skies wide and beautiful, blue and deep.
Because I love
Wind blows white sails,
The wind blows over flowers, the sweet wind blows.
Because I love
The ferns grow green, and green the grass, and green
The transparent sunlit trees.
Because I love
Larks rise up from the grass
And all the leaves are full of singing birds.
Because I love
The summer air quivers with a thousand wings,
Myriads of jewelled eyes burn in the light.
Because I love
The iridescent shells upon the sand
Take forms as fine and intricate as thought.
Because I love
There is an invisible way across the sky,
Birds travel by that way, the sun and moon
And all the stars travel that path by night.
Because I love
There is a river flowing all night long.
Because I love
All night the river flows into my sleep,
Ten thousand living things are sleeping in my arms,
And sleeping wake, and flowing are at rest.
(Kathleen Raine)
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Publié par arbrealettres le 25 avril 2013
Demain est aux vingt ans fiers;
Leurs rires passent, et l’on reste accoudé;
On a honte, un peu, de ses joyeux hiers,
Comme d’un habit démodé.
Demain, c’est l’automne qui parle
De plus près à l’oreille qui l’écoute.
Je suis sans regret, mais j’ai mal;
Je suis sans effroi, mais je doute;
Non certes, de ma journée:
J’ai vécu, au mieux, le poème;
Mais l’âme reste étonnée
De n’être plus elle-même.
(Francis Vielé-Griffin)
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Publié par arbrealettres le 23 avril 2013
"Même pendant l’espace d’un noeud
De court roseau
Du marais de Naniwa,
Sans nous rencontrer, dans cette vie
Passez!"
Est-ce bien ce que vous dites?
(Ise)
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Publié par arbrealettres le 21 avril 2013

La feuille des forêts
La feuille des forêts
Qui tourne dans la bise
Là-bas, par les guérets,
La feuille des forêts
Qui tourne dans la bise,
Va-t-elle revenir
Verdir – la même tige ?
L’eau claire des ruisseaux
Qui passe claire et vive
A l’ombre des berceaux,
L’eau claire des ruisseaux
Qui passe claire et vive,
Va-t-elle retourner
Baigner – la même rive ?
(Jean Moréas)
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Publié par arbrealettres le 13 avril 2013
OISEAUX
Flammes sans cesse changeant d’aire
qu’à peine on voit quand elles passent
Cris en mouvement dans l’espace
Peu ont la vision assez claire
pour chanter même dans la nuit
(Philippe Jaccottet)
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Publié par arbrealettres le 9 avril 2013

Correspondances
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.
(Charles Baudelaire)
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