plage du soir -
un rang de pâtés de sable
attend la marée
(Damien Gabriels)
Publié par arbrealettres le 27 mars 2013
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Publié par arbrealettres le 16 février 2013
Egocentrisme
Je m’attendais au coin de la rue
j’avais envie de me faire peur
en effet lorsque je me suis vu
j’ai reculé d’horreur
Faisant le tour du pâté de maisons
je me suis cogné contre moi-même
c’est ainsi qu’en toute saison
on peut se distraire à l’extrême
(Raymond Queneau)
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Publié par arbrealettres le 6 novembre 2012

DEPUIS TOUJOURS
Depuis toujours ces choses tournent
Et se rapprochent, puis s’écartent
En se crachant de la lumière,
De la poussière, du feu mort,
Et se rapprochent, puis s’écartent.
Depuis toujours ces choses tournent,
Tournent plus vite, puis moins vite,
Se cherchent, on dirait, s’évitent,
Se hâtent, mais vers nulle part,
Vont pour se joindre, mais s’évitent.
Depuis toujours en toute hâte
Ces choses vont vers nulle part.
On dirait parfois qu’une pâte
Se prépare. De grands fouets tournent.
Et puis la pâte se défait.
(Jules Romains)
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Publié par arbrealettres le 6 novembre 2012

LES MOUVEMENTS DU CARREFOUR
Les mouvements du carrefour
Se divisent, gluants de pluie ;
Comme deux mains plongent et tournent
Dans la pâte, l’ouvrent, la plient.
Des cris de sirènes s’en vont
Que notre ennui se plait à suivre.
L’esprit ayant bu toute honte
Il reste un goût lâche de vivre.
(Jules Romains)
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Publié par arbrealettres le 14 octobre 2012
Les crayons
Mais à quoi jouent les crayons
Pendant les récréations?
Le rouge dessine une souris,
Le vert un soleil,
Le bleu dessine un radis,
Le gris une groseille.
Le noir qui n’a pas d’idée,
Fait de gros pâtés.
Voilà les jeux des crayons
Pendant les récréations.
(Corinne Albaut)
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Publié par arbrealettres le 4 mai 2012

Mon âme est le reflet du monde qui m’entoure.
Elle n’existe pas sans lui, ne mûrit pas un autre secret.
L’image la plus éloignée et la plus proche du réel
Est la beauté de ma bien-aimée dont je reflète la lumière.
*
Impossible d’étreindre ton image qui reste en moi
Dire que pourtant tu es là, dans ma ville, en chair et en os
Réels sont tes grands yeux, ta bouche vermeille dont m’est interdit le miel
Ton abandon d’eau rebelle, ta blancheur que ma lèvre n’atteint pas.
*
L’image de ma bien-aimée me parla un beau jour :
« Je suis et elle n’est pas » dit-elle du fond du miroir.
Je frappai, la glace se brisa, l’image disparut.
Ma bien-aimée était toujours là-bas saine et sauve.
*
Elle m’embrassa : « Ce sont des lèvres réelles comme le monde », dit-elle
« Ce parfum s’exhale de mes cheveux et non de ton imagination », dit-elle
« Les étoiles existent, bien que les aveugles ne les voient pas,
Contemple-les dans le ciel ou dans mes yeux », dit-elle.
*
Ruches emplies de miel
Tes yeux, je dis pleins de soleil
Tes yeux, ma bien-aimée, se rempliront de terre
Et le miel emplira d’autres ruches.
*
Ni de lumière
Ni de boue
Mais de la même pâte sont pétries
Ma bien-aimée, sa chatte et la perle bleue qu’elle porte au cou.
(Nâzim Hikmet)
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Publié par arbrealettres le 22 avril 2012

L’éclaircie
Dans la pâte des nuages une trouée se fait.
Les tiges et les troncs oscillent, la tête des arbres tourne
aspirée par la lumière comme par la véhémence du vide.
(Luc Dietrich)
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Publié par arbrealettres le 20 avril 2012

Campagnes liquides entre les murailles des mers, villes, vivants…
Tout cela doué de formes, tout cela s’animant sous les lois,
tout cela disposé selon l’ordre,
tout cela lié par la même volonté d’échange
qui veut que tout se transfigure et que rien ne demeure.
Cette pierre que je vais jeter fourmille en son dedans de mille vies de pierre.
Et ce corps qui me donne conscience ne doit peut-être sa chaleur
qu’à quelque pierre du premier âge, l’âge où tout était boue,
où la pierre et la graine étaient liées en une même pâte.
L’eau n’était pas séparée.
(Luc Dietrich)
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Publié par arbrealettres le 24 décembre 2011
Le Père Noël existe
A Melbourne en décembre
on souffle on brûle
on fait des pâtés devant la mer on folâtre
nu et loin de l’âtre.
Les enfants lapons voudraient un Père Noël noir
C’est lassant la neige du bout au bout de l’an.
Ils ont écrit jusqu’en Afrique
et dans l’autre Amérique.
Mais les nègres gardent le leur
un gentleman de couleur
qu’ils appellent Saint-Béni
à Bogota
Colombie
au son des sambas.
Les Noëls de Paris
ont les yeux gris.
Les Noëls de ma vie
se font des cheveux gris.
Si j’avais su
je n’aurais pas grandi.
Serais resté petit.
(Armand Lanoux)
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Publié par arbrealettres le 8 juillet 2011

Encore aujourd’hui
Il me souvient de ma bien-aimée
Sur sa couche.
Son corps exhalait le parfum du musc mêlé à l’onctueuse
Pâte de santal
Et, sur ses yeux charmants,
Le battement des cils semblait
La caresse
De deux oiseaux.
(Bilhana)
http://arbrealettres.files.wordpress.com/2010/12/giorgione-venus-endormie.jpg
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