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Poésie

Articles Tagués ‘perdre’

Bonjour, bonjour, mon vieil âge (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 17 mai 2013



 

Olga Naletova_ Vieux clown

Bonjour, bonjour, mon vieil âge
(j’avais perdu mon visage)
Pour vingt sous moins un écu
je vends mon chapeau pointu.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Olga Naletova

 

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Pas nous, mon amour (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 17 mai 2013




Nombre
de jeunes
du village
se sont endormis,
las de leur journée dans la pharmacie,
fatigués de frotter dans les cuisines.

Pas
nous, mon amour.
Nous n’allons pas perdre
ce rêve
non plus :
tant
que nous serons
vivants
nous ferons nôtre
toute
la vie véritable
mais aussi
les rêves :
tous
les rêves
nous les rêverons.

(Pablo Neruda)

Illustration: Heidrun Maurer

 

Heidrun Maurer

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PORTRAIT INTÉRIEUR (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



PORTRAIT INTÉRIEUR

Ce ne sont pas des souvenirs
qui, en moi, t’entretiennent;
tu n’es pas non plus mienne
par la force d’un beau désir.

Ce qui te rend présente,
c’est le détour ardent
qu’une tendresse lente
décrit dans mon propre sang.

Je suis sans besoin
de te voir apparaître;
il m’a suffi de naître
pour te perdre un peu moins.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Michael Cheval

 

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Portrait intérieur (Rilke)

Publié par arbrealettres le 10 mai 2013



Portrait intérieur

Ce ne sont pas des souvenirs
qui, en moi, t’entretiennent;
tu n’es pas non plus mienne
par la force d’un beau désir.

Ce qui te rend présente
c’est le détour ardent
qu’une tendresse lente
décrit dans mon propre sang.

Je suis sans besoin
de te voir apparaître;
il m’a suffi de naître
pour te perdre un peu moins.

(Rilke)

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La rose sauvage (Yvon Le Men)

Publié par arbrealettres le 2 mai 2013



la rose sauvage
frôle l’aubépine
perd son parfum

ne l’oublie pas

(Yvon Le Men)


Illustration

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SONNET (Federico Garcia Lorca)

Publié par arbrealettres le 2 mai 2013



 

Andrey Remnev _ Andrej Remnjov_ Remnev (50)

SONNET

J’ai peur de perdre la merveille
de tes yeux de statue et l’accent
que de nuit me pose sur la joue
la solitaire rose de ton haleine.

J’ai peur d’être sur ce versant
un tronc sans rameaux et désespère
de n’avoir fleur, pulpe, ni terre
polir le ver de mon tourment.

Si tu es mon trésor caché,
si tu es ma croix, mon chagrin mouillé,
si je suis le chien de ta seigneurie,

ne me laisse perdre ce que j’ai gagné
et vois ta rivière embellie
des  feuilles de mon automne dévoué.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration: Andrey Remnev

 

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Je ne t’ai pas perdu, hideux instant (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 27 avril 2013



 

Hans Christiansen  _4

Je ne t’ai pas perdu, hideux instant,
comme je le croyais; non !
Près de moi voici les fleurs vénéneuses
que fit s’épanouir en moi la passion,
enracinées en mon sang convulsé,
si belles dans leur brûlante tristesse!
Les voici, les voici et me faisant pleurer,
je ne sais pas si c’est de les avoir faites,
ou de les avoir faites, hélas, si belles !

***

¡No te he perdido, instante feo,
como creía; no!
Aquí tengo las flores venenosas
que me abrió la pasión, con raíz en mi sangre
convulsiva,
¡tan bellas en su cálida tristeza!
¡Aquí están, aquí están, haciéndome llorar,
no sé si por haberlas hecho,
o por haberlas hecho ¡ay! tan bellas!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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Parmi des chênes, accoudée (Jean Moréas)

Publié par arbrealettres le 21 avril 2013



Todd Williams (59)

 

Parmi des chênes, accoudée
Sur la colline au vert gazon,
Se dresse la blanche maison,
De chèvrefeuille enguirlandée.

A la fenêtre, où dans des pots,
Fleurit la pâle marguerite,
Soupire une autre Marguerite :
Mon coeur a perdu son repos…

Le lin moule sa gorge plate
Riche de candides aveux,
Et la splendeur de ses cheveux
Ainsi qu’un orbe d’or éclate.

Va-t-elle murmurer mon nom ?
Irons-nous encor sous les graves
Porches du vieux bourg des burgraves ?
Songe éteint, renaîtras-tu ? – non !

(Jean Moréas)

Illustration: Todd Williams

 

 

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J’entends battre mon Sacré-Cœur (Jules Laforgue)

Publié par arbrealettres le 18 avril 2013



J’entends battre mon Sacré-Cœur
Dans le crépuscule de l’heure,
Comme il est méconnu, sans sœur,
Et sans destin, et sans demeure!
J’entends battre ma jeune chair
Équivoquant par mes artères,
Entre les Édens de mes vers
Et la province de mes pères.
Et j’entends la flûte de Pan
Qui chante : « bats, bats la campagne!
« Meurs, quand tout vit à tes dépens;
« Mais entre nous, va, qui perd gagne! »

(Jules Laforgue)

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Pourtant il y avait encore autre chose (Jean-Claude Pirotte)

Publié par arbrealettres le 7 avril 2013



pourtant il y avait encore autre chose
et ce n’était pas rien mais c’était
presque rien l’odeur d’un vieux veston
le frisson de l’été dans les feuilles du tremble

et ce que j’écrivais je savais seulement
que cela perdait toute réalité
en moi cet inconnu qui cherchait à parler
je le sentais vivant comme s’il était mort

(Jean-Claude Pirotte)

Illustration

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