Articles Tagués ‘ramier’
Publié par arbrealettres le 9 juin 2013
![Jeanie Tomanek byebye [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/jeanie-tomanek-byebye-1280x7681.jpg?w=847&h=1105)
La mère qui pleure
J’ai presque perdu la vue
A suivre le jeune oiseau
Qui, du sommet d’un roseau,
S’est élancé vers la nue.
S’il ne doit plus revenir,
Pourquoi m’en ressouvenir ?
Bouquet vivant d’étincelles,
Il descendit du soleil
Eblouissant mon réveil
Au battement de ses ailes.
S’il ne doit plus revenir,
Pourquoi m’en ressouvenir ?
Prompt comme un ramier sauvage,
Après l’hymne du bonheur,
Il s’envola de mon coeur,
Tant il craignait l’esclavage !
S’il ne doit plus revenir,
Pourquoi m’en ressouvenir ?
De tendresse et de mystère
Dés qu’il eut rempli ces lieux,
Il emporta vers les cieux
Tout mon espoir de la terre !
S’il ne doit plus revenir,
Pourquoi m’en ressouvenir ?
Son chant que ma voix prolonge
Plane encore sur ma raison,
Et dans ma triste maison
Je n’entends chanter qu’un songe.
S’il ne doit plus revenir,
Pourquoi m’en ressouvenir ?
Le jour ne peut redescendre
Dans l’ombre où son vol a lui,
Et pour monter jusqu’à lui
Mes ailes ont trop de cendre.
S’il ne doit plus revenir,
Pourquoi m’en ressouvenir ?
Comme l’air qui va si vite,
Sois libre, ô mon jeune oiseau !
Mais que devient le roseau,
Quand son doux chanteur le quitte !
S’il ne doit plus revenir,
Pourquoi m’en ressouvenir ?
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Jeanie Tomanek
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Publié par arbrealettres le 9 juin 2013

La jeune fille et le ramier
Les rumeurs du jardin disent qu’il va pleuvoir ;
Tout tressaille, averti de la prochaine ondée :
Et toi qui ne lis plus, sur ton livre accoudée,
Plains-tu l’absent aimé qui ne pourra te voir ?
Là-bas, pliant son aile et mouillé sous l’ombrage,
Banni de l’horizon qu’il n’atteint que des yeux,
Appelant sa compagne et regardant les cieux,
Un ramier, comme toi, soupire de l’orage.
Laissez pleuvoir, ô coeurs solitaires et doux !
Sous l’orage qui passe il renaît tant de choses.
Le soleil sans la pluie ouvrirait-il les roses ?
Amants, vous attendez, de quoi vous plaignez-vous ?
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Renata Ratajczyk
Publié dans poésie | Tagué: (Marceline Desbordes-Valmore), absent, aimé, amant, coeur, compagne, horizon, jardin, jeune fille, lire, ombrage, ondée, orage, ouvrir, pleuvoir, pluie, ramier, rose, rumeur, se plaindre, soleil, solitaire, soupirer, tressaillir | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 7 juin 2013
![Jeanie Tomanek byebye [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/jeanie-tomanek-byebye-1280x768.jpg?w=868&h=1132)
L’esclave et l’oiseau
Ouvre ton aile au vent, mon beau ramier sauvage,
Laisse à mes doigts brisés ton anneau d’esclavage !
Tu n’as que trop pleuré ton élément, l’amour ;
Sois heureux comme lui : sauve-toi sans retour !
Que tu montes la nue, ou que tu rases l’onde,
Souviens-toi de l’esclave en traversant le monde :
L’esclave t’affranchit pour te rendre à l’amour ;
Quitte-moi comme lui : sauve-toi sans retour !
Va retrouver dans l’air la volupté de vivre !
Va boire les baisers de Dieu, qui te délivre !
Ruisselant de soleil et plongé dans l’amour,
Va-t-en ! Va-t-en ! Va-t-en ! Sauve-toi sans retour !
Moi, je garde l’anneau ; je suis l’oiseau sans ailes.
Les tiennes vont aux cieux ; mon âme est devant elles.
Va ! Je les sentirai frissonner dans l’amour !
Mon ramier, sois béni ! Sauve-toi sans retour !
Va demander pardon pour les faiseurs de chaînes ;
En fuyant les bourreaux, laisse tomber les haines.
Va plus haut que la mort, emporté dans l’amour ;
Sois clément comme lui… sauve-toi sans retour !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Jeanie Tomanek
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Publié par arbrealettres le 7 juin 2013

L’âme errante
Je suis la prière qui passe
Sur la terre où rien n’est à moi ;
Je suis le ramier dans l’espace,
Amour, où je cherche après toi.
Effleurant la route féconde,
Glanant la vie à chaque lieu,
J’ai touché les deux flancs du monde,
Suspendue au souffle de Dieu.
Ce souffle épura la tendresse
Qui coulait de mon chant plaintif
Et répandit sa sainte ivresse
Sur le pauvre et sur le captif
Et me voici louant encore
Mon seul avoir, le souvenir,
M’envolant d’aurore en aurore
Vers l’infinissable avenir.
Je vais au désert plein d’eaux vives
Laver les ailes de mon coeur,
Car je sais qu’il est d’autres rives
Pour ceux qui vous cherchent, Seigneur !
J’y verrai monter les phalanges
Des peuples tués par la faim,
Comme s’en retournent les anges,
Bannis, mais rappelés enfin…
Laissez-moi passer, je suis mère ;
Je vais redemander au sort
Les doux fruits d’une fleur amère,
Mes petits volés par la mort.
Créateur de leurs jeunes charmes,
Vous qui comptez les cris fervents,
Je vous donnerai tant de larmes
Que vous me rendrez mes enfants !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Alexander Deineka
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Publié par arbrealettres le 30 mars 2013

Tubéreuse et jonquille
—L’autre jour, disait la Jonquille, mon maître,
en me montrant à un de ses amis, s’est écrié:
voyez cette jolie fleur, c’est le désir.
—Moi, répondit la Tubéreuse, je suis la volupté.
—J’aime bien mieux être le désir.
—Cela vous plaît à dire, mais tout le monde n’est pas de votre avis.
—Vous ne venez qu’après moi.
—Mais je vous fais oublier.
—Sans moi vous n’existeriez pas. Je vous fais naître.
—Moi, je vous ressuscite.
La conversation, comme on le voit, avait pris une tournure assez métaphysique.
Le champ était vaste, et les deux fleurs pouvaient disputer longtemps avec des avantages égaux.
Entre le désir et la volupté, entre la jonquille et la tubéreuse,
ce n’est pas nous qui oserons décider.
Heureusement, le Ramier n’éprouvait pas les mêmes scrupules:
Pour vous juger, je n’ai qu’à voir la manière dont les hommes vous traitent;
la nature a pris soin de multiplier la jonquille;
elle abonde dans les prés, elle s’épanouit à côté des fleurs les plus simples.
Son parfum est doux sans être enivrant.
Sa tête penchée qui semble cachée sous un voile blanc,
sa robe verte d’espérance charment le regard.
L’homme aime à s’entourer de jonquilles.
Sur la fenêtre du pauvre, sur la cheminée du riche, partout, elle est bien accueillie.
C’est que le désir plaît.
Quant à vous, madame la Tubéreuse, c’est autre chose.
Vous êtes originaire de l’Inde, vous êtes fille de la terre d’où nous viennent tous les poisons.
Vos grandes fleurs blanches lavées de rose séduisent, il est vrai, par leur beauté,
mais leur parfum ne peut se sentir longtemps.
En vous voyant pour la première fois un charme puissant s’empare des sens,
on voudrait se livrer tout entier au plaisir de vous respirer,
mais bientôt une fatigue étrange remplace cet enivrement passager.
On vous éloigne, on vous évite, on craint de vous approcher.
C’est que la volupté tue.
Les sages seuls sont de l’avis du Ramier.
Le reste des hommes hésite encore entre le désir et la volupté.
(J.J. Grandville)
Publié dans poésie | Tagué: (J.J. Grandville), accueillir, beauté, désir, exister, fatigue, hésiter, jonquille, métaphysique, naître, plaire, publier, ramier, ressusciter, séduire, tubéreuse, volupté | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 2 février 2013

AUTOMNE
AU TEMPLE LUK WU
1.
Longue marche le long de la côte
maintenant dans la brume du soir
le portail rouge
2.
Pourquoi Bouddha est-il venu de l’ouest ?
— un bol de nouilles
et ce thé couleur d’ambre
3.
Un temple dans la montagne —
le balai qui passe
le balai qui passe
4.
Vent dans les pins
la cloche du toit qui tinte
à travers la moustiquaire : la lune
5.
Départ à l’aube
après un gruau de riz —
le cri du ramier
(Ile de Lantao, mer de Chine du Sud)
*
AUTUMN
AT LUK WU TEMPLE
1.
Long miles along the coast
now in the evening mist
the red gates
2.
Why did Buddha come from the west?
— a bowl of noodles
and this amber-coloured tea
3.
A temple in the mountains —
thesound of sweeping
the sound of sweeping
4.
Wind in the pines
the roof bell tolling
through the mosquito net : the moon
5.
Leaving at dawn
after a bowl of rice gruel —
thecall of a wood pigeon
(Lantao Island, South China Sea)
(Kenneth White)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 19 novembre 2012

PROLOGUE
L’AMOUR est infatigable !
Il est ardent comme un diable,
Comme un ange il est aimable.
L’amant est impitoyable,
Il est méchant comme un diable,
Comme un ange, redoutable.
Il va rôdant comme un loup
Autour du coeur de beaucoup
Et s’élance tout à coup
Poussant un sombre hou-hou !
Soudain le voilà roucou-
Lant ramier gonflant son cou.
Puis que de métamorphoses !
Lèvres rouges, joues roses,
Moues gaies, ris moroses,
Et, pour finir, moulte chose
Blanche et noire, effet et cause;
Le lys droit, la rose éclose…
(Paul Verlaine)
Publié dans poésie | Tagué: (Paul Verlaine), aimable, amour, ange, ardent, éclose, coeur, cou, diable, gaie, impitoyable, infatigable, joue, lèvre, lys, méchant, métamorphose, morose, moue, ramier, rôder, ris, rose, sombre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 24 octobre 2012
Je traverse les journées
à grands coups de miroir
allumant les portraits dans le noir
répandant les mêmes mots
d’amour sur les blés
que les éternels vols de ramiers
tout est dit depuis toujours
mais le monde attend encore
que morde la braise
sous le feu de la parole.
(Alexandre Voisard)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Alexandre Voisard), allumer, amour, attendre, éternel, blé, braise, feu, journée, miroir, monde, mot, ramier, répandre, traverser | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 21 juin 2012
Dans l’étendue
plus rien que des montagnes miroitantes
Plus rien que d’ardents regards
qui se croisent
Merles et ramiers
(Philippe Jaccottet)
Publié dans poésie | Tagué: (Philippe Jaccottet), ardent, étendue, merle, miroiter, montagne, ramier, regard, se croiser | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 2 février 2012
Dans l’étendue
plus rien que des montagnes miroitantes
Plus rien que d’ardents regards
qui se croisent
Merles et ramiers
(Philippe Jaccottet)
Publié dans poésie | Tagué: (Philippe Jaccottet), ardent, étendue, croiser, merle, miroiter, montagne, ramier, regard | 2 Commentaires »