
Autre est déjà
Son regard
Sur cette main.
(Guillevic)
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Autre est déjà
Son regard
Sur cette main.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Des monticules de têtes humaines s’étendent au loin,
Et moi, là-bas, je deviens si petit que j’échappe aux regards,
Mais dans les livres souriants, dans les jeux des enfants,
Je vais ressusciter pour dire que le soleil brille.
(Ossip Mandelstam)
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Au vallon vide peu reviennent…
Les montagnes bleues frissonnent au soleil.
Il me tente, votre perchoir solitaire…
Mon regard se perd à la pointe des nuages blancs.
(Wang Wei)
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013

Dans la nature
Beauté exquise
Dans une lumière intense
Près d’un feu ardent
Tu mesures le jour
Au nombre de tes joies
Et à la transparence du matin.
Alors que l’horizon arbore
Les plus riches couleurs
Tu vas sous un ciel habité
Par un soleil sphériquement parfait
Enchâssé dans un nuage
Et la rêverie du jardin
T’empreint de mélancolie.
Les fleurs se prosternent devant toi
Tu ris dans l’herbe
Sous un gai soleil
Et dans la candeur d’un vierge univers.
Ton regard prend la couleur de l’eau.
Tu ris sous le feuillage attentif
D’un arbre qui songe
Fécond et intarissable de fruits
Quand la prairie recèle
Les germes de tes rêves.
Dans le soir noir et froid
La bise froisse le miroir
Des eaux polies
Et déforme l’image
Des branches du saule pleureur.
La lune y grimace
Alors que ton visage
Garde sa pureté.
(Jean-Baptiste Besnard)
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Publié par arbrealettres le 15 mai 2013
Sors de l’ombre, et dis-moi
depuis combien d’années
tu mêles à mes pas
ton empreinte invisible,
ô mon double muet
traversé par mes mains.
C’est trop peu de sentir
ton souffle sur mon front
et dans l’air mutilé
d’écouter ta présence ;
trop peu de deviner
tes gestes incertains
à travers le cristal
du sommeil et des songes.
J’ai trop connu l’attente
et les paroles dures.
je ne crains ton regard
ni le rond de ta bouche
et veux te voir en face
à la clarté du coeur.
(Georges Libbrecht)
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Publié par arbrealettres le 15 mai 2013
LA NONNE GITANE
Silence de chaux et de myrte.
Mauves dans les herbes fines.
Sur une toile jaune paille
la nonne brode des giroflées.
Volent dans le lustre gris
les sept oiseaux du prisme.
Tel un ours panse en avant
loin de là grogne l’église.
Comme elle brode ! Quelle grâce !
Sur la toile jaune paille
elle aimerait bien broder
des fleurs à sa fantaisie.
Quel tournesol ! Quel magnolia
de faveurs et de clinquant !
Quels safrans et quelles lunes
sur la nappe de l’autel !
Cinq oranges en compote
cuisent dans l’office proche :
ce sont les plaies du Christ
cueillies près d’Almeria.
Dans le regard de la nonne
galopent deux cavaliers.
Une rumeur dernière et sourde
lui décolle la chemise,
la vue des monts et des nuées
dans les lointains arides
fait qu’alors son coeur se brise,
son mur de sucre et de verveine.
Oh, quelle plaine escarpée
sous l’éclat de vingt soleils !
Quelles rivières soulevées
entrevoit sa fantaisie !
Mais à ses fleurs elle s’applique
tandis que debout dans la brise
l’éclat du jour joue aux échecs
par les fentes de la jalousie.
(Federico Garcia Lorca)
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Publié par arbrealettres le 14 mai 2013
Savoir-vivre
Ah! l’excellente fille!
Un homme éternue-t-il à ses côtés,
en plein salon, la voilà qui fait glisser sa robe
sous laquelle elle est nue, et de sa voix fraîche:
- A vos souhaits, Monsieur!
Les témoins demeurent confondus devant tant de naturel
allié au bon sens le plus profond de la devination.
Quelle chose singulière: c’est l’homme qui paraît nu!
Tous les regards se fixent sur sa personne.
On n’aurait jamais cru cela de lui!
Rouge de confusion, il réclame son chapeau,
son manteau, ses gants,
et se sauve sans demander son reste.
(René de Obaldia)
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Publié par arbrealettres le 11 mai 2013

Le sublime est un départ.
Quelque chose de nous qui au lieu
de nous suivre, prend son écart
et s’habitue aux cieux.
La rencontre extrême de l’art
n’est-ce point l’adieu le plus doux?
Et la musique: ce dernier regard
que nous jetons nous-mêmes vers nous!
(Rainer Maria Rilke)
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Publié par arbrealettres le 11 mai 2013

Ô mes amis, vous tous, je ne renie
aucun de vous; ni même ce passant
qui n’était de l’inconcevable vie
qu’un doux regard ouvert et hésitant.
Combien de fois un être, malgré lui,
arrête de son oeil ou de son geste
l’imperceptible fuite d’autrui,
en lui rendant un instant manifeste.
Les inconnus. Ils ont leur large part
à notre sort que chaque jour complète.
Précise bien, ô inconnue discrète,
mon coeur distrait, en levant ton regard.
(Rainer Maria Rilke)
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