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Articles Tagués ‘ressusciter’

Il avait ressuscité l’homme (Guy Lévis Mano)

Publié par arbrealettres le 21 mai 2013



 

Otto Dix

Il avait ressuscité l’homme. Il marchait à sa droite.
La parole de l’homme était trop haute et trop basse, avec de larges paliers de silence.
Alors il marcha à sa gauche. Et vit que la joue gauche de l’homme était couleur de terre.
Il se dit : il était temps. Encore un peu et la terre eût plaqué sur tout le corps sa teinte.
Il ne faut pas laisser le temps à la terre. Cet homme va toujours traîner un peu de mort sur lui…

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Otto Dix

 

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Je vais ressusciter (Ossip Mandelstam)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013



Des monticules de têtes humaines s’étendent au loin,
Et moi, là-bas, je deviens si petit que j’échappe aux regards,
Mais dans les livres souriants, dans les jeux des enfants,
Je vais ressusciter pour dire que le soleil brille.

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Paul Cézanne

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Elle (Jean-Marie Le Huche)

Publié par arbrealettres le 14 mai 2013


Elle

Je l’ai d’abord enfermée dans l’armoire mais elle a
déchiré mes draps
Je l’ai collé dans le frigidaire mais elle a dévoré
mon kilo de beurre
Je l’ai transformée en fourneau à gaz mais elle a
cramé mon plat de nouilles
J’en ai fait une cocotte en papier mais elle a caqueté
jusqu’à minuit
Je l’ai flanquée excédé à la porte mais elle est revenue
par la fenêtre
Je l’ai poussée dans le canal Saint-Martin mais elle
nageait comme une anguille
Enfin je me suis tué
Et quand j’ai été mort je l’ai vue fondre en larmes
Devant son café crème place Saint-Michel
Alors j’ai ressuscité. Je lui ai dit
Viens. On rentre. Il faut pas pleurer
Et puis ça a recommencé.

(Jean-Marie Le Huche)

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POÈMES DE PETERSBOURG (Anna Akhmatova)

Publié par arbrealettres le 5 avril 2013



POÈMES DE PETERSBOURG

1
Saint-Isaac à nouveau se couvre
D’une parure d’argent fondu.
Le cheval de Pierre le Grand
Se fige, impatient; il menace.

Un vent farouche, qui étouffe,
Emporte les fumées des cheminées…
Ah! le souverain est mécontent
De sa capitale nouvelle.

2
Mon coeur bat d’un rythme égal,
Que me font de longues années!
Nos ombres sont pour toujours
Rue des Galères, sous l’arc.

Sous mes paupières mi-closes
Je le vois, tu es avec moi,
Et ta main tient à jamais
Mon éventail encore fermé.

Parce que nous avons vécu
Ensemble un instant de miracle,
Lorsque sur le Jardin d’été
La lune a ressuscité, rose,
Je n’ai plus besoin d’attentes

Près de cette fenêtre lassante
Ni de rendez-vous ennuyeux.
Ah! L’amour est accompli.
Tu es libre, je suis libre,

Demain est meilleur qu’hier, —
Sur l’eau sombre de la Néva,
Devant le sourire glacé
De l’empereur Pierre le Grand.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Tubéreuse et jonquille (J.J. Grandville)

Publié par arbrealettres le 30 mars 2013



Tubéreuse et jonquille

—L’autre jour, disait la Jonquille, mon maître,
en me montrant à un de ses amis, s’est écrié:
voyez cette jolie fleur, c’est le désir.

—Moi, répondit la Tubéreuse, je suis la volupté.
—J’aime bien mieux être le désir.
—Cela vous plaît à dire, mais tout le monde n’est pas de votre avis.
—Vous ne venez qu’après moi.
—Mais je vous fais oublier.
—Sans moi vous n’existeriez pas. Je vous fais naître.
—Moi, je vous ressuscite.

La conversation, comme on le voit, avait pris une tournure assez métaphysique.
Le champ était vaste, et les deux fleurs pouvaient disputer longtemps avec des avantages égaux.
Entre le désir et la volupté, entre la jonquille et la tubéreuse,
ce n’est pas nous qui oserons décider.
Heureusement, le Ramier n’éprouvait pas les mêmes scrupules:
Pour vous juger, je n’ai qu’à voir la manière dont les hommes vous traitent;
la nature a pris soin de multiplier la jonquille;
elle abonde dans les prés, elle s’épanouit à côté des fleurs les plus simples.
Son parfum est doux sans être enivrant.
Sa tête penchée qui semble cachée sous un voile blanc,
sa robe verte d’espérance charment le regard.
L’homme aime à s’entourer de jonquilles.
Sur la fenêtre du pauvre, sur la cheminée du riche, partout, elle est bien accueillie.
C’est que le désir plaît.

Quant à vous, madame la Tubéreuse, c’est autre chose.
Vous êtes originaire de l’Inde, vous êtes fille de la terre d’où nous viennent tous les poisons.
Vos grandes fleurs blanches lavées de rose séduisent, il est vrai, par leur beauté,
mais leur parfum ne peut se sentir longtemps.
En vous voyant pour la première fois un charme puissant s’empare des sens,
on voudrait se livrer tout entier au plaisir de vous respirer,
mais bientôt une fatigue étrange remplace cet enivrement passager.
On vous éloigne, on vous évite, on craint de vous approcher.
C’est que la volupté tue.

Les sages seuls sont de l’avis du Ramier.
Le reste des hommes hésite encore entre le désir et la volupté.

(J.J. Grandville)

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Le mot dans le Noyau (Marcel Béalu)

Publié par arbrealettres le 24 octobre 2012



Le mot dans le Noyau

Le MOT que nous avons Écrit dans le noyau
Et caché dans la terre
Et qu’un arbre remplace
Il ressuscitera
Par cent multiplié
Pour les enfants futurs
Cherchant au cœur du fruit
Le message secret
Sur l’amande gravé

Si ce mot est amour
Qui le pourrait changer?

(Marcel Béalu)


Illustration

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Prière (Tristan Cabral)

Publié par arbrealettres le 2 août 2012



 

Prière

Seigneur
si un jour vous en avez le temps
ressuscitez-moi
ouvrez-moi comme une coque
brisez-moi comme pierre
mais je ne veux plus d’âme
plantez tout simplement
un grand silence à la place du coeur

(Tristan Cabral)

 

 

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Il faut être amoureux (Paul Eluard)

Publié par arbrealettres le 17 juillet 2012



Pour reconstruire des villes
Pour ensemencer les champs
Pour fertiliser les coeurs
Il faut être amoureux

Pour élever les nuages
Pour exalter le soleil
En hiver comme en été
Il faut être amoureux

Pour respirer et pour voir
Pour ressusciter les morts
Pour retrouver l’univers
Il faut être amoureux

Il faut être sur la terre
En puissance de sourire
A toute bouche radieuse
A toute main généreuse.

(Paul Eluard)


Illustration: Fabienne Contat

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Jamais (Edmond Jabès)

Publié par arbrealettres le 6 juillet 2012



Jamais le brin d’herbe
ne ressuscitera
l’arbre foudroyé.

(Edmond Jabès)


Illustration

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Je peux à toute heure te ressusciter (Jean Rousselot)

Publié par arbrealettres le 12 juin 2012



 

Je peux à toute heure
Te ressusciter
Dans ma chambre noire
Quitte à me brûler
Les doigts et le coeur

(Jean Rousselot)

Illustration: Irina Vitalievna Karkabi

 

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