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Poésie

Articles Tagués ‘retour’

L’Olive (Joachim du Bellay)

Publié par arbrealettres le 22 mai 2013


 


Two black olives on branch with leaves isolated on white

 

L’Olive

Si notre vie est moins qu’une journée
En l’éternel, si l’an qui fait le tour
Chasse nos jours sans espoir de retour,
Si périssable est toute chose née,

Que songes-tu, mon âme emprisonnée ?
Pourquoi te plaît l’obscur de notre jour,
Si pour voler en un plus clair séjour,
Tu as au dos l’aile bien empanée ?

Là, est le bien que tout esprit désire,
Là, le repos où tout le monde aspire,
Là, est l’amour, là, le plaisir encore.

Là, ô mon âme au plus haut ciel guidée !
Tu y pourras reconnaître l’Idée
De la beauté, qu’en ce monde j’adore.

(Joachim du Bellay)

 

 

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Désespérément moi (Farah-Martine Lhérisson)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013



 

Albert Asensio   2-3

Désespérément moi
à l’aller et au retour

(Farah-Martine Lhérisson)

Illustration: Albert Asensio

 

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Comme, en chantant, (Juan Ramón Jiménez)

Publié par arbrealettres le 28 avril 2013



 

peuplier

Comme, en chantant, l’oiseau
sur la cime de lumière du peuplier vert
au soleil joyeux du clair après-midi,
à loisir, me déchire, immensément, en deux
l’âme — et quel sang de musique jaillit ! —
du zénith sans retour
à la terre immuable !

***

¡Cómo, cantando el pájaro
en la cima de luz del chopo verde,
al sol alegre de la tarde clara,
me parte el alma, a gusto, inmensamente, en dos
— ¡y qué sangre de música chorrea!—,
desde el cenit sin vuelta
a la tierra sin cambio!

(Juan Ramón Jiménez)

 

 

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Plus vaste est le temps (Milan Kundera)

Publié par arbrealettres le 20 avril 2013


 


 

Pedro Ruiz 1957 - Colombian painter -   (18)

Plus vaste est le temps que nous avons laissé derrière nous,
plus irrésistible est la voix qui nous invite au retour.

(Milan Kundera)

Illustration: Pedro Ruiz

 

 

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J’ai soif du retour (Dài Wàngshú)

Publié par arbrealettres le 20 avril 2013



 

Brendan MonroeThe_Interpretation_2009_1513_97

J’ai soif du retour
vers ce ciel — vers ce ciel si clair,
Là, je peux dormir tranquille — là je peux et vivre et disparaître
Comme rit et pleure en silence
un enfant dans le sein de sa mère.

(Dài Wàngshú)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Ma nudité (Kerline Devise)

Publié par arbrealettres le 10 avril 2013



 

Beauté NoireMa nudité
On me dit qu’on la voit parfois assise
Au pied d’un arbre fredonnant un air étrange
On me dit qu’on la voit parfois assise
Au pied d’un arbre portant une grande fissure
D’où coule un marécage de serpents et de cris
Elle ne reconnaît plus les maisons et les villes
Ne se souvient ni de noms ni d’adresses
Elle coule
Elle s’en va sans retour vers cette porte toujours ouverte
Cette porte qui, elle aussi, ne fait que couler
Elle coule
Elle s’en va sans retour vers ces fleurs cueillies pour toi
Ces fleurs poussées sur ma langue
Ma nudité
Mes yeux
On me dit qu’on les voit éternellement
Sur la route qui mène à ton amour

(Kerline Devise)

Illustration

 

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Avril (François Coppée)

Publié par arbrealettres le 10 avril 2013



 

Avril

Lorsqu’un homme n’a pas d’amour,
Rien du printemps ne l’intéresse ;
Il voit même sans allégresse,
Hirondelles, votre retour ;

Et, devant vos troupes légères
Qui traversent le ciel du soir,
Il songe que d’aucun espoir
Vous n’êtes pour lui messagères.

Chez moi ce spleen a trop duré,
Et quand je voyais dans les nues
Les hirondelles revenues,
Chaque printemps, j’ai bien pleuré.

Mais depuis que toute ma vie
A subi ton charme subtil,
Mignonne, aux promesses d’Avril
Je m’abandonne et me confie.

Depuis qu’un regard bien-aimé
A fait refleurir tout mon être,
Je vous attends à ma fenêtre,
Chères voyageuses de Mai.

Venez, venez vite, hirondelles,
Repeupler l’azur calme et doux,
Car mon désir qui va vers vous
S’accuse de n’avoir pas d’ailes.

(François Coppée)

Illustration

 

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Sur le chemin (Yvon Le Men)

Publié par arbrealettres le 7 avril 2013



sur le chemin

faire que les retours
soient des allers

(Yvon Le Men)

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Les fleurs ne sont pas interrogatrice (Georges Themelis)

Publié par arbrealettres le 4 avril 2013



 

Les fleurs ne sont pas interrogatrices.
Elles n’espèrent que le destin de devenir des livres d’amour pour les oiseaux
Ou mourir simplement et sans tristesse sous un regard de jeune fille.
Elles n’ont pas de doute du probable, l’amertume de l’irrévocable.

Elles n’ont pas de mémoire. Elles ont oublié le départ initial et la nostalgie du retour.
Elles donnent sans hésiter, comme les petits enfants aux mains de la bonne journée.
Leur gloire est de s’endormir dans le sein des morts.

Elles ne sont pas interrogatrices et ne demandent pas au vent d’où il vient
Ni où il va. Elles ne creusent pas la neige pour
trouver l’extrémité de la blancheur ; elles ne réfléchissent pas
Pour connaître le sort de leur ombre qui se perd dans les corridors de l’eau,
Et ne se demandent pas pourquoi roulent les voitures
pourquoi sonnent les horloges en blessant la mémoire,
Pourquoi naissent et meurent — meurent et naissent
les hommes,
Pourquoi les morts n’écoutent pas, pourquoi ils ne
parlent pas, pourquoi ils ne se présentent pas à l’autre entrée,
Ni ce qu’il est advenu de l’autrefois, cet avant tout
l’avant qui n’existe et ne revient pas en arrière,
Et ce qui est arrivé pour que le soleil s’en tienne à sa course en multipliant les chevaux,
en transformant les chevaux.

Qui sait, qui peut dire vers où se dirigent et vont les axes de l’éternel ?

Peut-être se dirigent-ils vers le point du début pour parfaire la circonférence

Pour terminer l’aventure de la fuite lointaine et
exclure du domaine de l’accompli, tous les possibles et tous les vols inutiles
En rejetant leur moi, en annulant leur moi
Sans commencement ni fin dans l’immobilité de la plénitude,
Scellant le mouvement parfait dans l’immobilité complète
Comme une statue, vaisseau en relief qui voyage, voyage…

Les fleurs seront pleinement accomplies en retrouvant leur réalité totale
Et leur gloire sera de se donner spontanément à ton regard parfait

(Georges Themelis)

Illustration

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Que le retour est difficile ! (Abbas Kiarostami)

Publié par arbrealettres le 31 mars 2013



J’ai ramassé
Trois oeufs de moineau
Sur le mont Qâf
Que le retour est difficile !

(Abbas Kiarostami)

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