Mais déjà l’infini
n’est qu’une matinée de plus
un présage
la course du soleil
derrière le coquillage étonné
d’un rideau.
(Christian Viguié)
Publié par arbrealettres le 9 mai 2013
Mais déjà l’infini
n’est qu’une matinée de plus
un présage
la course du soleil
derrière le coquillage étonné
d’un rideau.
(Christian Viguié)
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Publié par arbrealettres le 7 mai 2013
Publié dans poésie | Tagué: (Christian Bobin), harpe, paradis, perle, rideau | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 7 mai 2013
Je te dirai ma chambre,
mon nom d’herbe et de paille,
le poids de mes cheveux sur l’oreiller,
la brise entre les mailles du rideau.
Je t’offrirai la coupe de mes mains
pour que tu boives le lait de l’été.
Je te dirai la naissance du verbe
dans l’impatience des draps.
je te dirai aussi mon lit
où se consume sans trêve le poème,
la nuque des draps immolés,
la chair des mots, leur lutte
pour mêler sang et chanson.
J’entre dans cette chambre
comme on va au bûcher,
je fonds dans sa fiévreuse blessure,
j’existe par sa lumière suspendue
au plafond qui se dérobe.
(Kettly Mars)
Publié dans poésie | Tagué: (Kettly Mars), blessure, brise, chair, chambre, cheveux, coupe, dire, drap, herbe, impatience, lumière, mots, naissance, nom, nuque, offrir, oreiller, paille, plafond, poids, rideau, se dérober, suspendue, trêve | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 4 mai 2013
Je nous oublie dans une ville de désert de douleurs et d’hésitation.
Des exilés sans ailleurs des compagnons de silence.
Mes voyages se meurent au fond d’un tiroir.
Ici on met le temps dans des verres d’eau.
La vie ne dure pas.
Elle m’a raconté enveloppée dans ses rides,
enveloppée dans son âge
l’avoir vu partir avec des morts inconnus.
Jour indiscret.
Saison des larmes.
Ma raison de tristesse est là.
Il y a une fenêtre entre elle et moi,
il y a du savon pour laver nos désirs, nos exils, nos amputations.
Je pousse mes rideaux de futilité et de nécessaire.
(Emmelie Prophète)
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Publié par arbrealettres le 10 avril 2013
Le lis
Hors du coffret de laque aux clous d’argent, parmi
Les fleurs du tapis jaune aux nuances calmées,
Le riche et lourd collier qu’agrafent deux camées,
Ruisselle et se répand sur la table à demi.
Un oblique rayon l’atteint. L’or a frémi.
L’étincelle s’attache aux perles parsemées,
Et midi darde moins de flèches enflammées
Sur le dos somptueux d’un reptile endormi.
Cette splendeur rayonne et fait pâlir des bagues
Éparses où l’onyx a mis ses reflets vagues
Et le froid diamant sa claire goutte d’eau ;
Et, comme dédaigneux du contraste et du groupe,
Plus loin, et sous la pourpre ombreuse du rideau,
Noble et pur, un grand lis se meurt dans une coupe.
(François Coppée)
Publié dans poésie | Tagué: (François Coppée), argent, bague, camée, clou, coffret, collier, contraste, coupe, dédaigneux, diamant, endormi, frémir, lis, mourir, nuance, or, pâlir, pourpre, rayon, reflet, rideau, ruisseler, somptueux, splendeur, vague | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 5 avril 2013

Le poète
Tu penses que c’est un travail?
Mais c’est l’insouciance de la vie.
Prendre quelque chose à la musique
Puis, en riant, le donner comme sien,
Loger dans de certains vers
Le joyeux scherzo de quelqu’un,
Jurer que son pauvre coeur
Pleure parmi l’éclat des champs.
Écouter ensuite la forêt,
Les pins, qui semblent se taire,
Jusqu’à ce que partout s’élève
Le rideau épais du brouillard.
Je prends à droite et à gauche
Et même, sans me sentir coupable,
Quelque chose à la vie retorse,
Et tout, au silence de la nuit.
(Anna Akhmatova)
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Publié par arbrealettres le 4 avril 2013
Nocturnes
On gagne la nuit par de lentes effloraisons de nuages
on a vu d’abord le ciel prendre racine
dans un vaste morcellement d’oranges et de bleus
s’égrenant à l’horizon en un archipel de bulbes roses
puis le soleil a sombré dans l’eau des arbres
les lignes de la terre se sont épurées
les nuages bleu sombre séparés par plans
caravanes de formes glissant en se chevauchant
dans le rapide mouvement de déplacement du train
puis la nuit a tiré un à un ses rideaux
la vitesse s’est dissoute dans la vibration nocturne
on a poursuivi le voyage à l’intérieur des lignes du corps
(Eric Chassefière)
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Publié par arbrealettres le 16 mars 2013

Rien n’obscurcira la beauté de ce monde
Les pleurs peuvent inonder toute la vision. La souffrance
Peut enfoncer ses griffes dans ma gorge. Le regret,
L’amertume, peuvent élever leurs murailles de cendre,
La lâcheté, la haine, peuvent étendre leur nuit,
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Nulle défaite ne m’a été épargnée. J’ai connu
Le goût amer de la séparation. Et l’oubli de l’ami
Et les veilles auprès du mourant. Et le retour
Vide, du cimetière. Et le terrible regard de l’épouse
Abandonnée. Et l’âme enténébrée de l’étranger,
Mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Ah ! On voulait me mettre à l’épreuve, détourner
Mes yeux d’ici-bas. On se demandait : « Résistera-t-il ? »
Ce qui m’était cher m’était arraché. Et des voiles
Sombres, recouvraient les jardins à mon approche
La femme aimée tournait de loin sa face aveugle
Mais rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Je savais qu’en dessous il y avait des contours tendres,
La charrue dans le champ comme un soleil levant,
Félicité, rivière glacée, qui au printemps
S’éveille et les voix. chantent dans le marbre
En haut des promontoires flotte le pavillon du vent
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Allons ! Il faut tenir bon. Car on veut nous tromper,
Si l’on se donne au désarroi on est perdu.
Chaque tristesse est là pour couvrir un miracle.
Un rideau que l’on baisse sur le jour éclatant,
Rappelle-toi les douces rencontres, les serments,
Car rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
Il faudra jeter bas le·masque de la douleur,
Et annoncer le temps de l’homme, la bonté,
Et les contrées du rire et la quiétude
Joyeux; nous marcherons vers la dernière épreuve
Le front dans la clarté, libation de l’espoir,
Rien n’obscurcira la beauté de ce monde.
(Ilarie Voronca)
Emprunté chez Lara, merci pour la découverte ici
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Publié par arbrealettres le 8 mars 2013

Le rideau est de ci de là
Flottant chez ma voisine.
Certes, elle épie en se penchant
Si je suis bien chez moi,
Et si la jalouse rancune
Qu’en plein jour j’ai couvée,
Comme elle le doit à jamais
Vibre au fond de mon coeur.
Mais, hélas! cette belle enfant
N’a rien senti de tel.
Je le vois, c’est le vent du soir
Qui joue dans son rideau.
***
Selbstbetrug
Der Vorhang scwebet hin und her
Bei meiner Nachbarin.
Gewiß, sie lauschet überquer,
Ob ich zu Hause bin.
Und ob der eifersüchtge Groll,
Den ich am Tag gehegt,
Sich, wie er nun auf immer soll,
Im tiefen Herzen regt.
Doch leider hat das schöne Kind
Dergleichen nicht gefühlt.
Ich seh, es ist der Abendwind,
Der mit dem Vorhang spielt.
(Goethe)
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Publié par arbrealettres le 15 février 2013
La lampe
Le vent noir qui tordait les rideaux ne pouvait
soulever le papier ni éteindre la lampe.
Dans un courant de peur, il semblait que quelqu’un pût entrer.
Entre la porte ouverte et le
volet qui bat – personne !
Et pourtant sur la table
ébranlée une clarté remue dans cette chambre
vide.
(Pierre Reverdy)
Publié dans poésie | Tagué: (Pierre Reverdy), éteindre, chambre, clarté, lampe, papier, personne, porte, rideau, table, vent, vide, volet | Poster un commentaire »