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Poésie

Articles Tagués ‘rose’

J’arrive et touche le bord (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013



Ferdinand Hodler view-into-infinity.jpg!HD

j’arrive et touche le bord,
souvenir, ô ma patrie,
au pas cadencé des morts
les couples dansent leur vie.
Monde je te vois et crée
l’autre Monde à nia façon.
toute forme que j’agrée
devient un collier de sons :
variables étiquettes
les mots couvrent leur objet,
je les classe dans ma tête
univers imaginé.
Je dis : oeillet, rose thé,
mais la fleur n’est plus derrière,
tous les jardins en jachère
il me faut les rebêcher.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ferdinand Hodler

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Franchissons la Grande Horizontale (Georges Libbrecht)

Publié par arbrealettres le 19 mai 2013


 


 

fleur cratère

Franchissons la Grande Horizontale et brisons la carapace.
Ô grâce, guide le voyage démesuré dans le labial des roses.
Eclair de ne pas être, incendie le phosphore des fosses nasales et
fonds peines et joies en de fins alliages.
Grand salut, mes aïeux, pour ces dahlias blancs, vos zones de silence
et le sommeil léger de votre éternité.
Grand salut, Terre-matrice avec tes seins, les clochers, jusqu’au
langage élargissant toutes les âmes en un Seul Dieu.
Epoque délirante, entends les accords volcaniques

(Georges Libbrecht)

Illustration

 

 

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Pesanteur et tendresse (Ossip Mandelstam)

Publié par arbrealettres le 18 mai 2013




Pesanteur et tendresse, soeurs aux signes semblables,
Lourdes roses pour les guêpes et les mouches à miel.
L’homme agonise, la chaleur s’échappe du sable
Et sur de noirs brancards git le soleil d’hier.

La pierre est plus légère qu’à ma bouche ton nom.
Ô ! lourds rayons des ruches et vous tendres réseaux !
Je n’ai pour vivre désormais d’autre raison —
Ce beau souci, du temps surmonter le fardeau.

Je bois comme une eau noire l’air soudain troublé.
Le soc creuse le temps. La rose fut de terre
Et son lent tourbillon fit des couronnes doubles
Des lourdes tendres roses — tendresse et pesanteur.

(Ossip Mandelstam)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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En toi la terre (Pablo Neruda)

Publié par arbrealettres le 17 mai 2013



En toi la terre

Petite
rose,
rose menue,
parfois,
minuscule et nue,
on dirait
que tu tiens
dans une seule de mes mains,
que je vais t’y emprisonner
et à ma bouche te porter,
mais
soudain
mes pieds touchent tes pieds et ma bouche tes lèvres,
tu as grandi,
tes épaules s’élèvent comme deux collines
et voici que tes seins se promènent sur ma poitrine,
mon bras parvient à peine à entourer la mince ligne,
le croissant de nouvelle lune de ta taille :
dans l’amour tu t’es déchaînée comme l’eau de la mer :
je mesure à peine les yeux les plus vastes du ciel
et je me penche sur ta bouche pour embrasser la terre.

(Pablo Neruda)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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UN MARIAGE (Norge)

Publié par arbrealettres le 14 mai 2013



UN MARIAGE

Un garçon comme ça se rencontre rarement :
bon comme le pain, vif comme la poudre,
fort comme un turc, doux comme un mouton.
Et une fille comme ça :
belle comme le jour, fraîche comme la rose,
pure comme l’or se rencontre rarement.

Eh bien, ils se rencontrèrent.
Ils ont une fille laide comme un pou
et une vie bête comme chou.

(Norge)

 

 

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Temps passé et Temps futur (Thomas Stearns Eliot)

Publié par arbrealettres le 12 mai 2013



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (89)

Temps passé et Temps futur
Permettent à peine d’être conscient.
Être conscient, ce n’est pas être inscrit dans le temps.
Et pourtant
Et pourtant, c’est seulement á l’intérieur
du temps que le moment dans le jardin des roses
Que le moment sous la tonnelle où battait la pluie
Que le moment dans l’église où soufflait le vent et où retombait la fumée
Peuvent être remémorés; enchevêtrés dans le passé et le futur.
C’est seulement dans le temps que peut être conquis le temps.

(Thomas Stearns Eliot)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Été: être pour quelques jours le contemporain des roses (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



Été: être pour quelques jours
le contemporain des roses;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d’autres roses absente.

*

Seule, ô abondante fleur,
tu crées ton propre espace;
tu te mires dans une glace
d’odeur.

Ton parfum entoure comme d’autres pétales.
ton innombrable calice.
Je te retiens, tu t’étales -
prodigieuse actrice.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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L’irremplaçable (Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013


 

Une rose seule, c’est toutes les roses
et celle-ci: l’irremplaçable,
le parfait, le souple vocable
encadré par le texte des choses.

Comment jamais dire sans elle
et que furent nos espérances,
et les tendres intermittences
dans la partance continuelle.

(Rilke)

 

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Rose (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013



Rose, pure contradiction, volupté
De n’être le sommeil de personne
Sous tant de paupières.

(Rainer Maria Rilke)
Vers choisis par Rilke pour son épitaphe


Illustration

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Heureuse rose (Rainer Maria Rilke)

Publié par arbrealettres le 11 mai 2013




Si ta fraîcheur parfois nous étonne tant,
heureuse rose,
c’est qu’en toi-même, en dedans,
pétale contre pétale, tu te reposes.

Ensemble tout éveillé, dont le milieu
dort, pendant qu’innombrables, se touchent
les tendresses de ce coeur silencieux
qui aboutissent à l’extrême bouche.

Je te vois, rose, livre entrebâillé,
qui contient tant de pages
de bonheur détaillé
qu’on ne lira jamais. Livre-mage,

qui s’ouvre au vent et qui peut être lu
les yeux fermés…,
dont les papillons sortent confus
d’avoir eu les mêmes idées.

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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