Articles Tagués ‘rose’
Publié par arbrealettres le 18 juin 2013

LE MAI D’AMOUR
Voici que verdit le printemps
Où l’heure au coeur sonne vingt ans,
Larivarite et la la ri ;
Voici que j’ai touché l’époque
Où l’on est las d’habits en loque,
Au gentil sieur il faudra ça
Ça
La la ri
Jeunes filles de bel humour,
Donnez-nous le mai de l’amour,
Larivarite et la la ri.
Soyez blonde ou brune ou châtaine,
Ayez les yeux couleur lointaine
Larivarite et la la ri ;
Des astres bleus, des perles roses,
Mais surtout, pas de voix moroses,
Belles de liesse, il faudra ça
Ça
La la ri
Il faudra battre un coeur de joie
Tout plein de gaîté qui rougeoie,
Larivarite et la la ri.
Moi, j’ai rêvé de celle-là
Au coeur triste dans le gala
Larivarite et la la ri;
Comme l’oiseau d’automne au bois
Ou le rythme du vieux hautbois,
Un coeur triste, il me faudra va
Ça
La la ri
Triste comme une main d’adieu
Et pur comme les yeux de Dieu,
Larivarite et la la ri.
Voici que vient l’amour de mai,
Vivez-le vite, le coeur gai,
Larivarite et la la ri ;
Ils tombent tôt les jours méchants,
Vous cesserez aussi vos chants ;
Dans le cercueil Il faudra ça
Ça
La la ri
Belles de vingt ans au coeur d’or,
L’amour, sachez-le, tôt s’endort,
Larivarite et la la ri.
(Emile Nelligan)
Illustration: William Bouguereau
Publié dans poésie | Tagué: (Emile Nelligan), adieu, amour, belle, blonde, brune, cercueil, châtaine, coeur, gaîté, gala, hautbois, humour, jeune fille, joie, liesse, lointaine, mai, or, perle, printemps, rose, s'endormir, verdir | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
Evasion
Le vert du feuillage
Eclate d’un rire de jeunesse
Sur le bleu tendre du ciel
Et s’élève des roses
Un parfum de velours
Le matin glisse sans bruit
Je quitte la maison
Où mes désirs sont captifs
Pour respirer la joie
Au milieu des champs
J’écoute le rire des pierres
Sur les lèvres du chemin
Je croque à belles dents
Dans la chair du jour
Sous un ciel comblé
De nuages folâtres
Qui broutent la colline
La surface de l’étang
Reflète la paix
Des eaux profondes
(Jean-Baptiste Besnard)
Publié dans poésie | Tagué: (Jean-Baptiste Besnard), éclater, étang, évasion, bleu, brouter, chair, ciel, comblé, croquer, désir, feuillage, folâtre, glisser, jeunesse, joie, lèvre, maison, paix, parfum, pierre, profonde, respirer, rire, rose, s'élever, tendre, velours, vert | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 17 juin 2013
Je te précède et tu m’attends
au jeu des roses et du mystère.
(Jean-Pierre Siméon)
Publié dans poésie, méditations | Tagué: jeu, rose, attendre, mystère, (Jean-Pierre Siméon), précéder | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 16 juin 2013

Trop tard
Il a parlé. Prévoyante ou légère,
Sa voix cruelle et qui m’était si chère
A dit ces mots qui m’atteignaient tout bas :
"Vous qui savez aimer, ne m’aimez pas !
"Ne m’aimez pas si vous êtes sensible,
"Jamais sur moi n’a plané le bonheur.
"Je suis bizarre et peut-être inflexible ;
"L’amour veut trop : l’amour veut tout un coeur
"Je hais ses pleurs, sa grâce ou sa colère ;
"Ses fers jamais n’entraveront mes pas. "
Il parle ainsi, celui qui m’a su plaire…
Qu’un peu plus tôt cette voix qui m’éclaire
N’a-t-elle dit, moins flatteuse et moins bas :
"Vous qui savez aimer, ne m’aimez pas !
"Ne m’aimez pas ! l’âme demande l’âme.
"L’insecte ardent brille aussi près des fleurs :
"Il éblouit, mais il n’a point de flamme ;
"La rose a froid sous ses froides lueurs.
"Vaine étincelle échappée à la cendre,
"Mon sort qui brille égarerait vos pas."
Il parle ainsi, lui que j’ai cru si tendre.
Ah ! pour forcer ma raison à l’entendre,
Il dit trop tard, ou bien il dit trop bas :
"Vous qui savez aimer, ne m’aimez pas. "
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Kathryn Jacobi
Publié dans poésie | Tagué: (Marceline Desbordes-Valmore), aimer, amour, atteindre, échappée, égarer, étincelle, briller, chère, cruelle, entendre, entraver, flamme, flatteuse, forcer, inflexible, insecte, légère, parler, plaire, raison, rose, sensible, tard, tendre, voix | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 juin 2013
Portraits de famille
Regarde
ici Grand-Mère!
Avec Grand-Père
À côté la Tante l’Oncle
et l’autre tante
Et Maman ma maman
Ils sont tous morts
Je tiens à la main
ce petit bouquet
de roses thé
Je les respire :
à chacune
son parfum
Ils ne sont plus que cela
dans ma mémoire
***
Retratos de familia
Olha
aqui a Avô!
Com o Avô
Ao lado a Tia o Tio
a outra tia
E a Mae a minha
Morreram todos ja
Seguro na mâo
esse raminho
de rosas-cha
Cheiro-as:
a cada uma
o seu perfume
Apenas isso sâo
agora
na lembrança
(Teresa Rita Lopes)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Teresa Rita Lopes), grand-mère, maman, mémoire, mort;bouquet, oncle, parfum, regarder, respirer, rose, tante, thé | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 juin 2013

Dans un parfum de roses blanches
Elle est assise et songe ;
Et l’ombre est belle comme s’il s’y mirait un ange.
Le soir descend, le bosquet dort ;
Entre ses feuilles et ses branches,
Sur le paradis bleu s’ouvre un paradis d’or.
Sur le rivage expire un dernier flot lointain.
Une voix qui chantait, tout à l’heure, murmure.
Un murmure s’exhale en haleine, et s’éteint.
Dans le silence il tombe des pétales…..
(Charles Van Lerberghe)
Illustration: Gerard Di-Maccio
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Van Lerberghe), ange, assise, descendre, flot, haleine, parfum, pétale, rivage, rose, s'exhaler, se mirer, silence, soir, songer | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 juin 2013

Caresse
Tu m’as pris jeune, simple et beau,
Joyeux de l’aurore nouvelle ;
Mais tu m’as montré le tombeau
Et tu m’as mangé la cervelle.
Tu fleurais les meilleurs jasmins,
Les roses jalousaient ta joue ;
Avec tes deux petites mains
Tu m’as tout inondé de boue.
Le soleil éclairait mon front,
La lune révélait ta forme ;
Et loin des gloires qui seront
Je tombe dans l’abîme énorme.
Enlace-moi bien de tes bras !
Que nul ne fasse ta statue
Plus près, charmante ! Tu mourras
Car je te tue – et je me tue.
(Charles Cros)
Illustration: Lauri Blank
Publié dans poésie | Tagué: (Charles Cros), abîme, aurore, beau, bras, caresse, cervelle, charmante, enlacer, fleurer, gloire, jalouser, jasmin, jeune, joue, joyeux, main, manger, mourir, nouvelle, révéler, rose, simple, statue, tombeau, tuer | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 14 juin 2013

Regret
Des roses de Lormont la rose la plus belle,
Georgina, près des flots nous souriait un soir :
L’orage, dans la nuit, la toucha de son aile,
Et l’Aurore passa triste, sans la revoir !
Pure comme une fleur, de sa fragile vie
Elle n’a respiré que les plus beaux printemps.
On la pleure, on lui porte envie :
Elle aurait vu l’hiver ; c’est vivre trop de temps !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Jean-Jacques Henner
Publié dans poésie | Tagué: (Marceline Desbordes-Valmore), aile, aurore, belle, envie, fleur, fragile, hiver, nuit, orage, pleurer, regret, respirer, revoir, rose, sourire, triste, vie, vivre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 12 juin 2013
![Erte lucrezia-bori-pelleas-and-melisande [1280x768]](http://arbrealettres.files.wordpress.com/2013/06/erte-lucrezia-bori-pelleas-and-melisande-1280x768.jpg?w=876&h=1163)
Ne fuis pas encore
Tu crois, s’il fait sombre,
Qu’on ne te voit pas,
Non plus qu’une autre ombre,
Glissant sur tes pas ?
Mais l’air est sonore,
Et ton pied bondit…
Ne fuis pas encore :
Je n’ai pas tout dit !
À qui ce gant rose
Qui n’est pas le mien ?
Quel parfum t’arrose,
Qui n’est plus le tien ?
Tu ris, mais prends garde,
Ta lèvre pâlit…
Moi je te regarde :
Sur ton coeur cachées
Des fleurs vont mourir ;
Les as-tu cherchées
Pour me les offrir ?
Vois ! La lune éclaire
l’enclos interdit…
Paix à ta colère !
Sous la noble allée
Qui s’ouvre pour toi,
La pauvre voilée,
Ingrat ! C’était moi.
Sans cris, sans prière,
Sans voix qui maudit,
Je fuis la première.
Adieu ! J’ai tout dit !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Illustration: Erte
Publié dans poésie | Tagué: (Marceline Desbordes-Valmore), adieu, éclairer, bondir, caché, chercher, coeur, colère, croire, enclos, fuir, gant, ingrat, interdire, maudire, moi, mourir, offrir, ombre, paix, pâlir, prendre garde, prière, rose, sombre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 12 juin 2013

Le bouquet sous la croix
D’où vient-il ce bouquet oublié sur la pierre ?
Dans l’ombre, humide encor de rosée, ou de pleurs,
Ce soir, est-il tombé des mains de la prière ?
Un enfant du village a-t-il perdu ces fleurs ?
Ce soir, fut-il laissé par quelque âme pensive
Sous la croix où s’arrête un pauvre voyageur ?
Est-ce d’un fils errant la mémoire naïve
Qui d’une pâle rose y cacha la blancheur ?
De nos mères partout nous suit l’ombre légère ;
Partout l’amitié prie et rêve à l’amitié ;
Le pèlerin souffrant sur la route étrangère
Offre à Dieu ce symbole, et croit en sa pitié !
Solitaire bouquet, ta tristesse charmante
Semble avec tes parfums exhaler un regret.
Peut-être es-tu promis au songe d’une amante :
Souvent dans une fleur l’amour a son secret !
Et moi j’ai rafraîchi les pieds de la Madone
De lilas blancs, si chers à mon destin rêveur ;
Et la Vierge sait bien pour qui je les lui donne :
Elle entend la pensée au fond de notre coeur !
(Marceline Desbordes-Valmore)
Publié dans poésie | Tagué: (Marceline Desbordes-Valmore), amante, amour, âme, étrangère, blancheur, bouquet, coeur, croix, donner, errant, fleur, madone, mémoire, oublié;tombé, pensive, perdu, pied, pierre, pitié, prière, promis, rose, secret, songe, symbole | Poster un commentaire »