Articles Tagués ‘savoir’
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Il savait des choses dont la nuit seule apprivoise le langage
et il les semait dans sa nation attentive silencieuse
hâve occulte qui était son raisin et sa farine
Et ces choses étaient l’orange juteuse pour l’heure
jachère pour la clameur de la gorge taciturne
et pour la soif de sa nation qui le voulait homme roi
Le laurier de longue verdeur ne frémissait pas de sa connaissance
et de sa requête debout et de son geste multitude et immobilité
Quand la mémoire l’avait rejeté ce qu’il savait demeurait
Et il le savait dans sa peau et devant sa peau
Il le savait à mesure de l’ignorance
Et cela prenait coeur dans son silence
comme une goutte ailée de miel
pour se poser sur la bouche épouse
(Guy Lévis Mano)
Illustration: Dennis Wojtkiewicz
Publié dans poésie | Tagué: (Guy Lévis Mano), ailée, apprivoiser, attentive, épouse, bouche, clameur, coeur, debout, demeurer, farine, geste, gorge, goutte, immobilité, jachère, langage, laurier, mesure, miel, multitude, nuit, occulté, orange, peau, poser, prendre, raisin, savoir, semer, silence, soif, taciturne | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

Tout est chemin où tu peux vaguer monstre et ange
selon qui sait ou ne sait pas
Homme si savoureux de toi et autant d’autrui
qui pourrais savoir la prière et la sainteté si les cloches
sonnaient à l’heure dite
(Guy Lévis Mano)
Illustration: Martin Jarrie
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Guy Lévis Mano), ange, autrui, chemin, cloche, heure, homme, monstre, prière, sainteté, savoir, savoureux, sonner, vaguer | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 21 mai 2013

je ne sais pas qui je suis
je viens de terres très lointaines
tant de sangs en moi sont tourmentés
mon grand-père était oriental
et j’ai on me l’a dit une aïeule juive
je ne sais pas qui je suis
mes lèvres n’acceptent jamais les lèvres présentes
je sais qu’il doit exister des lèvres meilleures
je ne sais pas où
là-bas
et mes lèvres sont tendues vers les inexistences
toujours
ils m’ont dit
votre marche est indolente
vos paroles ont des lenteurs chantantes
elles sont toutes de douceur
ils m’ont dit aussi
avec leurs yeux déchirés d’amertume
vous avez des sursauts cruels
vous étranglez les cœurs avec vos dents ardentes
et votre inconscience est terrible
je ne sais pas
j’ai parfois des yeux qui ne sont plus les miens
je viens de terres si lointaines
et tant de races tant de passions jouent en moi
mon grand-père était oriental
mon aïeule on me l’a dit était une juive
qui avait des yeux merveilleux
mes yeux sont pleins d’horizons dorés
j’ai mes mains lourdes de tendresse
sans cesse
mon corps appelle les corps
et je n’ai jamais trouvé
celle des mains douces et de mes rêves fervents
je vais incliné vibrant vers d’incertaines beautés
parfois m’a serré le désir du vulgaire
et mes contradictions sont immenses
parce que mes yeux sont noirs
frissonnant de sensualités profondes
parce que ma peau est brune
l’on me demande d’où je viens
et qui je suis
je sais que je viens de terres très lointaines
là les mers sont couleur de beau ciel
les soirs elles pleurent d’étranges agonies
en des couleurs qui ont déteint dans mon âme
je ne sais pas les chanter
mais elles sont berçantes et nostalgiques
comme mes mers étales
je sais que je viens de très loin
mais je ne sais pas qui je suis
mes solitudes et mes absences incomparables
ne me l’ont jamais appris
(Guy Lévis Mano)
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Guy Lévis Mano), accepter, agonie, amertume, appeler, apprendre, ardent, étale, beauté, corps, cruel, déchiré, désir, dent, douce, exister, fervent, grand-père, incliné, indolente, juive, là-bas, lèvres, lenteur, lointaines, mérveilleux, meilleur, mer, nostalgique, passion, pleurer, sang, savoir, sursaut, tendresse, tourmenté, vibrant, vulgaire | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Mer et forêt sont pareilles,
pareils leurs sables de fond,
aussi leurs autels pareils,
pareilles leurs oraisons.
Voile au vent de la mémoire
atteindrons-nous le savoir,
l’Absolu dans le grimoire ?
Savoir c’est don de revoir.
(Georges Libbrecht)
Illustration: ArbreaPhotos
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), absolu, atteindre, forêt, grimoire, mémoire, mer, oraison, pareil, revoir, sable, savoir, vent, voile | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Roulez tambours, et grondez voix du Saint-Esprit : la jeune fille
nue a plus d’un tour dans son sac.
Peur à la peur, l’odeur s’est tue et le fonctionnaire en retraite se porte bien.
Dans son arbre généalogique il dépiste le gène chromosome et
sait extraire les coucous de sa famille.
Sûr de lui, il remonte la lourde pluie pour aller briser à Soissons ce qui reste du vase.
"Insistez dans l’inspiration " — commandait le gymnasiarque -
" et expirez à volonté. "
Je crains le crocodile et la plume trempée dans le lacrymatoire.
Dans le non-sens que de richesse de savoir !
(Georges Libbrecht)
Illustration: Audrey Kawasaki
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), chromosome, commander, crocodile, dépister, expirer, famille, fonctionnaire, gêne, gronder, jeune fille, non-sens, nue, odeur, peur, richesse, rouler, Saint-Esprit, savoir, se taire, tambour, vase, voix | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Ce qui sait le mieux
Parler du soleil,
Ce sont les groseilles.
(Guillevic)
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Publié par arbrealettres le 18 mai 2013
Ce qu’il y a on n’en sait rien
un soleil sans doute sur le point de
disparaître l’éblouissement
avant la nuit de ce qui se perd
toujours ou au contraire
l’éclat de ce qui vient la neige au matin
un silence plein de cris d’enfants
qu’on ne voit pas mais qu’on sent tout près
là comme un souffle entre deux instants
(Jacques Ancet)
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Publié par arbrealettres le 17 mai 2013

Il n’est que l’ombre
pour savoir
les secrets
des maisons fermées,
que
le vent repoussé
et sur le toit la lune qui fleurit.
(Pablo Neruda)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 15 mai 2013

J’entre, sans le savoir, dans la maison d’un mort.
Il me barre le seuil, je traverse son corps.
Je piétine un basset qui venait me flairer
et sa ligne s’écrase où coulent d’autres ombres ;
mes lèvres ont frôlé la bouche d’une femme,
je passe à gué le mur qui fut d’une prison
et je conduis mes yeux dans un brouillard étrange
où tous les disparus ne sont que transparence.
(Georges Libbrecht)
Illustration: Zdzislaw Beksinski
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Publié par arbrealettres le 10 mai 2013

Nul ne sait, combien ce qu’il refuse,
l’Invisible, nous domine, quand
notre vie à l’invisible ruse
cède, invisiblement.
Lentement, au gré des attirances
notre centre se déplace pour
que le coeur s’y rende à son tour
lui, enfin Grand Maître des absences.
(Rainer Maria Rilke)
Illustration: Cyn McCurry
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