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Articles Tagués ‘se blottir’

MUSIQUE AU CREPUSCULE (Charles Vildrac)

Publié par arbrealettres le 23 janvier 2013



 

Alphonse Osbert Un inceste d'âmes

MUSIQUE AU CREPUSCULE

La ligne de ton cou se subtilise ;
Tout baigne feutré dans la couleur grise,
Et voici qu’un jour bien cher agonise.

Oh ! demain, l’absence et les heures creuses !
Sens-tu pas, nos âmes en sont peureuses ;
Sens-tu pas, nos âmes en sont frileuses ;

Frileuses surtout à cause de l’heure ;
Tu sais bien qu’au soir nos beaux rires meurent,
Et qu’ensemble un peu nos âmes pleurent,

Sans nulle souffrance et sans nulle peine,
Par cette faiblesse d’être trop pleines ;

La ligne de ton cou se subtilise ;
Blottissons-nous bien dans le fauteuil noir ;
Tout baigne feutré dans la couleur grise,
Laissons sur nos coeurs si pareils pleuvoir
La triste douceur qui les prend le soir,
Chaque fois qu’un jour bien cher agonise.

(Charles Vildrac)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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Orage (Balbino)

Publié par arbrealettres le 13 janvier 2013


 


William Turner   Orage 

Orage

Orage
quelques gouttes
puis
la mer
est giflée
comme une
putain
par de mâles
torrents.
Elle se débat
face aux touristes
impuissants
prêts à tout
pour sauver
leur
ice-cream.
Laissez battre cette femme
par son époux
légitime.

Infidèle l’a-t-elle été ?
en accueillant
en son sein
nos corps gras
et
indignes.

Quelques gouttes
la mer s’en prend une
et toi
tu te blottis
contre mon torse
vidé
de sa colère.

(Balbino)

Illustration: William Turner

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Simplement (Zohra Karim)

Publié par arbrealettres le 1 janvier 2013



Regarde ! le bonheur est là,
Juste là, à côté de toi.
Attends, ne bouge pas !
Tiens ? il s’est glissé dans ton sourire,
Maintenant il a coulé dans le bain,
Il va se blottir dans mes bras.
Ho ! le voilà dans le jardin.
Tu sais pourquoi il est là ?
Pour rien, et c’est la meilleure raison qui soit.

(Zohra Karim)

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La sauterelle et le grillon (John Keats)

Publié par arbrealettres le 22 novembre 2012



La sauterelle et le grillon

La poésie de la terre ne meurt jamais :
Quand tous les oiseaux défaillent par le brûlant soleil
Et se blottissent dans la fraîcheur des arbres, une voix
s’élève et court
D’une haie à l’autre, tout autour des prairies nouvellement
fauchées;
C’est la voix de la sauterelle — elle dirige le choeur
Des riches plaisirs de l’été — elle n’est jamais au bout
De ses réjouissances : quand elle est épuisée d’avoir joué
comme une folle,
Elle se délasse à l’aise au pied d’une herbe exquise.
La poésie de la terre ne cesse jamais :
En un soir d’hiver solitaire, quand la gelée
A bâti son édifice de silence, voici que du poêle s’élève
un cri aigu,
La chanson du grillon, qui, toujours plus chaleureuse,
Semble à l’ouïe à demi perdue dans la somnolence
Le chant de la sauterelle parmi l’herbe des collines.

***

On the grasshopper and cricket

The poetry of earth is never dead :
When all the birds are faint with the hot sun,
And hide in cooling trees, a voice will run
From hedge to hedge about the new-mown mead;
That is the Grasshopper’s — he takes the lead
In summer luxury, — he has never done
With his delights; for when tired out with fun
He rests at ease beneath some pleasant weed.
The poetry of earth is ceasing never :
On a lone winter evening, when the frost
Has wrought a silence, from the stove there shrills
The Cricket’s song, in warmth increasing ever,
And seems to one in drowsiness half lost,
The Grasshopper’s among some grassy hills.

(John Keats)


Illustration

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Ce n’est pas moi qui crie (Attila Jozsef)

Publié par arbrealettres le 16 octobre 2012



Ce n’est pas moi qui crie

Ce n’est pas moi qui crie, c’est la terre qui gronde.
Attention, attention, le diable est devenu fou!
Blottis-toi au creux des sources,
colle-toi contre la vitre,
cache-toi derrière les feux des diamants,
sous des pierres, parmi des insectes,
oh, cache-toi dans le pain à peine sorti du four,
0 toi, mon pauvre,
pénètre dans la terre avec l’averse fraîche
C’est en vain que tu plonges ta face en toi-même,
tu ne peux la laver que baignée en une autre.
Sois la mince nervure d’une herbe,
et tu seras plus grand que l’axe de ce monde.

0 machines, oiseaux, frondaisons, étoiles,
notre mère stérile, en suppliant, réclame des enfants.
Ainsi, ô toi, mon pauvre,
que ce soit terrible ou bien merveilleux,
ce n’est pas moi qui crie, c’est la terre qui gronde.

(Attila Jozsef)


Illustration

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L’oiseau (Charles Vildrac)

Publié par arbrealettres le 11 août 2012



Sur quel arbre du soir ira,
sans nul témoin,
Se blottir et dormir
cet oiseau voyageur
Qui s’éloigne et s’efface,
Battant le lourd ciel blanc
comme un rameur?

(Charles Vildrac)

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L’arbre (Jean Joubert)

Publié par arbrealettres le 4 août 2012



L’arbre

Suis-je arbre pour qu’un lièvre
laissant les bois d’hiver
se blottisse à mes pieds?
Je demeure immobile
sans battre des paupières
et les bêtes dociles
me prennent en pitié.
Mésange dans l’oreille,
abeille sous les cils,
dans la bouche de feuille
l’archange, l’écureuil.
Et près du coeur le ver
qui trace dans la nuit
son chemin de poussière.

(Jean Joubert)


Illustration: Laure Garnier

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Sans toi (Hermann Hesse)

Publié par arbrealettres le 18 avril 2012



Mon oreiller me dévisage dans la nuit
Exsangue comme une pierre tombale
Jamais je n’envisageais qu’il serait si cruel
D’être seul
Sans pouvoir me blottir contre ta chevelure

J’habite seul dans une demeure silencieuse
La lampe suspendue dans la pénombre
Et mes mains s’entrouvrent délicatement
Pour y cueillir les vôtres
Et mes lèvres chaudes se posent tendrement
Sur toi ombre invisible, fatigué et affaibli
Je me réveille en sursaut
Enveloppé par une nuit froide qui me glace
L’étoile luit et brille à travers la fenêtre
Où s’est envolée ta chevelure dorée?
Où s’est envolée ta bouche adorée?

Maintenant je bois au chagrin de chaque instant de bonheur
Et au venin de chaque vin
Jamais je n’envisageais qu’il serait si cruel
D’être seul
Seul sans toi!

**************

Ohne dich

Mein Kissen schaut mich an zur Nacht
leer wie ein Totenstein;
So bitter hatt ich’s nie gedacht,
Allein zu sein
Und nicht in deinem Haar gebettet sein!

Ich lieg allein im stillen Haus,
die Ampel ausgetan,
Und strecke sacht die Hände aus,
die deinen zu umfahn,
Und dränge leis den heißen Mund
Nach Dir und küss mich matt und wund-
und plötzlich bin ich aufgewacht
und ringsum schweigt die kalte Nacht,
der Stern im Fenster schimmert klar-
o du, wo ist dein blondes Haar,
wo ist dein süßer Mund??

Nun trink ich Weh in jeder Lust
Und Gift in jedem Wein;
So bitter hat ich’s nie gewußt,
allein zu sein,
allein und ohne dich zu sein!!

(Hermann Hesse)

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Ton corps (Guillevic)

Publié par arbrealettres le 20 février 2012



Ton corps a la mémoire
De vos rapports,

A souffert
De ta rumination
En dehors de lui,

S’est réjoui des retours
Quand en lui
Tu te blottissais.

(Guillevic)

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SES YEUX (Georges Rodenbach)

Publié par arbrealettres le 24 janvier 2012


 

SES YEUX

Ses yeux où se blottit comme un rêve frileux,
Ses grands yeux ont séduit mon âme émerveillée;
D’un bleu d’ancien pastel, d’un bleu de fleur mouillée,
Ils semblent regarder de loin, ses grands yeux bleus.

Ils sont grands comme un ciel tourmenté que parsème
— Par les couchants d’automne et les tragiques soirs —
Tout un vol douloureux de longs nuages noirs;
Grands comme un ciel, toujours mouvant, toujours le même !

Et cependant des yeux, j’en connais de plus beaux
Qui voudraient sur mes pas promener leurs flambeaux,
Mais leur éclat répugne à ma mélancolie.

Les uns ont la chaleur d’un ciel oriental,
D’autres le mol azur des lointains d’Italie,
Mais les siens me sont chers ainsi qu’un ciel natal.

(Georges Rodenbach)

Illustration: Mandy Tsung

 

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