Articles Tagués ‘se confondre’
Publié par arbrealettres le 10 mai 2013

Ce qui s’offre à nous avec la lumière des étoiles,
ce qui s’offre à nous,
capte-le tel un monde sur ton visage,
ne le prends pas à la légère.
Montre à la nuit que tu reçus silencieusement
ce qu’elle a apporté.
Ce n’est que lorsque tu te seras confondu avec elle
que la nuit te connaîtra.
***
Was sich uns reicht mit dem Sternenlicht,
was sich uns reicht,
faß es wie Welt in dein Angesicht,
nimm es nicht leicht.
Zeige der Nacht, daß du still empfingst,
was sie gebracht.
Erst wenn du ganz zu ihr übergingst,
kennt dich die Nacht.
(Rainer Maria Rilke)
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Publié par arbrealettres le 21 avril 2013

C’est le premier matin du monde.
Comme une fleur confuse exhalée de la nuit,
Au souffle nouveau qui se lève des ondes,
Un jardin bleu s’épanouit.
Tout s’y confond encore et tout s’y mêle,
Frissons de feuilles, chants d’oiseaux,
Glissements d’ailes,
Sources qui sourdent, voix des airs, voix des eaux,
Murmure immense,
Et qui pourtant est du silence.
Ouvrant à la clarté ses doux et vagues yeux,
La jeune et divine Ève
S’est éveillée de Dieu.
Et le monde à ses pieds s’étend comme un beau rêve.
Or Dieu lui dit : Va, fille humaine,
Et donne à tous les êtres
Que j’ai créés, une parole de tes lèvres,
Un son pour les connaître.
(Charles Van Lerberghe)
Illustration: Lucien Levy Dhurmer
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Publié par arbrealettres le 28 septembre 2012

Les bords du fleuve
Il y a au bord du fleuve
Une fille à robe rouge
Attendant la nuit pour vivre,
Tellement sauvage et belle
Qu’un soleil éblouissant
Marche au milieu de ses rêves,
Il n’a de ciel que ses yeux
Derrière une ombre d’orage
Couvrant l’azur interdit.
Une fille au bord du fleuve
En chemin vers une image
Que le jour ne peut montrer.
Les lampes, l’une après l’autre,
Les lampes prennent sa robe
Et la déchirent sur l’eau,
Mais jamais jusqu’à la chair,
Mais jamais jusqu’au soleil
Barré de chaudes ténèbres.
Partout montent, se confondent,
Des arches de nuit profonde,
Elle est nue, elle est cachée.
(Henri Thomas)
Illustration
Poète-Poème découverts chez Lara ici
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Publié par arbrealettres le 19 septembre 2012
Un espace
ne peut en effacer un autre,
mais bien le mettre aux abois.
Car les espaces occupent aussi un lieu,
dans une autre dimension qui est plus que l’espace.
Il est des espaces à la voix unique,
d’autres aux voix nombreuses
et même des espaces sans voix,
mais tout espace est seul,
plus seul que ce qu’il recèle.
Même si tout espace
se confond finalement avec tout autre.
Même si tout espace
est un jeu impossible,
car rien ne tient dans rien.
(Roberto Juarroz)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 17 septembre 2012

Les vies et les vents
se plaisent
comme palustres en fête
gisant des espaces éperdus
les rives se confondent
et se confrontent
dans la tête du funambule
fumeur d’effervescence
des rives avides de rêve
(Mackenzy Orcel)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 23 août 2012

Hallucination
La forêt m’apporta les reflets
des images égarées et lointaines…
Son silence m’enveloppa
Comme le regard de tes yeux
Et je rêvais aux nuits chaudes et inquiètes…
Leurs images se confondent…
Etendant leurs ombres fragiles
Sur les montagnes et disparaissent…
Je ne vois plus que ton corps
qui m’étreint de sa chaleur…
Et des flèches de sang
tachent l’eau cristalline
de la rivière de ma jeunesse…
Un éclat de rire retentit
L’éclair bleuit tes dents blanches
Je vois sombrer l’espace…
(Maurice Federman)
Découvert ici chez Lecture/Ecriture
Illustration: Carolus-Duran
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Publié par arbrealettres le 26 juillet 2012

LE VEILLEUR
Comme une vague anime l’autre
Se confondant en une seule
Et comme déferle la houle
Vêtue de reflets sur reflets
Pour se briser
Sous les implacables fouets
De l’écume,
Le regard de celui qui veille
Attentif au coeur de sa sphère,
A chaque signe des paupières,
Est effacé par le mouvement qui le crée,
il croit orchestrer la marée
Alors que le reflux déjà
Ouvre l’écluse de ses gouffres.
Bien qu’il reconnaisse ses yeux,
Le veilleur n’est plus derrière eux.
il ne peut s’emplir de l’espace
Qui semble lui être donné.
Un clin d’oeil… Et la mer
Toute entière a changé,
Et la vague s’est transmuée,
L’instant du regard est passé.
L’oeil du veilleur est morcelé
En des arc-en-ciel irisés
Où la couleur fond et défaille.
(Christiane Burucoa)
Publié dans poésie | Tagué: (Christiane Burucoa), arc-en-ciel, écluse, écume, clin d'oeil, défaillir, emplir, espace, fondre, fouet, gouffre, irisé, mouvement, orchestrer, reflet, regard, se confondre, vague, veilleur | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 11 juin 2012

Les couleurs qui chantent l’été
se confondent l’hiver
en une hermine de silence.
(Philippe Dumaine)
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Publié par arbrealettres le 12 mai 2012

Sur la terre où les jours se confondent,
tremblant de revoir une fleur,
j’écrase le sang de mon coeur
dans les dures parois de ce monde.
J’abandonne à la nuit les délices
près des bords entrevus les yeux clos;
pour maîtriser le temps qui glisse,
le sable est semé de pavots.
A demain, tendre jour, à demain!
Reste jeune en dormant sous la rive
j’emporte la flamme encor vive
à l’abri de mes fidèles mains.
Voyageur avare et rétif,
le front sur le flot qui s’approche,
je cherche le pays des roches,
des derniers grondements captifs.
(Jean Tardieu)
Illustration: Jim Warren
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Publié par arbrealettres le 27 avril 2012

NOSTALGIE
Quand la nuit
est au point de finir
au temps que le printemps est proche
et que rarement
quelqu’un passe
Sur Paris se condense
une obscure couleur
de larme
Au coin
d’un pont
je contemple
le silence sans limite
d’une fille
ténue
Nos deux
maladies
se confondent
Et comme emportés
on demeure
(Giuseppe Ungaretti)
Illustration
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