Articles Tagués ‘se noyer’
Publié par arbrealettres le 28 avril 2013

MER IDÉALE
Nous nageons, tous les deux,
— eau de fleurs ou de fer —
en nos doubles vies.
— Moi, dans la mienne et dans la tienne ;
toi, dans la tienne et dans la mienne —.
Soudain, tu te noies dans ta vague,
moi dans la mienne ; et, soumises,
ta vague, sensitive, me soulève,
te soulève la mienne, pensive.
***
MAR IDEAL
Los dos vamos nadando
—agua de flores o de hierro —
por nuestras dobles vidas.
—Yo, por la mía y por la tuya;
tú, por la tuya y por la mía—.
De pronto, tú te ahogas en tu ola,
yo en la mía; y, sumisas,
tu ola, sensitiva, me levanta,
te levanta la mía, pensativa.
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Edmund Dulac
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Publié par arbrealettres le 18 avril 2013
quand on voit les algues
faire des rides sur la mer
et des remous
si près du bord de soi
qu’on s’y noierait
à grands coups de silences.
(François de Cornière)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 9 avril 2013
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Tout souvenir en moi luit comme un ostensoir!
(Charles Baudelaire)
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Publié par arbrealettres le 21 mars 2013
je n’aurai jamais le temps
de lire tous les manuels
de procédure et de philosophie
je n’aurai jamais le temps
ni d’aimer les dames du temps
jadis ni même de ce temps-ci
sous la pluie sempiternelle
des formules de logique formelle
l’amphithéâtre des amours
regorge de cadavres exquis
je ne serai jamais à jour
je traînerai dans le maquis
des institutes coutumières
et je me noirai dans la bière
(Jean-Claude Pirotte)
Illustration
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Publié par arbrealettres le 3 mars 2013
Sables mouvants
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Et toi
Comme une algue doucement caressée par le vent
Dans les sables du lit tu remues en rêvant
Démons et merveilles
Vents et marées
Au loin déjà la mer s’est retirée
Mais dans tes yeux entrouverts
Deux petites vagues sont restées
Démons et merveilles
Vents et marées
Deux petites vagues pour me noyer.
(Jacques Prévert)
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Publié par arbrealettres le 2 mars 2013

L’HEURE VERTE
Comme bercée en un hamac
La pensée oscille et tournoie,
À cette heure où tout estomac
Dans un flot d’absinthe se noie.
Et l’absinthe pénètre l’air,
Car cette heure est toute émeraude.
L’appétit aiguise le flair
De plus d’un nez rose qui rôde.
Promenant le regard savant
De ses grands yeux d’aigues-marines,
Circé cherche d’où vient le vent
Qui lui caresse les narines.
Et, vers des dîners inconnus,
Elle court à travers l’opale
De la brume du soir. Vénus
S’allume dans le ciel vert-pâle.
(Charles Cros)
Illustration: John-William Waterhouse
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Publié par arbrealettres le 2 mars 2013

HIÉROGLYPHE
J’ai trois fenêtres à ma chambre :
L’amour, la mer, la mort,
Sang vif, vert calme, violet.
Ô femme, doux et lourd trésor !
Froids vitraux, odeurs d’ambre.
La mer, la mort, l’amour,
Ne sentir que ce qui me plaît…
Femme, plus claire que le jour !
Par ce soir doré de septembre,
La mort, l’amour, la mer,
Me noyer dans l’oubli complet.
Femme ! femme ! cercueil de chair !
(Charles Cros)
Illustration: Dorina Costras
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Publié par arbrealettres le 19 février 2013
IL S’EST CHERCHE
Il s’est cherché
Entre fables et mémoires
Il s’est défait
Entre routines et chagrins
Il s’est noyé
Entre jeux et miroirs
Il s’est trouvé
Entre source et lointains.
(Andrée Chedid)
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Publié par arbrealettres le 4 février 2013

VISAGE
Visage de velours, dans mes paumes je vois
Sur un fond de beffrois une femme aux chandelles
Je ne sais rien du fleuve où son âme se noie
J’ôte ses vêtements et vous dis que je l’aime
Ses longues jambes rient à l’avance des draps
Sous ma bouche son ventre est celui d’une reine
Ses seins offerts et fous, sa bouche qui m’appelle
Elle dit que je suis son seigneur qui sommeille
Ah son corps ! Ah son cri! Éteignez les chandelles
Je suis ivre de son bonheur — N’éteignez pas !
(Charles le Quintrec)
Illustration: Todd Williams
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Publié par arbrealettres le 3 janvier 2013

Eau de mélancolie
Transparence du cri
pris dans la vitre.
*
Eaux présentes
Eau des mots
Silence lourd
sur le papier du toit.
*
Usure du temps
Les pierres aiguisent
le fil de l’eau.
Eaux du soir
La lumière se réfugie
dans les éclats de rire
du torrent.
*
Eaux du couchant
apaisement
au front des hommes
*
Eaux du soir
récompense
où le jour se noie.
Eaux de la nuit
Haut mur, Porte de ténèbres
Paix d’où le repos ruisselle
sur les épaules des hommes
De pure lumière morte
la source se refait.
*
La nuit
l’eau de l’ombre
garde les feux.
(Claude Michel Cluny)
Illustration: Adamov Alexey
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