Articles Tagués ‘secret’
Publié par arbrealettres le 19 mai 2013

Chasse gardée de l’imagination, en toute chose est le Bien et le Mal,
Les alchimistes sont poètes et le soufre à deux têtes le sait.
Cent fois le terril fut battu par l’éclair, mais les molettes sont debout
et tournent pacifiquement pour extraire l’ombre.
Ivoire lisse, ô mon désir, masque la peine d’un pauvre homme.
Serpent bleu : Poésie, love ton plain-chant sur la mer !
Frontière entre gens et bêtes, force magique des mamelles,
menhirs-miroirs du Seul, transmettez-nous les secrets du Monde.
(Georges Libbrecht)
Illustration
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Georges Libbrecht), alchimiste, éclair, battu, bête, bien, bleu, chasse gardée, désir, debout, extraire, force, frontière, gens, imagination, ivoire, lisse, magique, mal, mamelle, menhir, mer, miroir, molette, monde, ombre, peine, plain-chant, poète, secret, serpent, seul, soufre, terril, transmettre | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 17 mai 2013

Il n’est que l’ombre
pour savoir
les secrets
des maisons fermées,
que
le vent repoussé
et sur le toit la lune qui fleurit.
(Pablo Neruda)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Pablo Neruda), fleurir, lune, ombre, repousser, savoir, secret, toit, vent | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 11 mai 2013

Ceux qui sont aimés mènent une vie difficile et pleine de dangers.
Ah, que ne se surmontent-ils pas pour aimer à leur tour ?
Autour de celles qui aiment il n’est que sécurité.
Plus personne ne les soupçonne
et elles-mêmes ne sont plus capables de se trahir.
En elles le secret est devenu intangible.
Elles le clament tout entier comme des rossignols,
il ne se divise pas.
Leur plainte ne vise qu’un seul ;
mais la nature entière y joint sa voix ;
c’est la plainte sur un être éternel.
Elles se jettent à la poursuite de celui qu’elles ont perdu,
mais dès les premiers pas, elles l’ont dépassé,
et il n’y a plus devant elles que Dieu.
Leur légende est celle de Byblis qui poursuit Caunos jusqu’en Lycie.
La poussée de son cœur lui fit parcourir des pays innombrables
sur les traces de celui qu’elle aimait,
et finalement elle fut à bout de forces.
Mais si forte était la mobilité de son être que
lorsqu’elle s’abandonna,
par delà sa mort elle reparut en source,
rapide, en source rapide.
(Rilke)
Illustration: William Bouguereau
Publié dans poésie | Tagué: (Rilke), aimer, clamer, danger, dépasser, Dieu, difficile, intangible, mort, pays, plainte, poursuite, rapide, rossignol, s'abandonner, sécurité, se surmonter, secret, soupçonner, source, trahir, voix | 2 Commentaires »
Publié par arbrealettres le 4 mai 2013

Nous avons confié l’amour à la terre,
Extrait de l’arbre le secret de sa fleur,
Une mère terrible éparpillée
Dans le souvenir de son sang,
Un territoire mêlé dans le jeu inquiet
Des regards qui se manquent.
Notre ressemblance est un
Accident renouvelé.
(Emmelie Prophète)
Illustration: Rigaud Benoit
Publié dans poésie | Tagué: (Emmelie Prophète), accident, amour, arbre, éparpillé, confier, extraire, fleur, inquiet, jeu, mère, regard, renouvelé, ressemblance, sang, se manquer, secret, souvenir, terre, terrible, territoire | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 1 mai 2013

L’offense que tu m’as faite
en rêve, me fait toujours de l’ombre
— comme un nuage immobile —
dans le jour, sans fin.
Ah ! Quelle triste
insistance ; quelle bataille
immense, suffocante, inextinguible,
en je ne sais quoi de moi ! On dirait
que lutte mon secret, en mon inconscience,
avec ton mystère ;
qu’une moitié de moi, enterrée, lutte
avec cette moitié de toi qui voles !
***
La ofensa que me has hecho
en el sueño, me sigue echando sombra
—como una nube estacionada—
en el día, sin fin.
¡Ay, qué insistencia
tan triste; qué batalla
inmensa, sofocante, inestinguible,
en no sé qué de mí! Parece
que mi secreto lucha, en mi inconsciencia,
con tu misterio;
lque medio yo, enterrado, lucha
con media tú que vuelas!
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Kristoffer Zetterstrand
Publié dans poésie | Tagué: (Juan Ramon Jimenez), bataille, enterrée, insistance, lutter, moitié, mystère, nuage, offense, ombre, rêve, secret, triste, voler | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 29 avril 2013

DEVANT L’OMBRE VIERGE
Moi toujours te pénétrant,
mais toi toujours vierge,
ombre ; comme ce jour
où je vins d’abord,
invoquant ton secret,
lourd d’une libre ardeur !
Vierge obscure et pleine,
percée d’iris profonds
à peine visibles ; toute
noire, avec les sublimes
étoiles, qui, ne parviennent pas
de là-haut — à te découvrir !
***
ANTE LA SOMBRA VIRJEN
¡Siempre yo penetrándote,
pero tú siempre virjen,
sombra; como aquel día
en que primero vine
llamando a tu secreto,
cargado de afán libre!
¡Virjen oscura y plena,
pasada de hondos iris
que apenas se ven; negra
toda, con las sublimes
estrellas, que no llegan
—arriba— a descubrirte!
(Juan Ramón Jiménez)
Illustration: Ernest Pignon-Ernest
Publié dans poésie | Tagué: (Juan Ramon Jimenez), ardeur, étoile, découvrir, invoquer, iris, obscure, ombre, parvenir, pénétrer, pleine, profond, secret, sublime, venir, vierge | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 21 avril 2013

Eau printanière, pluie harmonieuse …
Eau printanière, pluie harmonieuse et douce
Autant qu’une rigole à travers le verger
Et plus que l’arrosoir balancé sur la mousse,
Comme tu prends mon coeur dans ton réseau léger !
A ma fenêtre, ou bien sous le hangar des routes
Où je cherche un abri, de quel bonheur secret
Viens-tu mêler ma peine, et dans tes belles gouttes
Quel est ce souvenir et cet ancien regret ?
(Jean Moréas)
Illustration
Publié dans méditations, poésie | Tagué: (Jean Moréas), abri, bonheur, chercher, coeur, douce, fenêtre, goutte, harmonieuse, léger, mêler, peine, pluie, printanière, regret, route, secret, souvenir, verger | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 18 avril 2013
nous sommes encore habités par d’anciennes images
dont nous ne savons plus exprimer le secret
et même souvent nous croyons les avoir égarées
à jamais quand notre coeur est lourd
et que la fatigue infinie de l’été
nous écrase mais c’est alors que dans la nuit
à l’improviste un chant à peine modulé
nous visite, ou l’éclat d’une étoile
et c’est comme une prière sans mots
qui chercherait à délivrer la source
de la clarté parmi la sylve des soucis obscurs
(Jean-Claude Pirotte)
Illustration
Publié dans poésie | Tagué: (Jean-Claude Pirotte), éclat, égaré, étoile, chant, clarté, coeur, délivrer, exprimer, habité, habiter, image, lourd, nuit, obscur, prière, secret, souci, source, sylve | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 avril 2013

COMPARAISONS
Comme dans le sommeil, quand tu passes
A l’autre éclat de la nuit.
Le corps, le vêtement, le fruit.
Comme dans le sommeil, comme en amour,
Quand tu t’abandonnes totalement.
Tu restes sans corps, nu.
Le jour, la nuit, le temps,
Une histoire imaginaire.
Comme si les murs s’ouvraient en dedans, comme
s’ils faisaient choir
Les miroirs trompeurs qui nous couvrent,
Nous passons à travers un rêve,
Un rêve incessant atteint par la nuit.
Sans cloche et sans réveil.
Comme si nous passions dans le cercle des
Incorporels
Dans un isolement parfaitement clos.
Comme une lampe, qu’on a oubliée
Dans une chambre vide et fermée,
Seule, toute seule dans la solitude.
Qui nous connaîtra, qui nous soupçonnera ?
D’autres yeux, d’autres secrets
Derrière ces murs
Derrière les gardiens.
D’autres ombres déambuleront dans les chambres
Frôlant les choses, nos choses
Plus fragiles et rendues plus denses par notre amour.
Habitués, obéissants, et à peine délaissés
Ils recherchent des mains serrées comme nos mains,
Ils recherchent nos yeux messagers.
Ainsi que des fruits, qui ont mûri
Et restent encore suspendus au soleil,
Attendant l’oiseau, la main et la faucille,
Ici, se tiendra l’arbre de la cour,
Seul, stérile, désespéré.
Sans ailes et sans pollen
Dans un calme terrible.
Ici se penchera la fenêtre dans le vide,
Comptant le vent : doit-il tomber, ne pas tomber,
Notre toit toujours frais, comme au printemps ?
Au-dessus de lui un ciel désertique.
Jusqu’à ce que vienne Avril en son lent avenir
Avec tout l’éclat et la gloire, jusqu’à ce que vienne Pâque la Grande
Avec les nouvelles jacynthes, avec les ressuscités.
Pour que je te pare de la pourpre royale dans ta grande fête,
Bijou de grand prix :
Afin que tu sois beau parmi les beaux.
(Georges Themelis)
Illustration: Ettore Aldo Del Vigo
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Themelis), abandonner, amour, éclat, beau, calme, chambre, choir, chose, ciel, cloche, clos, comparaison, délaissé, dense, faucille, fête, fragile, fruit, gardien, imaginaire, jacynthe, lampe, main, messager, miroir, mur, nu, nuit, oubliée, polle, pourpre, prix, réveil, ressuscité, secret, seule, solitude, sommeil, terrible, tomber, trompeur | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 15 avril 2013

CORPS ET STATUE
Dénudant le corps et la statue
De son ombre épaisse, de sa réverbération,
De son vêtement terrien, de son enveloppe trompeuse,
Cherchant la chair et le fruit,
La plaie la plus profonde á la racine de la plaie.
Des doigts sont parvenus jusqu’au coeur,
Jusqu’au feu secret de la pierre,
Ma privation fut comme une lame.
Mon amour tel un massacre caché.
Mon rêve un grenier immense.
J’ai frôlé, aimé, creusé,
J’ai récolté du chagrin et me suis rempli de bruit.
(Georges Themelis)
Illustration: Édouard Joseph Dantan
Publié dans poésie | Tagué: (Georges Themelis), aimer, bruit, chagrin, corps, creuser, dénuder, frôler, grenier, immense, lame, ombre, pierre, plaie, privation, racine, récolter, se remplir, secret, statue, trompeuse | Poster un commentaire »