avec
toi de moi
qui donnes vie
toi de moi
qui éblouis
vers le dieu
au secret blessé
(Zéno Bianu)
Publié par arbrealettres le 14 avril 2013
avec
toi de moi
qui donnes vie
toi de moi
qui éblouis
vers le dieu
au secret blessé
(Zéno Bianu)
Publié dans poésie | Tagué: (Zéno Bianu), éblouir, blessé, Dieu, secret, vie | Poster un commentaire »
Publié par arbrealettres le 13 avril 2013
HYMENES
Dense, inévitable, parfaite destinée de l’amour
Et de la mort : conquête au début et puis abandon
Montée au début, descente après
Chute du corps et tristesse de l’âme,
Lorsque la solitude s’ouvre et qu’elle avale
Des os humiliés, entassés,
L’amour vient et se joue de nous,
Comme un dieu ou un démon.
ll nous déshabille sans honte et sans peur,
Il nous laisse nus pour que nous ayons froid
A jeune pour que nous ayons faim,
Comme au jugement dernier.
Nous avons faim de sa faim, froid de sa nudité.
L’amour arrive et nous transforme.
Ombre dans l’ombre
Silence dans un autre silence.
Nos lèvres sentent le printemps
Une odeur de terre, nos poitrines la pomme mûre.
L’amour émerge des jardins des morts.
Nos membres tremblent comme nos entrailles
Ils ont une fièvre d’incendie.
Celle des vols effrayés, des animaux qui courent,
Et la palpitation d’une mer agitée
Des vagues de fond remodelées
Et la nage nocturne du poisson dans les abîmes.
Les cheveux resplendissent sur les oreillers,
Les mains brillent dans l’ivresse de l’amour,
Des doigts palpent aveuglement la chair.
L’amour s’élève jusqu’au niveau des âmes
De poitrine en poitrine, comme sur une échelle
Les âmes ne peuvent point parler,
Elles n’ont pas de langage, mais du silence,
Etonnement secret et tristesse,
Souvenir et terreur du vide.
Elles ne peuvent que refléter,
Mouvoir les doigts,
Entr’ouvrir les yeux et les lèvres.
Se contempler l’une l’autre,comme dans un miroir.
(Georges Themelis)
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Publié par arbrealettres le 10 avril 2013
La Cueillette des Cerises
Espiègle ! j’ai bien vu tout ce que vous faisiez,
Ce matin, dans le champ planté de cerisiers
Où seule vous étiez, nu-tête, en robe blanche.
Caché par le taillis, j’observais. Une branche,
Lourde sous les fruits mûrs, vous barrait le chemin
Et se trouvait à la hauteur de votre main.
Or, vous avez cueilli des cerises vermeilles,
Coquette ! et les avez mises à vos oreilles,
Tandis qu’un vent léger dans vos boucles jouait.
Alors, vous asseyant pour cueillir un bleuet
Dans l’herbe, et puis un autre, et puis un autre encore,
Vous les avez piqués dans vos cheveux d’aurore ;
Et, les bras recourbés sur votre front fleuri,
Assise dans le vert gazon, vous avez ri ;
Et vos joyeuses dents jetaient une étincelle.
Mais pendant ce temps-là, ma belle demoiselle,
Un seul témoin, qui vous gardera le secret,
Tout heureux de vous voir heureuse, comparait,
Sur votre frais visage animé par les brises,
Vos regards aux bleuets, vos lèvres aux cerises.
(François Coppée)
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Publié par arbrealettres le 8 avril 2013
AUREA MEDIOCRITAS
Heureux l’ami secret des arts et de l’étude,
Pour qui la renommée est une servitude :
Le sourire du ciel a lui sur son berceau.
La gloire fait du mal : son sublime flambeau
A des éclairs trop vifs pour une humble chaumine :
Il aveugle toujours les yeux qu’il illumine.
L’appeler sous son toit, c’est bannir le sommeil ;
C’est y vouloir, pour lampe, attacher le soleil.
Au temple des grands noms suspendons nos guirlandes ;
Mais n’ayons pas d’autels, où nous servions d’offrandes.
Ambitieux amants du commerce des fleurs,
Ne les cultivons pas pour vendre leurs couleurs.
Tandis que, spéculant sur leur grâce fertile,
Pour en faire de l’or un autre les distille,
Aimez-les seulement ; ou, leurs dons les plus doux,
Un papillon qui passe en jouit plus que vous.
(Jules Lefèvre-Deumier)
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Publié par arbrealettres le 8 avril 2013
Mais ces oiseaux qui volaient haut dans le soir,
En chantant malgré le vent et malgré l’ombre.
Disaient-ils point, ah, si fiers en ce décombre!
L’inexorable dureté de l’espoir.
La peur entrait dans la bête et dans la plante,
Les angoisses peuplaient l’air alentour, mais
Ces oiseaux, alors, chantèrent à jamais,
Ignorants de la lumière fléchissante.
Déjà le jour noircissait dans les roseaux,
Un deuil froid poignait les choses de la plaine,
Tout mourait, dans quel secret ! et cette peine
Était longue sur l’étang.
Mais ces oiseaux…
(Vincent Muselli)
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Publié par arbrealettres le 6 avril 2013
AUTRE LENDEMAIN
D’un air languissant et rêveur
Justine a repris son ouvrage ;
Elle brode ; mais le bonheur
Laissa sur son joli visage
L’étonnement et la pâleur.
Ses yeux qui se couvrent d’un voile
Au sommeil résistent en vain ;
Sa main s’arrête sur la toile,
Et son front tombe sur sa main.
Dors et fuis un monde malin :
Ta voix plus douce et moins sonore,
Ta bouche qui s’entrouvre encore,
Tes regards honteux ou distraits,
Ta démarche faible et gênée,
De cette nuit trop fortunée
Révéleraient tous les secrets.
(Evariste Parny)
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Publié par arbrealettres le 5 avril 2013

L’Amour
C’est parfois un serpent magicien,
Lové près de ton cœur.
C’est parfois un pigeon qui roucoule,
Sur la fenêtre blanche.
C’est parfois sous le givre qui brille
La vision d’une fleur.
Mais mène, en secret, à coup sur,
Loin de la joie tranquille.
Il sait pleurer si doucement
Dans la prière du violon,
Il fait peur quand on le devine
Sur des lèvres que jamais on n’avait vues.
(Anna Akhmatova)
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Publié par arbrealettres le 5 avril 2013

Le vingt et un. La nuit. Lundi.
Les contours de la ville dans la brume.
Je ne sais quel nigaud a prétendu
Que l’amour existe sur terre.
Paresse? Ennui? On y a cru.
On en vit; on attend le rendez-vous.
On craint la séparation.
On chante des chansons d’amour.
D’autres découvrent le secret;
Un silence descend sur eux…
Je suis tombée là-dessus par hasard.
Depuis, je suis comme malade.
(Anna Akhmatova)
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Publié par arbrealettres le 4 avril 2013
SILENCE ABSOLU
Quand la lumière éternelle nous enveloppera, où nous
trouverons-nous.
Oh ! nudité de tous les très beaux vêtements,
Les ornements brillants inestimables du soleil.
Nudité de l’amour et de la mort.
Sang figé pour toujours, sang cristallin,
Sang angélique, fragile,
Sang d’azur, immobile, pur,
Au-dessus de toutes les solitudes
Où plane la lumière,
Au-dessus de toutes les plaies,
Bien haut, vers le froid absolu.
Oh ! beauté immaculée et neigeuse,
Comme les montagnes inapprochables où marche le soleil.
Au-dessus de l’amour, au-dessus de la mort,
Là où vont nos rêves,
Les yeux étonnés, les grands secrets.
Silence absolu.
(Georges Themelis)
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Publié par arbrealettres le 3 avril 2013
A DES OISEAUX
A des oiseaux d’ailleurs à des roses nouvelles
Ma mie allez conter de la lèvre et du doigt
Quelles sont mes chansons et quel est mon patois
Quand je cause de vous au temps qui nous nivelle
Il est temps que vos mains et votre voix révèlent
A des roses d’ailleurs, aux oiseaux de ces bois
Caresses de mes mains et chansons de ma voix
Avant que la rumeur ou le vent ne s’en mêlent
Contez que vous aimez et si cela n’est point
Assez pour que les fleurs se fanent un peu moins
Et pour que les oiseaux viennent sur votre épaule
Dites-leur le secret des âmes qui se frôlent
Et les oiseaux iront dans les jeux du matin
Fêter la rose neuve et l’automne au jardin
(Gilles Vigneault)
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